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JVC GY-HM200

L'Ultra HD pro en format compact

 

20 septembre 2015 par Antoine Désir

JVC GY-HM200

Prix fabricant : 2395 Euros
 

JVC GY-HM200

Après un GY-HM600 / GY-HM650 de poing plutôt réussi, JVC revient vers le format compact, dans la lignée des GY-HM100 / GY-HM150. Et puisque nous sommes en 2015, le fabricant japonais en profite pour introduire l'Ultra HD dans sa gamme. Enfin, introduire, c'est beaucoup dire. Un compact 4K par JVC, ça ne vous dit rien ? C'était le HMQ10, testé il y a presque 3 ans. Si ce dernier était peu pratique, il fournissait un bon démonstrateur technologique. Avec le HM200, nous sommes dans le caméscope pro de grande diffusion.


Car le GY-HM200 coûte moins de 2500 € HT, ce qui le place bien pour un compact professionnel incluant la définition UHD. Le HM200 a un petit frère, le HM170 pour 500 euros de moins, au détriment de la poignée XLR, de la sortie SDI, des fonctions réseau et de la batterie "pro", mais toujours avec l'Ultra HD.


Ce segment des compacts pros est encombré, avec des appareils de qualité. Comment se positionne JVC face à des marques fortes souvent plus "préemptées" sur le marché français ?


A noter que les tests ont été menés avec la version 1.0.6 du firmware, le dernière disponible au moment du test.



> LIRE LA SUITE : Concept du JVC GY-HM200

Concept du JVC GY-HM200

Le JVC GY-HM200 est un caméscope "broadcast" de poing, c'est à dire qu'il est capable de ramener des images de qualité professionnelle (sous-échantillonnage 4:2:2 au besoin) du terrain. Ce type d'appareil permet d'enregistrer des images de qualité TV dans des endroits peu accessibles ou la mobilité est importante. Si le 4:2:2 n'est pas utile, il peut aussi ramener des images Ultra HD. A noter que le GY-HM200 n'est pas un caméscope 4K au sens strict, puisque sa définition s'arrête au 3840 x 2160 (Ultra HD). Une version future du firmware apportera peut être les 4096 points de large du vrai 4K, ce qui éviterait au marquage latéral et aux documents commerciaux d'être trompeurs.


Le HM200 est un caméscope de poing de taille plutôt modeste, doté d'un objectif non interchangeable et de nombreux contrôles manuels directement accessibles, enregistrant sur carte SD en MPEG-4 et diffusant un flux vidéo sur IP.


GY-HM200

On y retrouve les caractéristiques des caméscopes professionnels :


  • commande de zoom à bascule,
  • vitesse de zoom variable, de 2 à 160 secondes pour balayer la page du zoom 12X,
  • vitesse de zoom réglable et fixe sur la poignée,
  • triple déclencheur d'enregistrement,
  • bague de zoom/iris/AE
  • bague de focus,
  • 9 boutons personnalisables plus 4 secondaires,
  • menus complets,
  • personnalisation de la colorimétrie, dont le gamma,
  • peaking, zebra réglable,
  • boutons directs pour les fonctions principales,
  • batterie de haute capacité,
  • 2 entrées XLR avec alimentation 48V,
  • réglage niveaux audio par molette,
  • griffe standard et porte micro
  • sortie HDMI et 3G-SDI (pour le HM200)
  • viseur relevable et œilleton,
  • double emplacement pour carte mémoire.

 


Avec 1,6 kg en ordre de marche sans accessoire, le caméscope est dans la catégorie "léger" pour un pro. Un peu plus lourd que le HM150, il est plus léger que le XF200 et bien plus léger que les caméscopes à trois capteurs. Le HM200 est aussi de taille modeste, toujours entre les compacts comme le Canon XA20 et les gros caméscopes de poing comme le HM600 et ses concurrents. C'est un compromis taille/poids/fonctions qui pourra intéresser plus d'un vidéaste.



(JVC GY-HM200)

Capteur, objectif-zoom

Un capteur de 1/2,3" de 12,4 Mp, ça ne vous dit rien ? Il est probable qu'il s'agit du capteur Sony que l'on retrouve dans de très nombreux caméscopes de nos jours. Probablement aussi très proche de celui qui était dans son prédécesseur, le HMQ10. Ce capteur intègre plus de 12 millions de photosites, ce qui est insuffisant pour une image UHD complète qui en demande 33 millions sur un seul capteur, mais bien trop pour une image HD qui se contenterait de 8 millions de photosites. Ce faible nombre de photosites (pour du UHD) permet toutefois de ne pas trop sacrifier la sensibilité sur un capteur de petite taille, mais ne favorise pas cette sensibilité pour une image HD. Un compromis, en quelque sorte.


Le zoom 12X est assez classique dans son amplitude et sa commande. La vitesse la plus lente est très faible : il faut presque 3 minutes (160 secondes) pour parcourir la plage du zoom, ce qui est remarquable. Et moins de 2 secondes en vitesse maximale.


Les petits capteurs CMOS sont peu sensibles au rolling shutter (il faut vraiment le vouloir pour le détecter) et pas au smear.


La focale mini est équivalente à du 29,5 mm (angle de vue de 73°), ce qui est une bonne valeur sans convertisseur. La focale minimale est la même en Full HD et Ultra HD, c'est un bon point. Cette focale est correcte pour un caméscope professionnel, même si elle est supérieure à celle de certains caméscopes grand public. La plage du zoom est de 12X pour une focale maximale équivalente de 354 mm (angle de vue de 7°). Cette plage de zoom est classique, mais moindre que le concurrent chez Canon avec son zoom 20X. Il y a une vraie différence avec le HM600 (zoom 23X) qui est cependant moins compact.


Pour compenser cette plage standard, JVC propose un option "zoom dynamique" qui étend la plage à 24X en ne retenant que l'image au milieu du capteur. On devine aisément que la résolution souffre, même si le nombre important de photosites du capteur limite cette dégradation. On retrouve le "Clear Zoom" de Sony. L'angle du vue minimum passe à 3,5° avec cette option (708 mm de focale équivalente), ce qui est vraiment long.


L'objectif ouvre à f/1,2 au grand angle et à f/3,5 au télé (et f/2,0 à mi course), c'est très bon en grand-angle mais moyen au télé. La encore, Canon fait mieux. Il sera plus difficile de réduire la profondeur de champ.


JVC GY-HM200

La commande de zoom à bascule est agréable d'utilisation, mais peu large et moins confortable que les concurrents plus gros. Bien située, elle permet des zooms dont la vitesse varie beaucoup. Nous avons balayé la plage de zoom (12X) en 1,8 secondes au plus vite, ce qui est vraiment rapide. Le zoom est peu bruyant, sa petite taille lui donne cet avantage.


Ce zoom sait aussi être lent. Il fallu patienter presque 3 minutes (160 secondes) pour arriver au bout de la plage de zoom à la vitesse la plus lent avec la commande de poignée réglée sur 1. Interminable pour une si petite plage, il est difficile de distinguer l'action du zoom ! Cette vitesse lente est difficile à tenir avec la commande principale, l'appui sur la commande doit être très précis, sous peine de voir le zoom accélérer ou s'arrêter. Mais sauf à cette vitesse d'escargot, la progressivité est bonne.


JVC GY-HM200

Pour mieux maîtriser la vitesse de zoom, il faut utiliser le bouton de zoom sur la poignée associé au réglage dans le menu. Un commutateur (bien placé) sur la poignée permet de spécifier trois vitesses de zoom fixes. Pas de vitesse variable pour cette commande, c'est original. Je m'étais habitué avec d'autres caméscopes à utiliser cette variabilité sur le zoom de poignée, et pourtant, elle ne m'a pas manqué ici. Par contre, le réglage sur 7 niveaux (plus une vitesse nulle) dans le menu m'a paru insuffisant pour quelques cas de zooms compensés, le réglage n'étant pas assez fin pour se caler précisément sur la vitesse de déplacement du support de caméscope.


JVC GY-HM200

La bague de zoom sans butée est précédée d'une bague de mise au point, sans butée non plus. Pas de troisième bague, mais une molette sous l'objectif pour régler l'iris. En fait, la seconde bague (zoom par défaut) peut être réglée dans le menu comme bague d'iris pour ceux qui préfèrent. Et la molette peut servir pour régler l'ouverture de l'iris, la vitesse d'obturation ou le décalage d'exposition. La molette d'iris est inopérante lorsque le mode auto iris est activée, mais celle du focus peut rester active (avec un réglage du menu) pour aider l'autofocus, même si l'autofocus reprend logiquement la main dès la fin de l'action sur la bague. La bague de zoom reste active en permanence. Ces bagues ne sont pas directes : elles ne font que contrôler électriquement les moteurs de l'objectif. Avec une telle compacité, nous n’attendions pas de zoom mécanique ou de bague à butée !


La bague de focus est large, silencieuse et pas trop rapide : la mise au point fine est plutôt facile. La touche "agrandissement" (Expanded focus) est toujours utile, la définition de l'écran et du viseur ne permettant pas une mise au point précise sans cette loupe. La zone d'agrandissement est modifiable avec le joystick, si l'on préfère faire le point en dehors du centre du cadre. Bien vu ! On retrouve des fonctions très proches d'un XF200 de Canon, et ce n'est pas plus mal.


Pas de bouton dédié au "Push Iris" (même en touche personnalisable), mais le passage en mode Auto Iris est rapide.


Même si le capteur est petit, nous avons droit à deux niveaux de filtre neutre manuel (1/4 et 1/16). C'est bien utile pour rester à des ouvertures correctes sans trop monter la vitesse d'obturation. Le caméscope étant compact, l'inclinaison de l'écran ouvert peut gêner l'accès à la bascule des filtres neutres.


Le zoom est bon, mais sans mode macro, et ça se sent ! La distance minimale de mise au point est de 145 cm à fond de zoom et de 7 cm en grand angle, ce qui est médiocre pour certains plans rapprochés. Ces distances sont nettement plus élevées que chez les concurrents qui descendent à 1 cm. Mauvais point pour ce zoom.


Le stabilisateur du GY-HM200 est classique et propose deux niveaux : normal et haut. Le second mode augmente la plage de correction des mouvements en prenant le risque d'un vignettage lors des mouvements amples. Pas de stabilisation dynamique comme chez Sony ou Canon, JVC marque le pas sur ce critère essentiel d'un caméscope compact moderne.



(JVC GY-HM200)

Micro, audio

JVC GY-HM200
JVC est habitué à la bonne disposition des commandes audio, c'était déjà le cas sur le HMQ10 et sur le HM600. Les prises XLR sont sur la droite de la poignée, les réglages sur le gauche. Il manque étrangement quelque chose au bout de la poignée : un micro ! Celui du HM600 ne nous avait pas convaincu, mais il était présent en bout de poignée. Comme sur le XA20 de Canon ou le PXW-X70 de Sony, il n'y a pas de micro sur la poignée XLR amovible car les capusles sont implantées sur le boîtier principal. Ces micros restent dans le caméscope lorsque la poignée est enlevée. Il faudra donc monter un micro externe sur le porte-micro fourni. Comme pour le HM600, JVC a choisi de garder une entrée jack stéréo en plus des entrées XLR. Elle se trouve à l'arrière du caméscope, à côté de la prise casque. L'emplacement de cette prise AUX n'est pas heureux, mais sa présence est précieuse.
JVC GY-HM200


(JVC GY-HM200)

Viseur, écran

Depuis le Canon XF300, les caméscopes testés sont toujours décevants du côté de l'écran et du viseur. Et ça continue, encore et encore, année après année ! L'écran partage la même définition très basique de 853 x 480 avec d'autres appareils concurrents. Pour un caméscope Full HD (1920 x 1080), c'est peu. Pour un caméscope Ultra HD (3840 x 2160), ça frise le ridicule.


Le viseur, s'il est mieux défini (960 x 540), est plutôt petit (0,24"), ce qui pénalise son utilisation. Loeilleton est amovible et peut se retourner pour ceux qui veulent viser de l'oeil gauche.


JVC GY-HM200

L'écran est d'une taille moyenne (3,5") à défaut d'une bonne définition. L'écran est brillant, ce qui augmente le contraste mais ne combat pas assez les reflets parasites. On aurait pu espérer que cette brillance signale une couche tactile, mais ce n'est malheureusement pas le cas, alors que le HMQ10 avait gagné cette possibilité. Retour en arrière chez JVC. Donc pas de mise au point sur une zone de l'image touchée, pas de sélection de vignette au doigt, pas de raccourci personnalisable sur l'écran, etc. Encore dommage.


JVC GY-HM200


(JVC GY-HM200)

Batterie et Connectique

C'est en particulier sur la connectique et la batterie que l'on peut distinguer le GY-HM200 du GY-HM170. Le HM200 utilise une batterie longue durée IDX SSL-JVC50 (37 Wh) exploitée par les autres caméscopes de la gamme (en particulier les GY-HM600 et HM650). Pour le HM170, on descend de gamme pour une BN-VF823 (16 Wh), celle utilisée pour les HM100 et HM150, mais aussi par certains caméscopes grand public de JVC. La connectique est plutôt complète pour un caméscope de cette taille, mais pas autant que les concurrents. Jugez plutôt :


  • sortie HDMI,
  • sortie 3G/HD-SDI (HM200 uniquement),
  • entrée USB host (HM200 uniquement),
  • sortie USB device,
  • sortie composite (AV out),
  • sortie casque (jack stéréo 3,5 mm),
  • entrées télécommande LANC,
  • entrées micro XLR (HM200 uniquement)
  • entrée micro jack stéréo

 


Le HM170 perd la poignée, la sortie 3G-SDI, le connecteur USB host pour le réseau et la batterie haute capacité.


Le GY-HM200 est un caméscope qui consomme assez peu (environ 8W en Ultra HD, 7,5 W en Full HD) et peut donc tenir plus de deux heures sur la batterie d'origine (4,5 heures en théorie). Cette bonne autonomie est un atout indéniable en mobilité. Pour partir la journée, prévoyez tout de même plusieurs batteries. Pour le HM170, l'autonomie est inférieure à la moitié de celle du HM200 : méfiance en tournage !


JVC GY-HM200

Pas de gêne pour manipuler la batterie, sur trépied ou non : l'accès par l'arrière est bien dégagé. On peut facilement passer de l'alimentation secteur à la batterie et inversement sans arrêter l'enregistrement, c'est une bonne chose.


JVC GY-HM200
La prise HDMI est standard, ainsi que la prise USB 2. Aucun câble n'est livré par JVC, mais le respect du standard évite la jungle des câbles propriétaires inutiles, c'est un bon point. On pourra outrepasser la compression MPEG-4 via la sortie HDMI ou la sortie SDI. La sortie HDMI est capable de sortie de l'Ultra HD pas la sortie 3G-SDI, limitée à la HD.
JVC GY-HM200

Les prises casques et micro auxiliaire sont à l'arrière, ce n'est pas mon emplacement préféré : je l'aurais préféré sur la poignée XLR. Mais cette disposition permet au HM170, qui n'a pas de poignée, de garder ces prises.


Le HM200 n'intègre pas de récepteur GPS, JVC n'en propose pas en option. C'est très dommage pour un caméscope de terrain. Il faut aller vers le HM650 pour en bénéficier.


Le HM200 est un caméscope avec de nombreuses fonctions réseau, comme le HM650. JVC pousse cet avantage à chaque nouveau modèle et chaque mise à jour. Mais pourquoi passer encore par une prise USB host pour connecter les passerelles réseau ? Une antenne WiFi intégrée et une prise Ethernet auraient été les bienvenues pour éviter de greffer des accessoires externes. Le Canon XF200 le propose, j'avais apprécié. Car se dire "connecté" et ne pas fournir de quoi se connecter sorti du carton est anormal. Il faut passer par des adaptateurs tiers reconnus, dont la liste est fournie par JVC. Comme avec le HM650, négociez avec votre revendeur la fourniture gratuite des adaptateurs compatibles dont vous avez besoin.


Attention, les fonctions réseau sont inactives en mode 4K : elles ne fonctionnent qu'en HD. Le HM200 n'est pas capable de diffuser de l'Ultra HD, il ne peut que l'enregistrer. Il faudra attendre une prochaine génération pour ça, probablement avec la généralisation du HEVC (H.265).


JVC GY-HM200 LAn

Le caméscope peut être réglé comme point d'accès WiFi (P2P) ou se lier à un réseau WiFi existant (access). Dans les deux cas, il suffit de s'y connecter avec un appareil possédant un navigateur internet pour "entrer dans" le caméscope. Contrairement à d'autres marques mais comme Canon, JVC a choisi la voie de la WebApp et non de l'application dédiée sur différentes plateformes. Choix judicieux qui permettra une progression régulière. Techniquement, le caméscope intègre un serveur Web (http) qui héberge l'application de pilotage. Après avoir passé l'indispensable identification, réglable dans le menu, il est possible de :


- gérer les metadata,
- utiliser l'ordinateur comme télécommande avec renvoi vidéo,


JVC GY-HM200 Remote

La télécommande permet de visualiser l'image captée, de lancer et arrêter l'enregistrement et de manipuler le zoom, notamment les trois positions programmables. Comme sur le HM650, le renvoi vidéo a un temps de réponse assez faible, en tout cas bien plus faible que ce que nous avons expérimenté en grand public (Sony AS15 ou GoPro Hero3).


Par rapport au HM650, le contrôle du caméscope via la connexion réseau est plus complet et permet de piloter tous les paramètres de tournage. Y compris les boutons personnalisables ! Mais il manque toujours la possibilité de gérer les profils d'image et surtout la visualisation et le tri des clips enregistrées sur les cartes mémoires.


En deux ans, JVC a préféré développer la fonction de diffusion vidéo directe sur le web. Eh oui, le HM200 est capable, avec une installation réseau basique d'envoyer un flux d'images directement sur le web, pour que vos téléspectateurs voient vos images en direct (avec quelques secondes de délai). Pour un caméscope de cette taille et à ce prix, c'est unique ! Dans ce domaine, il est plus complet que le Canon XF200.


Mais nous aurions aussi voulu cette fonction de gestion des clips enregistrés via une application web. Et ensuite, la gestion des profils d'images, avec connexion sur serveur externe pour les sauvegarder et les charger.


L'autre service réseau intéressant est le client FTP. Il permet d'envoyer les clips enregistrés vers un serveur FTP, via une connexion réseau, qu'elle soit avec ou sans fil. Il est ainsi possible de transférer directement un clip depuis le caméscope sur un serveur, sans passer par un ordinateur. Il est possible de régler 4 serveurs FTP différents, ce qui peut s'avérer bien pratique, entre le serveur de production, le serveur de sauvegarde et un ordinateur sur le terrain. Le client FTP gère une file d'attente pour envoyer plusieurs clips sélectionnés. Vous pouvez transférer ainsi vos clips rapidement aussi bien sur le serveur d'une entreprise ou domestique, un hébergement internet, mais aussi vers un ordinateur, un téléphone ou une tablette, à partir du moment ou un serveur FTP est actif et une liaison réseau établie. Le transfert peut maintenant se faire en tache de fond et il est même possible de découper un clip avant de l'envoyer pour éviter d'envoyer par le réseau des images inutiles.


L'utilisation des fonctions réseau passe par l'utilisation d'un clavier virtuel peu pratique comme tous ces claviers. Mais il est possible de passer par l'application web intégrée et ainsi utiliser le clavier d'un tablette pour faire les réglages. C'est quand même bien plus pratique ! Tous les signes semblent présents et il est de type alphabétique, mais on n'y trouve pas les accents.



(JVC GY-HM200)

Prise en mains

La navigation dans le menu avec le joystick sur le côté de l'écran est plus pratique que beaucoup d'autres solutions. Seul un écran tactile pourrait faire mieux. Les menus sont assez bien organisés et faciles à parcourir. On a même droit à des favoris pour les choix souvent utilisés !


Le bouton d'enregistrement principal réalise un sans faute : gros, visible, avec un bon retour pour ne pas faire d'erreur de déclenchement. Le bouton sur la poignée est tout aussi bon, avec le verrou habituel. On peut affecter certains boutons personnalisables au déclenchement, les boutons ronds pour être précis. Par défaut, JVC l'affecte au bouton 7, sur lequel on appuie avec l'index comme sur un appareil photo. Ma préférence va au bouton 9, pour avoir un troisième REC sous l'objectif, facilement accessible depuis l'avant ou le dessous, par exemple lorsque le caméscope est à 2 mètres du sol.


JVC GY-HM200
JVC GY-HM200

Les boutons Expanded focus (loupe de mise au point) et Review (pour relire le dernier clip enregistré) sont à placer à votre guise, les emplacements par défaut sont corrects. JVC n'a pas gardé de boutons "magnéto". En mode lecture, c'est le joystick et les 3 boutons 3/4/5 qui permettent de naviguer, choisir et marquer les plans. Pour le coup, l'utilisation des boutons 3/4/5 est peu pratique car ils sont perpendiculaires à l'écran. L'écran tactile nous manque décidément...


JVC GY-HM200

Les caméscopes récents ne sont souvent pas rapides au démarrage mais le GY-HM200 venant de sortir, l'espoir était permis. L’accélération annuelle des performances de nos appareils mobiles nous habitue à de tels progrès. Raté : il lui faut presque 10 secondes pour démarrer, ce qui est vraiment trop long. Il semblerait que les fonctions réseau soient responsables de ce délai. Mais alors pourquoi cette lenteur en mode 4K puisque la diffusion réseau est inactive dans ce mode ? Pas d'option de veille chez JVC pour pallier à cet inconvénient. J'ai raté pas mal de plans intéressants sur des événements qui sont arrivé à l'improviste, caméscope éteint. Le temps de mettre en route, le début était passé. Il faudrait que JVC corrige ce point rapidement. L'autre option est de laisser le caméscope allumé en permanence pour ne rien rater. Au risque de se retrouver avec une batterie vide au moment intéressant...


Le passage en mode lecture est lui aussi un peu long (plus de 3 secondes), on retrouve donc ce changement de mode comme sur d'autres caméscopes. Mais pas besoin d'éteindre le caméscope tout de même. Le retour en mode enregistrement prend moins de deux secondes, c'est mieux.


Le GY-HM200 profite de sa taille et de son poids modestes pour prendre soin de son utilisateur en ne le fatigant pas trop. Même ceux qui ont l'habitude de tenir le caméscope uniquement avec le main droite seront satisfaits. Pas de poignée rotative façon Canon, on reste dans le classique confortable.


Le HM200 est bien équilibré, que ce soit en le prenant à pleine main ou en le tenant par la poignée supérieure.


JVC GY-HM200
La plupart des réglages sont directement accessibles, facilement avec le pouce gauche. Les boutons sont francs et plutôt faciles à mémoriser sans les regarder, après quelques heures d'exercice. Seul défaut relevé, dû à la compacité du caméscope : les touches Focus Assist et TC sont difficilement accessibles lorsque l'écran est ouvert et bien penché. Si l'écran est à l'horizontal, c'est la commande des filtres neutres qui est gêné.
JVC GY-HM200

Le GY-HM200 a 9 boutons personnalisables auxquelles on peut rajouter les 4 directions du joystick de réglage, ce qui nous donne 13 combinaisons. 25 fonctions peuvent être attribuées aux boutons personnalisables, c'est complet. En particulier, on pourra inverser les boutons 7 et 9 pour avoir la balance des blancs sous l'index et un bouton de déclenchement sous l'objectif.


Il y aussi un menu des favoris pour se constituer son propre menu selon ses habitudes. Mais on ne peut pas appeler tout choix du menu par les boutons (comme chez Canon), c'est dommage.


Les menus sont disponibles en sept langues, dont bien sûr le français. Voilà qui devrait satisfaire ceux qui ne veulent pas naviguer des menus en anglais. Aucune traduction ne m'a écorché l'oeil, mais la traduction des abréviations est toujours sujette à discussion.



(JVC GY-HM200)

Qualité d'image et réglages, sensibilité

Le GY-HM200 apporte l'Ultra HD. Même si le GY-HMQ10 avait ouvert la voie dès 2012 (!), c'est le premier caméscope JVC de grande diffusion qui propose cette définition d'image. L'ensemble optique, zoom et capteur, donne un bon résultat. Époustouflant de détail pour ceux qui n'ont pas l'habitude de l'Ultra HD, mais standard par rapport à d'autre appareils UHD ou 4K.


Les réglages d'image sont assez nombreux : niveau de noir, détail, gamma, colorimétrie, etc. Et même une dynamique étendue (Wide DR). On retrouve les possibilités des plus gros caméscopes, comme le GY-HM650. Le GY-HM200 ne gère qu'un profil d'image dans le caméscope, mais permet d'en enregistrer et charger 8 sur carte mémoire. Le changement de profil est donc plus laborieux que chez les concurrents, mais c'est faisable.


JVC GY-HM200

Les fréquences d'image sont peu nombreuses : 24, 25, 30, 50 et 60. Le GY-HM200E est le modèle pour l'Europe (50Hz), mais les fréquences du 60 Hz sont accessibles. Pas d'accéléré ou de ralenti intéressant, à part le 50 p. Il y a un mode intervallomètre pour les "super-accélérés".


L'autofocus parvient difficilement à ses fins à fond de zoom en basse luminosité, et pompe dans ces conditions difficiles. Dans les autres situations, il s'en sort bien, toujours plus attiré par les zones lumineuses que les parties sombres, même lorsque celles-ci s'imposent au premier plan. En quittant un XF200 et sa fonction iAF, on revient à du classique en terme de réactivité. Sa vitesse est réglable dans le menu selon que vous préférez un aufocus continu rapide ou lent.


Toujours pas de presets rapides de balance des blancs de type "photo" dans ce caméscope, c'est dommage. Il y a possibilité d'affecter une des trois positions du levier de balance des blancs à l'automatisme, c'est assez souple. La position Preset contient deux valeurs que l'on peut régler dans le menu et entre lesquelles on bascule en appuyant sur la touche AWB. C'est une façon pratique de proposer 4 valeurs de blanc pré-réglées sans perturber les cadreurs habitués aux trois positions.


JVC GY-HM200

Les automatismes d'exposition nous ont semblé corrects, même si une tendance à la surexposition semble récurrente. Mais il est difficile de les contrôler, JVC ne proposait que le zebra (réglable). Au moment du test (firmware 1.06), il n'y avait pas d'histogramme disponible, ce qui a généré pas mal de plans surexposés lors des tests. Mais une mise jour annoncée à l'IBC 2015 et qui devrait arriver sous peu, apportera cette fonction. Pas de forme d'onde ou de vectorscope comme chez Canon.


A l'avantage de JVC, il est possible de bien restreindre les plages d'ouvertures de l'iris lorsqu'on laisse le caméscope gérer l'exposition. Le mode auto devient ainsi semi-manuel et permet d'exploiter au mieux l'objectif en n'utilisant que les plages d'ouverture ou il est le plus performant.


Le capteur est un classique : capteur monoCMOS 1/2,3 qui contient 12,4 millions de photosites. On se doute bien que la sensibilité ne sera pas exceptionnelle. En Full HD, le HM200 s'en sort honorablement, sans étincelle. En Ultra HD, c'est nettement moins bon.


On peut forcer le gain jusqu'à 24 dB par pas de 3 dB, classique. Et s'il faut encore forcer pour capturer une image de nuit en acceptant le bruit, la fonction LoLux permet de monter à 30 ou 36 dB.


GY-HM200JVC

Gain à 0 dB


 


JVC GY-HM200

Gain à 9 dB


 


JVC GY-HM200

Gain à 18 dB


 


JVC GY-HM200
Gain à 30 dB (LoLux)


(JVC GY-HM200)

Support d'enregistrement

Comme les GY-HM600 et GY-HM650, le GY-HM200 enregistre en MPEG-4 (H.264) sur carte SD (surtout SDHC et SDXC). Pour le mode 4K, une carte SDXC U3 est exigée pour encaisser le débit de 150 Mpbs. Enfin, était exigé. La mise à jour annoncée à l'IBC 2015 apporte un mode Ultra HD à 70 Mbps pour pouvoir enregistrer en Ultra HD sur carte SDHC Class10, moyennant une compression plus forte.


Pour le mode HD, une carte SDHC Class 10 suffira pour absorber les images à 50 Mbps. Dans les faits, si vous avez des cartes SDHC Class 6 normales, il n'y aura pas de souci. Les modes d'enregistrement sont assez nombreux, mais avec des bizarreries : en AVCHD, pas de 24, 25 ou 30 ips. Il faudra passer au 50i, 50p, 60i ou 60p. Et pas de bas débits pour ceux qui tournent des scènes longues et peu complexes (conférences).


Le conteneur QuickTime est celui poussé par JVC (c'est le seul en 4K), c'est plus facile pour les utilisateurs de Mac, sans pénaliser ceux qui utilisent Windows. Le HM200 peut enregistrer en 4:2:2 à 50 Mbps, uniquement en 50p. L'arrivée du 4:2:2 est due à l'insistance des utilisateurs et la concurrence de Canon avec sa gamme XF.


JVC utilise donc des cartes SDHC ou SDXC peu coûteuses, ce qui est un avantage certain sur Sony. Le double slot est parfaitement géré avec de nombreuses possibilités. L’ouverture de la trappe de protection est tolérée pendant la captation, l'échange de carte est possible sans arrêter l’enregistrement (s'il est en cours sur l'autre carte, bien sûr). On peut donc envisager un enregistrement continu pendant de nombreuses heures sur carte. Voilà qui est bien adaptée aux conférences et aux longs spectacles.


JVC GY-HM200 SD
Le GY-HM200 permet d'enregistrer simultanément sur les deux cartes dans un certain nombre de combinaison que nous ne détaillerons pas, mais cette possibilité peut être utile dans certains flux de travail avec proxy. On retrouve de ce point de vue la souplesse du GY-HM650.


(JVC GY-HM200)

Montage

Les fichiers générés par le HM200 sont au format MPEG-4 ou MOV contenant des vidéos encodées en H.264. Rien d'original ou qui puisse perturber une logiciel de montage récent. En Ultra HD, le profil est le High@L5.1. Pour le 4:2:2 à 50 Mbps, on passe au profil High@L4.2. On descend au profil High@L4.1 pour le mode basique HD en 4:2:0. On pourra donc lire la HD directement sur des diffuseurs standards comme les box internet évoluées, certains téléphones évolués et tablettes.


Même le format Ultra HD à 150 Mbps ne m'a posé aucun souci avec Final Cut Pro X, alors que ma version n'est même pas à jour. Ceux qui ont galéré avec le PXW-X70 apprécieront.


GY-HM200 FCPX


Bon, en Ultra HD, il ne faut pas espérer une belle fluidité avec un ordinateur poussif. Ceux qui sont dans ce cas resteront provisoirement en Full HD. Mais le confort d'importation par la méthode qui vous plaît le plus est un vrai avantage de JVC. Seuls BlackMagic ou les caméscopes de sport font aussi bien de ce point de vue.



(JVC GY-HM200)

Spécifications mesurées

  • Hauteur : 188 mm avec poignée et porte-micro
  • Largeur : 155 mm avec pare-soleil et sangle
  • Longueur : 280 mm au complet avec le pare-soleil et l’œilleton
  • Diamètre du filetage : 62 mm
  • Diagonale de l'écran : 88 mm (3,5"), soit 77 x 44 mm
  • Diagonale du viseur : 6 mm (0,24"), soit 5 x 4 mm
  • Poids du caméscope nu (sans batterie, carte, pare-soleil, oeilleton) : 1043 g
  • Poids de la batterie SSL-JVC50P : 230 g (pour une taille de 70 x 47 x 43 mm)
  • Poids du pare-soleil : 60 g (118 x 94 x 62 mm)
  • Poids de la poignée audio : 262 g
    cartes SD : 2 g
  • Poids de l'appareil en ordre de marche (avec la batterie standard, la poignée, le pare-soleil, une SD) : 1595 g
  • Démarrage mode caméra : environ 9,5 s
  • Passage en mode visualisation des clips : environ 3,5 s
  • Retour en mode enregistrement : environ 1,5s

JVC GY-HM200



(JVC GY-HM200)

La concurrence

Quels sont les caméscopes de poing professionnels de moins de 2 Kg ?


Si on passe outre l'Ultra HD, c'est naturellement le Canon XF200 qui vient à l'esprit. Un peu plus riche, gros et lourd, le XF200 n’accédera par contre jamais à l'Ultra HD et reste très lié au codec MPEG-2 vieillissant.


Chez Panasonic, c'est le HC-X1000 qui concurrence sérieusement le GY-HM200. Zoom plus long, plus de débits, vrai 4K en 24p ou Ultra HD en 50p, le HC-X1000 n'offre cependant pas de 4:2:2 en Full HD, ni de fonction réseau.


panasonic HC-X1000
Chez Sony, le PXW-X70 avec option 4K pourrait prétendre concurrencer le GY-HM200. Mais avec son gros capteur, son zoom "court", sa simple bague et ses fonctions réseau limitées, c'est une option un peu différente.
Sony PXW-X70


(JVC GY-HM200)

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