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Test Canon XF400 / XF405

L'UHD compact selon Canon

18 septembre 2017 par Antoine Désir - Mis à jour le 14 juin 2018

Prix fabricant : 3229,99 Euros
 

XF405

Canon a pris son temps, beaucoup de temps. Alors que Sony, JVC et Panasonic ont sorti leurs caméscopes de poing Ultra HD depuis un moment, Canon arrive tranquillement avec son XF400, 3 ans après le lancement des premiers caméscopes capables de capter en Ultra HD. Le fabricant avait déjà eu cette attitude au lancement de la HD sur carte, mais avait sorti un superbe XF300 pour compenser. En 2018, ses concurrents en sont déjà à leur deuxième modèle Ultra HD, ils ont eu le temps de peaufiner leurs appareils.


Canon nous refait-il le coup de celui qui arrive après avec un appareil original, apte à bousculer les concurrents bien établis ? En tout cas, comme pour ses modèles compacts professionnels précédents, il garde une base commune avec un caméscope amateur, le Legria GX10. La base est la même, seules quelques fonctions changent.


En mai 2018, ce nouveau caméscope est proposé à environ 2500 € HT par les vendeurs, et fait déjà l'objet d'une remise fabricant, alors qu'il vient de sortir. Avec son gabarit et son tarif, le XF400 arrive sur un marché qui à l'échelle mondiale est important. Est-ce par le prix que Canon tente de s'imposer ? Voyons si ce caméscope a des arguments plus techniques à faire valoir.


A noter que les tests ont été menés avec la version 1.0.1.0 du firmware, à jour en mai 2018.



> LIRE LA SUITE : Concept du Canon XF400

Concept du Canon XF400

Le Canon XF400 est un caméscope de poing compact. Il n'est pas de qualité "broadcast" au sens que nous donnons habituellement à ce qualificatif dans nos tests. Sa compacité est réelle, c'est un caméscope qui se tient à une main, qu'on loge facilement dans un sac et qui ne pèse pas trop lourd. C'est un "Run and Gun" en quelque sorte. Si vous êtes habitué à la gamme XA de Canon, vous allez retrouver vos marques. Le zoom 15X n'est pas interchangeable, mais la poignée est détachable. Le capteur est assez large, de type 1".


Lorsque vous regardez ce caméscope ou lisez les arguments de Canon, le XF400 est vendu comme un caméscope 4K (sur la coque) ou 4K UHD (sur le site), ce qui signifie "UHD" mais pas 4K. Il n'est donc pas possible d'avoir les 4000 points de large à l'image, juste 3860 points. Voilà déjà un point commun avec son concurrent chez Sony. Cependant, rappelons que ni le XF300 ni le XA30, ni les modèles grands-publics de type HFG30 / HFG40, ne disposent d'UHD, ils sont tous en FullHD, excepté les "OVNI" XC10 / XC15. Et il faut grimper à l'EOS C200 pour trouver du vrai 4K chez Canon.


XF405

Sur le XF400, on retrouve les caractéristiques des caméscopes professionnels :


  • commande de zoom à bascule,
  • vitesse de zoom variable, de 2 à 60 secondes pour balayer la page du zoom 15X,
  • vitesse de zoom fixe et réglable sur la poignée,
  • double déclencheur d'enregistrement,
  • bague de zoom ou de focus,
  • 6 boutons personnalisables,
  • menus complets,
  • peaking et zebra réglable,
  • boutons directs pour les fonctions principales,
  • 2 entrées XLR avec alimentation 48V,
  • réglage niveaux audio par molette,
  • griffe standard et porte micro,
  • sortie HDMI et SDI (pour le XF405),
  • viseur relevable et œilleton,
  • double emplacement pour carte mémoire,
  • connexions réseau.

 


Avec 1,7 kg en ordre de marche (sans accessoire), le caméscope est dans la catégorie "poids plume" pour un pro. Le XF400 est aussi de taille modeste, comme ses célèbres prédécesseurs de la gamme XA (quoique un peu plus lourd qu'un XA30). Facile à transporter, il peut rester au bout du bras pendant une longue marche ou ne pas trop charger une nacelle de drone. Le rapport poids/étendue du zoom est remarquable.


Le XF400 est fabriqué au Japon, ainsi que la batterie. Les accessoires viennent de Chine.



(Test Canon XF400 / XF405)

Capteur, objectif-zoom

Le capteur CMOS 1" (13,2 x 8,8 mm) est maintenant un capteur connu. On le classe en vidéo dans la catégorie des gros capteurs, car sensiblement plus large que les classiques 1/3", 1/2,8" ou 1/2,33". Sans toutefois approcher les capteurs S35, non mais ! Avec 13 millions de photosites, il y en a largement assez pour la HD. D'ailleurs, Canon n'utilise pas toute la surface du capteur en vidéo, mais uniquement 8 Mp (le capteur est de type photo, en 4/3, et non de type vidéo en 16/9). Comme nous l'avons vu dans l'article sur les capteurs, c'est insuffisant pour de la vraie Ultra HD, mais juste ce qu'il faut de la bonne HD. 


Ce capteur 1" n'est toutefois pas équivalent à celui de Sony, que l'on retrouve fréquemment chez Sony et d'autres. Moins de pixels, c'est moins de résolution, mais aussi des pixels de plus grande taille, promesse d'un bonne sensibilité. 3 microns par pixel, c'est nettement sous la barre des 5 microns des capteurs sensibles, mais c'est plus gros que ceux des capteurs 1" de 20 Mp des concurrents. Cette grande taille de pixel s'explique notamment par une innovation de Canon, l'autofocus à pixel double (Dual Pixel AF). Chaque pixel de la zone centrale étant double, il doivent être plus grand. Nous verrons que cela a une influence sur le système autofocus.


Le zoom 15X est un compromis intéressant entre la compacité et la plage de focale. Bien sûr, nous aurions préféré que Canon garde son zoom 20X comme sur les caméscope de la série XA. Mais un zoom 20X devant un capteur 1", c'est gros et lourd. Regardez celui du Panasonic HC-X1 ou UX180, vous comprendrez qu'il n'est pas compact... Le fait que Canon n'utilise pas toute la surface du capteur 1" permet aussi une plus grande compacité du zoom. La même problématique de compacité a d’ailleurs donné un zoom 12X chez Sony.


La focale mini est équivalente à du 25,5 mm (angle de vue de 81°), ce qui est une très bonne valeur sans convertisseur. Cette focale est une des plus courtes existantes sur les caméscopes professionnels. Avec le stabilisateur actif en route, cette focale minimale passe à plus de 28 mm (angle de vue de 75°). C'est à dire que le grand angle du Canon avec stabilisation dynamique est le même que celui du Sony Z90 avec stabilisation optique. Avantage certain au Canon.


XF405

La plage du zoom est de 15X pour une focale maximale équivalente de 382 mm (angle de vue de 6,5°). Cette plage de zoom est bonne et surpasse celle du Z90, mais n'atteint pas celle des gros zooms 20X. Si jamais la focale maximale ne vous convient pas, Canon propose un doubleur de focale numérique, ce qui porte la focale à plus de 700 mm (angle de vue de 3°) au prix d'une dégradation de la résolution. Pas d'intermédiaire de type ClearZoom de Sony, la plage de 15X le rend inutile.


L'objectif ouvre à f/2,8 au grand angle et à f/4,5 au télé. Cela peut sembler faible par rapport à d'autres objectifs qui ouvrent à f/1,6- f/3,2, mais le capteur est nettement plus gros, une grande ouverture demanderait un zoom qui ne serait plus du tout compact. On retrouve en fait des valeurs honorable d'un zoom photo "à grande ouverture".


La commande de zoom à bascule est agréable d'utilisation. Bien située, elle permet des zooms dont la vitesse varie largement et sans à coup. Nous avons balayé la plage de zoom (15X) en 2 secondes au plus vite, ce qui est vraiment rapide. Le zoom est assez silencieux, et on peut le ralentir dans le menu pour qu'il fasse encore moins de bruit. En effet, il existe trois vitesses maximales de zoom dans les réglages du menu. Plus une option turbo. Mais je n'ai pas pu mesurer de différence entre le mode turbo et le mode rapide normal. Etrange, non ?


XF405

Ce zoom sait être vraiment lent. Pas comme le Sony Z90 (et ses cousins) qui ne sait pas prendre son temps. On peut balayer la plage 15X en 60 secondes. On a vu plus lent, mais c'est déjà très bien. Tiens, on retrouve les mêmes valeurs que pour les zooms 20X de la série précédente de Canon...


Pour mieux maîtriser la vitesse de zoom, il faut utiliser le bouton de zoom sur la poignée associé au réglage dans le menu. La vitesse constante est réglable sur 16 niveaux dans le menu. Ces 16 niveaux permettent justement le balayage en 2 à 60 secondes. Bien vu. Et pour ceux qui ont peur des mauvaises manipulations, le menu permet de couper l'action de ce bouton de zoom.


XF405

Une seule bague, pour le zoom et la mise au point, selon la position du commutateur. Le zoom par la bague est très sensible : il faut moins d'un quart de tour pour balayer la plage de zoom ! Le réglage de la focale est peu sensible, mais c'est réglable dans le menu. Pas de butée, bien sûr pour ces bagues, ce n'est pas la bonne gamme de caméscope pour ça. Pas de bague d'iris, mais il reste la possibilité d'utiliser la petite molette sous l'objectif si on se trouve en mode priorité à l'ouverture. On est très loin du confort d'un XF300, ou même d'un XF200 de ce point de vue.


La commande des 3 filtres neutre (filtres ND 1/4, 1/16, 1/64) passe par deux boutons + et - au lieu d'un curseur arrière. Pratique, sauf quand l'écran est incliné. Dans ce cas, il est difficile d'atteindre ces boutons. Lorsque le filtre neutre choisi ne semble pas adapté à la luminosité, un indicateur clignote à l'écran.


Le zoom est bon, mais sans mode macro. La distance minimale de mise au point est de 60 cm à fond de zoom et de 1 cm en grand angle (le sujet touche la lentille et se trouve dans le pare-soleil). C'est correct au grand angle, mais un peu trop long au zoom. On touche ici les défauts d'un capteur large sans objectif macro, mais c'est un peu mieux que le zoom Sony du Z90. Pas de déformation de l'image, même au plus grand angle, c'est du bon Canon.

Le stabilisateur du XF400 se décline sous trois modes : standard (optique), optimisé (Powered IS) et dynamique (électronique). La différence entre les deux premiers est faible, mais peut se sentir à très longue focale, avec une image plus immobilisée qu'en mode standard. Cette stabilisation optimisée ne change pas la focale minimale, mais semble à utiliser avec parcimonie d'après le manuel. Problème d'endurance des stabilisateurs ou de consommation ?


Le stabilisateur dynamique est convaincant, même s'il ne vaut pas les stabilisateurs externes ou ceux de type Sony BOSS. D'ailleurs, si vous filmez en marchant, n'utilisez pas le stabilisateur standard ou optimisé qui créent des mouvements pénibles à regarder en tentant de stabiliser une image qui bouge trop. Dans ce cas, coupez la stabilisation (ce qui produit un bougé "naturel", bien atténué du fait du grand-angle) ou passez à la stabilisation dynamique qui stabilise vraiment. Pour obtenir une stabilisation supérieure, passez au stabilisateur externe de type Zhiyun Crane ou DJI Ronin-S, qui supporte ce genre de caméscope compact.



(Test Canon XF400 / XF405)

Micro, audio

XF405

Pour la captation audio, on mélange la partie audio du XF200 et du XA30. Même micro intégré sur le dessus du corps du caméscope que le Legria GX10, donc inspiré du XA30, donc du Legria HF G30, etc. Toujours pas de micro sur la poignée, mais celle-ci change légèrement avec un porte micro qui amortit mieux les secousses. Les molettes de réglages du niveau sont au-dessus, comme sur le XF200, toujours bien groupées avec les réglages principaux. A noter que le XF400 peut enregistrer sur 4 canaux en format audio LPCM. Dans ce cas, attention à ce que le logiciel de montage gère bien ce format LPCM dans les rushs MPEG-4 et les 4 canaux. Comme c'était le cas sur le XA30 et le XF200, la prise micro jack du caméscope amateur (ici, c'est le GX10 qui sert de base) subsiste. Voilà qui est pratique et évitera parfois un adaptateur.


XF405


(Test Canon XF400 / XF405)

Viseur, écran

XF405

L'écran est classique, encore trop classique. D'une diagonale de 88 mm (3,5"), il affiche quand même 960 x 540 pixels, c'est à dire un quart de HD. De ce côté, pas de différence dans la médiocrité avec le Sony Z90. C'est à peine suffisant pour la HD (quatre fois moins de points que l'image) et nettement insuffisant pour l'Ultra HD (seize fois moins de points que l'image). Il y a pourtant de la place pour un écran un peu plus grand et en Full HD. Le confort de visualisation passera donc par un écran externe, ce qui annule l'avantage de la compacité et de la légèreté de ce caméscope.


L'écran est brillant, ce qui s'avère gênant à l'extérieur, mais augmente le contraste. Il est par contre complètement tactile. Et heureusement, car les commandes tactiles ajoutent un grand confort, notamment avec le nouveau système autofocus.


XF405

Le viseur partage la même définition que l'écran, c'est assez rare. On pourrait s'en satisfaire, mais par rapport à celui du Sony Z90 (qui est en 1024 x 768), c'est nettement moins bon... L'oeilleton fourni est repliable vers l'avant pour dégager le viseur et symétrique, il convient donc aussi pour ceux qui veulent viser de l'oeil gauche. Par contre, le viseur est peu adapté aux porteurs de lunettes qui ne verront pas bien la totalité du viseur, même en touchant celui-ci avec le verre de lunettes ! Pas de détecteur oculaire ou autre gadget : le viseur s'allume lorsqu'il est tiré et s'éteint lorsqu'il est rentré, quelque soit la position de l'écran. L'écran réagit de la même manière : allumé lorsqu'il est ouvert, éteint lorsqu'il est fermé. On peut donc avoir rien, l'écran, le viseur, ou les deux allumés, selon sa préférence. Simple et efficace !



(Test Canon XF400 / XF405)

Connectique & batterie

Les XF400 et XF405 n'héritent pas des batteries professionnelles des XF200 et XF300, mais de celles plus grand public des GX10, XA30 et XA20. Mais comme le caméscope consomme plus qu'un XA30 (plus de 8W avec l'écran mais sans réseau ni viseur), Canon livre une batterie BP-828 de 19 Wh. Et heureusement, parce que même avec cette "grosse" batterie, l'autonomie n'est pas suffisante pour partir tourner une journée tranquille. Il faudra prévoir des batteries supplémentaires dès l'achat pour ne pas être pris au dépourvu. D'ailleurs, la consommation de l'électronique est attestée par la présence d’évents de ventilation et d'un ventilateur interne qui souffle suffisamment pour se faire remarquer.


Le caméscope est livré avec un adaptateur secteur  qui permet de charger la batterie sur le caméscope. Car Canon ne livre pas de chargeur externe, comme il est pourtant d'usage en gamme professionnelle. Si besoin, le chargeur CG-800E (une centaine d'euros) fera l'affaire. Le passage de l'alimentation externe à la batterie est très simple : il suffit de débrancher. De ce coté, c'est conforme aux attentes des professionnels qui captent en continu. Le changement de batterie peut se faire lorsque le caméscope est fixé sur une tête vidéo petite ou moyenne, à condition que l'attache rapide ne soit pas trop longue. Sur une tête 701HDV et son attache de 9 cm de long, c'est tout juste ! Tout ça car le bouton de libération de la batterie se trouve sous la batterie et non sur le coté ou le dessus.


Batterie XF405

La connectique est assez fournie, conformément à cette gamme de caméscope compacte :


  • entrées micro XLR,
  • entrée micro jack stéréo 3,5mm
  • entrée télécommande jack stéréo 2,5 mm
  • port USB 2 mini-B,
  • prise RJ-45 Ethernet 1 Gbps,
  • sortie casque (jack stéréo 3,5 mm),
  • sortie mini HDMI 2.0,
  • sortie 3G-SDI pour le XF405.

 



La prise SDI du XF405 est une bonne chose pour ceux qui ont déjà un enregistreur SDI ou une liaison exigeant cette connectique. Mais elle permet moins de débit que la prise mini HDMI 2.0 qui permet de sortir un signal Ultra HD. La prise 3G-SDI donne accès au sous-échantillonnage 4:2:2 10 bits en Full HD, rendant ainsi disponible le potentiel colorimétrique du capteur. La prise HDMI donne aussi cette possibilité, mais ajoute du 4:2:2 8 bits en Ultra HD 25p et du 4:2:0 8 bits en 50p. Il n'y a donc aucun moyen d'avoir du 4:2:2 en Ultra HD 50p issu du XF400.


XF405 Connectique

La prise HDMI est une mini, attention aux adaptateurs nécessaires. La prise USB 2 est elle un mini-B, assez standard et sur laquelle on peut connecter des options Canon. Aucun câble n'est fourni par Canon, c'est toujours ça de moins dans les tiroirs...


XF405 Connctique

Le XF400 n'intègre pas de récepteur GPS, mais il existe en option (GP-E2, environ 250 euros) et sa gestion est prévue dans les menus. Il utilise la griffe standard présente sur le dessus de la poignée et se connecte via la prise USB 2 sur le côté droit. C'est la même option que sur les reflex Canon récents.


Le XF400 peut aussi communiquer via WiFi et par câble réseau Ethernet. Les fonctions sont peu évoluées, mais n'exigent pas d'application spécifique. Le pilotage est disponible via le navigateur de l'appareil mobile, le caméscope intégrant un petit serveur web. Mais les fonctions réseau sont décevantes, indignes de la gamme XF de Canon. Autant le XF200 montrait la bonne voie, autant le XF400 est limité : juste du pilotage à distance via un navigateur.


XF405
Il est quand même possible de transférer les rushs vers un serveur FTP (en mode media), mais il n'y a pas de fonction de diffusion de flux d'image (streaming), ni plusieurs serveurs FTP possibles. De ce point de vue, le XF400 se fait laminer par le Sony Z90 et encore plus par les JVC concurrents. Espérons que les firmwares successifs apporteront leur lot de fonctions réseau supplémentaires (le menu réseau presque vide semble souligner ce manque) !
XF405 Menu


(Test Canon XF400 / XF405)

Prise en main

L'accès aux menus est simple et la navigation peut utiliser les deux méthodes : via l'écran tactile ou le petit joystick à l'arrière. Naturellement, je préfère naviguer via l'écran tactile qui répond plutôt bien. Toutefois, il faut parfois reprendre l'usage du joystick, car l'écran étant petit, les menus sont souvent trop petits pour une main d'adulte. Il est donc assez fréquent de toucher à coté, ce qui occasionne des lenteurs dans la navigation. Dommage, car le dessin de ces menus s'améliore.
XF405 Joystick

Très embêtant et source d'inquiétude : il arrive que l'écran tactile se bloque. Il s'arrête tout simplement de répondre. Pour retrouver son usage, il suffit parfois de fermer l'écran plusieurs secondes et de manipuler les caméscope autrement, mais il m'est arrivé de devoir éteindre complètement le caméscope. Très embêtant lorsqu'il s'agit de lancer l'enregistrement dans les secondes qui suivent ! Reste à savoir si ce défaut est dû à notre exemplaire de test ou s'il est répandu sur d'autres XF400. Espérons que la première hypothèse soit la bonne, sinon ce caméscope n'est pas normalement utilisable.


Par contre, pas de menu évolué ou personnalisable comme sur le XF200. Gros retour en arrière de ce côté.


XF405


Le bouton d'enregistrement principal est correct : haut et étroit, il s’identifie facilement sous le pouce. Il est aussi bien visible, avec un bon retour pour ne pas faire d'erreur de déclenchement. Le bouton sur la poignée est tout aussi bon, avec le verrou habituel. Pas trop de délai entre l'appui et la réponse du caméscope, même en Ultra HD, c'est mieux que la plupart de ses concurrents.


XF405 Rec

Dommage que Canon n'ait pas suivi la bonne idée du XF200 avec son troisième bouton sous l'objectif. Par contre, on peut déclencher via un bouton à l'écran. Et en mode WiFi, c'est aussi possible via un appareil mobile. Nous n'avons pas pu tester la télécommande, non fournie pour le test.


Le bouton 4 "Last scene" dédié pour relire instantanément le dernier clip est de l'autre côté par rapport au bouton d'enregistrement et au zoom, comme sur les XA.  L'agrandissement, lui est affecté par défaut au bouton 5 qui est juste au-dessus du bouton d'enregistrement. Heureusement, car il est rendu indispensable vue la faible définition de l'écran. La fonction d'agrandissement m'a d'ailleurs déçu : elle semble agrandir les pixels plutôt que détailler la zone à agrandir. Résultat : on se retrouve à faire le point avec une image à peine plus précise que celle non agrandie. Raison de plus pour faire confiance à l'autofocus, mais la maîtrise du point en manuel n'est pas efficace.


Le démarrage est long, trop long, même lorsque le réseau est désactivé : plus de 10 secondes avant de pouvoir lancer l'enregistrement ! Avec un tel délai, il faudra beaucoup anticiper, rater des plans "sur le vif" ou laisser le caméscope allumé en permanence, avec le risque de manquer d'énergie au moment ou il faut enregistrer.


Canon reste fidèle au mode "media" distinct du mode "camera". Avec une extinction pour passer de l'un à l'autre. Et il faut environ 6 secondes pour y passer. Quand Canon arrêtera-t-il cette façon ancienne de visualiser et transférer les rushs ? En mode media, on souffre encore de la faible définition de l'écran. N'espérerez pas vérifier la bonne netteté d'une image Ultra HD sur un écran d'un quart de HD ! Il vous faudra soit un écran externe HD, soit un ordinateur pour s'assurer que les rushs sont bons. Même l'identification des vignettes lors de la navigation est rendu délicate par la faible taille de l'écran.


XF405 Vignettes

Le XF400 est presque aussi compact que le XA30, un peu plus que le XF200 qui bénéficie de 3 bagues sur l'objectif. Par contre, le poids est presque le même que le XF200, donc plus lourd que le XA30. C'est encore l'objectif qui justifie en grande partie cet alourdissement, avec une autre partie pour la batterie plus grosse. Il se retrouve dans la catégorie des PXW-x70 et PXW-Z90 de Sony, ou du GY-HM250 de JVC. Il reste donc très mobile, et on ne ressent pas le besoin de le caler sur l'épaule comme pour les caméscope de plus de 2 kg. Il est bien équilibré, ses poignées permettent une tenue prolongée.


XF405

Quelques réglages sont directement accessibles, facilement avec le pouce gauche, surtout si l'écran est presque vertical. Incliné à 45°, il gêne plus l'accès aux boutons. C'est la qu'on apprécie les écrans dans la poignée, façon Sony Z150 ou Panasonic HC-X1. Les boutons sont francs et plutôt faciles à mémoriser sans les regarder, après quelques heures d'exercice. Comme il y a peu de boutons, il faudra choisir entre passer par l'écran tactile (par les fonctions) ou affecter la molette à un des réglages (comme l'ouverture ou la vitesse). Avantage par rapport aux boutons, les possibilités de réglages sont plus nombreuses via les menu de fonctions que via les boutons des caméscopes plus traditionnels. Mais c'est moins rapide, c'est sûr...


XF405 Boutons

Le bouton Auto, qui permet de passer en automatique est bien placé : à portée d'index en cas de panique sur les réglages, il ne peut être confondu ou manipulé par erreur. Mais bon, à part vérifier s'il fonctionnait, je ne l'ai pas utilisé...


XF405 Auto

Le XF400 a 6 boutons personnalisables, ce qui est trop peu. Mais comme il n'est possible d'affecter que 12 fonctions à ces boutons, cela atténue un peu la déception. Juste un peu, car de nombreuses fonctions intéressantes ne sont pas accessible par les boutons personnalisables : zebra, peaking, stabilisation dynamique et de nombreuses autres fonctions ne peuvent être attribuées à des boutons. Pas très pro, de ce coté. La richesse fonctionnelle du XF200 est loin, très loin...


Les menus sont disponibles en vingt sept langues, dont bien sûr le français. C'est le coté grand public du caméscope qui explique cette diversité. Voilà qui devrait satisfaire ceux qui ne veulent pas naviguer dans des menus en anglais. Peu d'erreurs de traduction ont été relevées, mais les options sont parfois peu compréhensibles en français.



(Test Canon XF400 / XF405)

Qualité d'image et réglages, sensibilité

La qualité d'image du XF400 est convaincante, les images sont belles. Canon ne déçoit pas de ce côté. Quelques manques de résolution dans certains cas, notamment dans les zones très lumineuses. Le capteur 1" utilisé ne propose pas la même dynamique que les capteurs Super35 des gammes supérieures, c'est évident. Face au capteur rapide du Z90, il ne peut utiliser autant de pixels pour former l'image Ultra HD, ce qui pénalise sa résolution.


Les réglages d'image sont peu nombreux, il n'existe que trois "aspects" possibles : standard, Wide DR et monochrome. Si le dernier n’appelle pas de commentaire, le réglage Wide DR applique une courbe de gamma et des réglages couleurs augmentant la dynamique. Habitués des caméscopes professionnels et amateurs, accrochez-vous : il n'y a pas de réglage possible du gamma, du niveau de noir, de la colorimétrie, et autres finesses habituelles. Vous avez la netteté, la profondeur de couleur et le contraste et puis c'est tout ! La simplification est brutale et, disons-le, indigne d'un caméscope de ce niveau. Ces réglages sont ceux d'un caméscope grand public, pas professionnel.


XF405


Et bien sûr, on attend d'un caméscope professionnel sorti en 2018 qu'il propose un mode Log. Ce serait un C-log chez Canon. Le Z90 de Sony propose lui du S-Log et les réglages fins qu'attendent les utilisateurs de ce genre de caméscope. Et bien non, pas de C-Log sur le XF400. Beau raté !


Avec 3 aspects différents, dont un monochrome, on ne peut pas considérer que le XF400 propose des profils d'images. On peut certes sauvegarder les réglages, mais c'est une sauvegarde simple qui permet difficilement de jouer avec plusieurs jeux de réglages, sauf à avoir un carte SD par réglage. Ce n'est pas non plus au niveau des concurrents de ce côté.


Les fréquences d'image sont peu nombreuses, mais il y a quand même la possibilité, difficile à trouver, de monter à 100 ips. En Ultra HD, on retrouve le 25 et 50 ips. Et oui, le XF400 enregistre en 50p à sa plus haute définition, contrairement au Z90 de Sony. L'enregistrement à 150 ou 160 Mbps aide forcément à encaisser ce déluge de pixels. Si le capteur du Canon n'est pas aussi rapide que celui du Sony, il semble que le processeur de traitement vidéo soit, lui, à la hauteur.


Le système autofocus est une nouveauté dans cette gamme de caméscope. Canon nous avait habitué à un autofocus rapide par détection de phase via un ajout, ce qui nous apportait un "iAF" rapide et efficace, mais dont la plage était peu étendue. La détection de phase a été intégrée au capteur grâce au système Dual Pixel AF. Le capteur intègre des pixels doubles, qui permettent de mesurer en permanence la différence de phase et piloter ainsi l'autofocus. Et toute la zone centrale du capteur est ainsi parsemée de pixels doubles. Ce qui explique que les pixels doivent être plus gros que ceux des autres fabricants, donc que le capteur 1" intègre moins de photosites. Le résultat est un autofocus aussi rapide que ce Canon proposait déjà (donc bien plus rapide que ceux des concurrents) tout en étant étendu à une plus grande surface de l'image. Canon a-t-il gardé son avance ? Oui, sauf sur Sony et son dernier système disponible sur le concurrent principal, le Z90 et son autofocus hybride rapide. 


Les automatismes d'exposition ont semblé corrects, avec un peu de surexposition dans certains cas. Pour ceux qui ont de la mémoire, le XA10 nous avait séduit avec un histogramme pour bien contrôler l'exposition. Malheureusement, Canon l'avait enlevé de la gamme XA dès le XA20 pour le réserver à la gamme XF, notamment sur le XF100 et XF200. Pas d'histogramme sur le XF400, il faudra se contenter du zébra réglable sur deux niveaux, pas plus. Pas mieux qu'un XA30, en fait, et nettement moins bien qu'un XF200 qui propose une forme d'onde ou un vectorscope, deux outils nettement plus professionnels. C'est aussi un bon cran en dessous du Sony Z90, qui propose deux zébras réglables et un histogramme.


Bénéficiant d'un capteur CMOS 1" avec peu de pixels,  le XF400 promet une bonne sensibilité. Il faut cependant rappeler que Canon n'utilise pas tout le capteur, mais une partie centrale, diminuant ainsi la surface de captation de la lumière, et donc la sensibilité native. Le XF400 s'en sort bien mais n'arrive pas à la sensibilité du capteur Super 35 de la gamme EOS C, avec une différence visible. Par contre, il monte bien en gain, jusqu'à 39 dB. Sachant qu'on peut avoir une image exploitable jusqu'à environ 20 dB, les intérieurs ne poseront pas souvent de problème.



(Test Canon XF400 / XF405)

Support d'enregistrement

Quelques nouveautés du côté du support d'enregistrement. C'est toujours de la carte SDHC standard, merci Canon. Mais, pour encaisser le débit de 150 Mbps du MP4 en  Ultra HD ou le 160 Mbps du XF-AVC, le XF400 supporte les cartes U3. Le double emplacement se trouve dans la poignée, endroit pratique car il n'y a pas besoin d'ouvrir l'écran pour y accéder. Attention, le XF400 n'accepte pas de lancer l'enregistrement avec la trappe ouverte et coupe l'enregistrement si on ouvre cette trappe. De toute façon le relais entre les cartes ne permet pas de basculer de l'une à l'autre dans les deux sens. Un seul relais est permis (A vers B ou B vers A), il n'y a pas possibilité d’enchaîner plus de deux cartes. Embêtant pour les spectacles et conférences, il va falloir prévoir des pauses ou des grosses cartes. Attention aussi, le mode relais comporte des limitations, ce qui est d'ailleurs assez embêtant puisqu'on peut considérer que c'est un mode normal de fonctionnement d'un caméscope professionnel.


Comme les Canon XA et les Legria sur la même base, le XF400 enregistre en MP4. La surprise, c'est que le AVCHD a disparu. Si vous aviez vos habitudes dans ce format, il faudra s'y faire. Mais ce n'est pas une grosse perte, d'autant que les possibilités de définition et de débit sont nombreuses en Full HD au format MPEG-4.


Depuis la version 1.0.1 du firmware, le XF400 propose l'enregistrement en XF-AVC. Dans ce cas, le choix est réduit : soit 160 Mbps en Ultra HD, soit 45 Mbps en Full HD. Ce sont des débits importants, la qualité d'image a été privilégiée. A noter que si vous êtes un adepte du 50i (entrelacé), il faudra passer en définition Full HD au format XF-AVC, aucun autre choix. Pourquoi le XF-AVC ? Il n'est pas vraiment différent du MPEG-4 en terme de qualité d'image. Mais c'est un format commun avec d'autres caméscopes Canon, notamment les modèles récents des séries XC et EOS C. Une des différences est l'inclusion des metadata, que l'on ne retrouve pas dans les fichiers MPEG-4.


Par rapport aux caméscopes Sony concurrents, le débit est nettement supérieur, Canon joue la qualité au détriment de la capacité des cartes. Pas d'Ultra HD à 100 ou 60 Mbps, ce dernier est pourtant pratique pour enregistrer toute la définition de l'Ultra HD sur une simple carte SDXC Class 10, au prix éventuel d'une compression élevée. Canon aurait pu laisser cette intransigeance sur le débit au format XF-AVC et être plus souple pour le format MP4.


XF405 Slots


(Test Canon XF400 / XF405)

Montage

Attention, votre logiciel de montage doit accepter le MP4 standard ou le XF-AVC, moins standard. Si votre logiciel de montage veut absolument du AVCHD, il ne conviendra pas. Bon, ce genre de logiciel doit être bien rare... La plupart des logiciels de montage importe sans problème du MPEG-4. Pour les images en Ultra HD, attention à avoir une configuration récente et puissante pour assurer le montage confortablement. Sinon, le mode proxy des logiciels est pour vous ! Désavantage de ce format MPEG-4, à l'origine prévu pour la diffusion grand public, c'est l'absence d'information sur les images enregistrées, les fameuses metadata. Pas de coordonnées GPS, de longueur focale ou de niveau de gain dans des fichiers MP4. C'est pour ça qu'existe dans le monde professionnel le conteneur MXF, utilisé par le format XF-AVC.


XF405 FCPX
Si vous enregistrez en XF-AVC, la situation peut être un peu plus compliqué que pour le MP4. Les variantes du XF-AVC sont nombreuses (comme le XAVC chez Sony) et sont plus ou moins prises en compte selon la version du logiciel utilisé. Par exemple, la version 10.4.1 de Final Cut Pro prend en compte le XF-AVC du XF400, mais pas les précédentes versions. Pour lire les rushs en XF-AVC, voir toutes les metadonnées inscrites dans le fichiers XF-AVC, et gérer les marques, Canon propose un utilitaire XF Utility qui permet d'exploiter au mieux les informations présentes dans les rushs (réglages, GPS, etc). Mais il ne propose pas d'export en MP4, ProRes ou autre format, comme le fait Catalyst de Sony.
XF405 Utility


(Test Canon XF400 / XF405)

Spécifications mesurées du XF405

  • Hauteur avec le porte micro: 212 mm
  • Largeur avec la pare-soleil : 155 mm
  • Longueur : 266 mm au complet avec le pare-soleil et l’œilleton
  • Diamètre du filetage : 58 mm
  • Diagonale de l'écran : 88 mm (3,5"), soit 77 x 44 mm
  • Diagonale du viseur : 6 mm (0,24")
  • Poids du caméscope nu (sans batterie, carte, pare-soleil, poignée) : 1150 g
  • Poids de la batterie BP-828 : 120 g (pour une taille de 56 x 31 x 40 mm)
  • Poids du pare-soleil : 85 g (117 x 92 x 56 mm)
  • 1 carte SDXC U3 : 3 g
  • Poignée audio sans micro : 304 g
  • Poids de l'appareil en ordre de marche (avec la batterie standard, la poignée le pare-soleil, une carte SDXC) : 1666  g
  • Démarrage en mode caméra : environ 11 s
  • Démarrage en mode media : environ 5 s
  • Passage en mode caméra depuis le mode media: environ 7 s
  • Passage en mode media depuis le mode caméra : environ 6 s

 


XF405


(Test Canon XF400 / XF405)

La concurrence

PXW-Z90

En face du XF400, qu'avons nous sur le marché ? Regardons les caméscope Ultra HD plutôt compacts, en gamme pro et équipés d'un capteur 1".


Bien sûr, le principal concurrent est le Sony PXW-Z90. Avec un zoom plus limité et l'absence de 50p en Ultra HD, il pourrait paraître moins bon. Mais il est fonctionnellement plus riche. Enregistrement en 4:2:2 (en HD), meilleur viseur, nombreux profils d'image, réglages colorimétriques avancés, courbes S-log, il bénéficie surtout d'un capteur plus moderne, d'au moins une génération.


HC-X1
Chez Panasonic, il faudra ajouter quelques centaines d'euros, du poids et de la taille pour arriver au HC-X1. Mais, à ce prix, on gagne un zoom 20X, trois bagues, du vrai 4K, et plein d'autres possibilités. Bref, on change de gamme. Mais comme la différence de prix n'est pas si élevé, ça demande quand même réflexion...
HM200
Chez JVC, on trouve le GY-HM200. Compact, léger, il est moins cher, mais il faut renoncer au capteur 1". Il propose quand même de l'Ultra HD, mais uniquement en 25p.


(Test Canon XF400 / XF405)

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