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Test Fuji X-T3

Des performances inédites, axées vidéo

 

13 septembre 2018 par Benjamin Tantot

FUJI X-T3 + XF 18-55MM NOIR

Prix fabricant : 2200 Euros
 

ouverture Fuji X-T3

La rentrée 2018 n’a pas été de tout repos. Vous n’êtes certainement pas passé à côté des nouveaux hybrides annoncés par les grands noms de l’audiovisuel, le Canon EOS R ou encore les Nikon Z6/Z7. Les géants ont décidé de réagir et commencent à prendre sérieusement en considération l’hybride qui est déjà un marché de réussite et d’avenir pour la marque Sony.


Parmi toutes ces sorties, une a été un peu plus discrète, c’est le Fujifilm X-T3, le dernier hybride de la marque. Contrairement à Canon et Nikon, Fujifilm ne semble toujours pas être intéressé par le plein format et continue de produire des capteurs APS-C.


Fuji X-T3

En 2016, le X-T2 avait déjà beaucoup révolutionné sa version précédente, avec un nouveau capteur, une meilleure définition d’image, un autofocus beaucoup plus performant ou encore une montée ISO beaucoup plus homogène.


Aujourd’hui le X-T3 semble, à première vue, très similaire physiquement : l’ergonomie, à deux ou trois détails près, est strictement la même.


En revanche, à l’intérieur, le X-T3 propose des performances inédites, tout particulièrement axées sur la vidéo, qui n’avaient jamais été le point fort de Fujifilm, dont les boîtiers séduisent plus le secteur de la photo, avec une reproduction des couleurs assez réputée et un design revendiqué vintage.


Étonnant et surprenant, le Fujifilm X-T3 est le premier appareil hybride APS-C à proposer une vidéo au format 4K 60i/s sur 10bits. C’est une performance que l’on retrouve déjà chez Panasonic avec le GH5, mais sur un capteur 4/3. De plus, le X-T3 possède un nouvel autofocus de 2.16 M pixels à détection de phase.


A la prochaine mise à jour, le X-T3 pourra prendre en charge l’enregistrement vidéo en HLG (hybrid log gamma) pour le grand bonheur des vidéastes. Le F-log est également disponible en vidéo.


Nous voilà donc avec un boîtier qui semble proposer des performances équivalentes voire peut-être supérieures à celles d’un Sony A7III ou encore d’un Panasonic GH5.


De plus, le X-T3 est moins cher que ses concurrents, le boîtier nu est proposé à 1499€, ce qui est aussi moins dispendieux que sa version précédente (le X-T2 à sa sortie était proposé boîtier nu à 1 699 €).


Est-il à la hauteur des performances qu’il annonce ? Sa proposition est-elle cohérente par rapport aux concurrents actuels qui ont déjà plus d’un pied dans le secteur de la vidéo?


C’est ce que nous allons voir à travers cet article et les différents fichiers vidéo. Le boîtier est testé avec l'optique XF 18-55mm f/2.8-4 OIS et le XF 56mm f/1.2.



> LIRE LA SUITE : Design / Prise en main / Autonomie

Design / Prise en main / Autonomie

Fuji XT-3

Physiquement, le X-T3 est une réplique de son grand frère le X-T2. Le design, le châssis, la répartition des boutons sont exactement les mêmes. Les deux boîtiers sont aussi résistants aux intempéries.


On peut cependant compter quelques micro-changements.


Le X-T3 est légèrement plus grand en hauteur et en profondeur que le X-T2, ce qui implique un changement au niveau du grip batterie externe. Il faudra désormais acheter la poignée-grip VG-XT3, les anciens grips ne pourront pas s’adapter.


Le nouveau boîtier Fujifilm est un peu plus lourd que la version précédente pour un poids d’environ 539 g, batterie et carte comprises.


Désormais au niveau du viseur électronique, le réglage de la dioptrie est verrouillable, empêchant un changement involontaire. Certains boutons sur les épaules du Fuji sont légèrement plus proéminents et profonds. Mais sans avoir le X-T2 sous les yeux, on passe un peu à côté de ces évolutions.


Fuji X-T3

La prise en main quant à elle reste similaire à ce qu’on peut ressentir avec le X-T2. On a une sensation de robustesse et de solidité entre les mains. Toutefois le grip reste assez peu prononcé et pourrait déplaire aux mains les plus larges. Dans ce cas-là, le grip « poignée supplémentaire » pourrait ajouter un confort non négligeable.


Fuji X-T3

En revanche, le grip batterie n’est plus une nécessité (comme c’était le cas avec le X-T2) pour booster l’appareil au niveau du mode rafale, ou encore pour réduire le temps d’attente entre deux déclenchements.


Ce qui distingue également les boîtiers Fujifilm des autres marques, ce sont les nombreuses molettes de commande/sélection. Elles permettent d’accéder à la plupart des réglages (correction d’exposition, temps de pose, iso, ouverture), de manière manuelle, sans avoir à entrer dans les menus de l’appareil. Ça ne plaît pas à tout le monde, mais si vous être nostalgique des premiers appareils rétro/vintage, cela va certainement égayer votre pratique.


Fuji X-T3

Côté autonomie, le Fujifilm X-T3 possède deux emplacements pour carte mémoire SD ; tous deux compatibles UHS-II, ce qui n’est pas le cas par exemple sur le Sony A7III et encore moins sur les derniers hybrides de chez Nikon et Canon, qui ne possèdent qu’un seul emplacement.


La compatibilité UHS-II permet l’utilisation de cartes V60 ou plus ; ce qui s’avère nécessaire pour enregistrer des vidéos avec un débit de 400Mbit/s ou encore pour utiliser un mode rafale à haute vitesse.


Il est ensuite possible de paramétrer l'enregistrement sur les deux cartes. Par défaut, la seconde carte n’est utilisée qu’à partir du moment où la première est pleine. Il est aussi possible d’enregistrer à la fois sur les deux cartes, une fonctionnalité qui rassure, à juste titre, nombre de professionnels. Et puis on peut séparer le RAW du jpeg.


Fuji X-T3

Côté batterie, le modèle reste inchangé par rapport au X-T2 ; on recourt toujours à la NP-W126S, c'est pratique en cas d'évolution de passage du XT-2 au X-T3. L’autonomie pour les images fixes est cependant un peu améliorée avec 390 images, selon la norme CIPA. Dans la pratique, on va pouvoir monter un peu plus haut, à partir du moment où le boîtier est éteint quand il n’est pas utilisé. Mais l’autonomie reste toujours un peu moins importante que celle d’un GH5 et ou celle du Sony A7III.


En revanche, en vidéo, les performances de l’appareil consomment très rapidement : comptez 55 à 75 minutes selon que vous filmez en 4K ou en FullHD, détection de visages désactivée. Sinon, l'autonomie batterie baisse à 40-45 minutes. D'après nos tests, comptez 90 min max avec une utilisation mixte photo et vidéo. Notez que la batterie se recharge assez vite (environ 1h30 à 2h).


Le grip batterie externe conçu pour le X-T3 devient quasiment une nécessité, permettant d’atteindre une autonomie d’environ 1100 images. De plus, le passage de l’appareil à une nouvelle batterie n’interrompt pas un enregistrement vidéo ou encore une prise de vue en rafale.


Fuji X-T3

La vitesse de mise sous-tension du Fujifilm X-T3 est d’environ 1.16s, ce qui est dans la moyenne assez rapide.


Au niveau des connectiques, aucune ne manque à l’appel. Pour les vidéastes, une prise micro jack 3.5mm est présente, ainsi qu’une sortie casque. Cette dernière n’est pas systématiquement intégrée à tous les boîtiers, on peut penser par exemple au Sony A6500 qui est dans une gamme assez proche du X-T3.


On retrouve une prise USB de type C en USB 3.1 de première génération qui permet aussi de recharger la batterie ou d’alimenter directement le X-T3 pendant son utilisation. Fujifilm précise qu’une batterie Anker peut être utilisée dans ce cas.


Ensuite, on dispose d'un mini port HDMI de type D, offrant en vidéo la possibilité de filmer en 4K DCI 60i/s 4:2:2 10 bits. En comparaison, Panasonic avec son GH5 promet également une 4K 60i/s 4:2:2 10 bits mais la marque a fait le choix d’intégrer une sortie HDMI (non mini) offrant une plus grande résistance.


Chose agréable, qu’on voit assez peu, le cache de protection des connectiques est amovible. On peut l’enlever entièrement pour faciliter l’accès aux périphériques.



(Test Fuji X-T3)

Écran, viseur

Fuji X-T3
Le X-T3 possède un écran LCD 3 pouces d’environ 1.04 millions de points. L’écran est orientable à 90° vers le haut et 45° vers le bas. On peut également déverrouiller l’écran pour l’orienter environ à 60° sur le côté afin de faciliter par exemple la prise de vue en mode portrait. C’est un mécanisme assez intéressant qui va permettre de couvrir plus d’angles. On ne le retrouve pas, par exemple sur le Sony A7III.
Fuji X-T3

Mais on déplore toujours le manque d’écran orientable à 180° pour les vloggers qui habituellement facilite grandement leur pratique, comme ça peut être le cas sur le GH5.


En solution de secours, on peut utiliser la connexion au Smartphone en wifi et Bluetooth, afin d’avoir un retour vidéo.


L’écran tactile est désactivé par défaut. Il faut aller dans le menu pour l’activer. Il nous permet de déplacer les points d’autofocus, de déclencher une photo, de naviguer dans le menu rapide et non dans le menu principal, ou encore de faire défiler les clichés capturés.


Le tactile peut être aussi intéressant, couplé, dans son utilisation avec le viseur pour déplacer plus rapidement les points d’autofocus. On peut également personnaliser la zone de l’écran qui sera tactile avec le viseur, choisir plutôt la partie droite, la partie gauche ou inférieure. L’écran est assez réactif. Cependant, si on veut bien conserver le doigt sur le déclencheur et la main sur la poignée, le joystick sera un peu plus simple à utiliser pour déplacer les points d’Autofocus.


Le tactile donne également un accès plus rapide à certaines fonctions, qu’on va attribuer à un geste précis. Un balayage de l’écran vers le haut, le bas, la gauche ou la droite. Cependant, on a vite tendance à invoquer ces raccourcis quand on ne les attend pas et ça vient parasiter notre interface de prise de vue. Toutefois, on peut les désactiver.


visur Fuji X-T3

Le Fujifilm X-T3 est également équipé d’un viseur OLED, 0.5 pouces, à haute résolution, d’environ 3.69 millions de points. Le viseur affiche une fréquence de rafraîchissements pouvant atteindre les 100 images par seconde en mode boost et Fujifilm annonce également un décalage d’affichage d’environ 0.005s.


Cela va faciliter le confort visuel, pour des suivis rapides et des prises de vue en continu.


Fuji X-T3

D’ailleurs le Fujifilm X-T3 propose un nouveau « mode visée sports », permettant de photographier jusqu’à 30i/s en utilisant l’obturateur électronique sans « black-out », sans images noires à l’écran.


Cependant, ce mode impose un recadrage 1.25x, offrant une prise de vue à 16.6Mpx. La ligne du recadrage est visible sur l’écran, ce qui permet d’anticiper l’action et de la voir arriver à l’écran.


display mode Portrait

Avec l’obturateur mécanique, la rafale descend à 11i/s, ce qui reste une valeur correcte. En revanche, le buffer est assez limitant, en mode sport, 60 jpeg et 35 Raw compressé ou avec l’obturateur mécanique, 145 jpeg et 42 RAW compressé.


Chose intéressante, les affichages changent également d’orientation quand l’appareil est tenu en mode portrait. C’est une option qu’on retrouve également sur le Canon EOSR.



(Test Fuji X-T3)

Qualité d’image, sensibilité ISO

Fuji X-T3

Le X-T3 sort des fichiers JPEG d’environ 10 à 15 Mo en mode qualité d’image sur FINE. Fujifilm a réduit la sensibilité ISO minimale à 160 pour une plage pouvant s’étendre à 25 600iso.


Sa version précédente gérait déjà assez bien le bruit numérique en fonction de la montée en ISO. Cette montée ne fait pas non plus défaut au Fujifilm X-T3. Dans l’ensemble, le boîtier gère plutôt bien ce grain. Alors, bien sûr, quand on zoome dans l’image, aux alentours de 3200 Iso, le bruit commence à être visible. Mais le grain reste assez fin et ne perturbe pas la qualité globale de l’image, et ce jusqu’à 6400/12 800iso. Après, le grain commence vraiment à être beaucoup trop visible.


Iso 12800

Iso 12800


 


Fuji X-T2
Fujifilm propose également une option de réduction de bruit sur 5 paliers. Le grain est dans ce cas-là légèrement voilé. Il faut bien zoomer dans l’image pour le remarquer, mais ça permet de monter jusqu’à 12 800 iso, sans que le grain soit encore trop gênant et visible.
Fuji X-T2

En vidéo, Fujifilm propose aussi la « réduction de bruit entre IMG 4K », qui adoucit un peu le bruit sans diminuer la qualité de l’image.


Fuji X-T3

Il faut saluer également la reproduction des couleurs et des teintes. Fujifilm a beaucoup d’expériences en la matière, et c’est tout particulièrement visible à travers la colorimétrie des visages. On retrouve aussi les différents modes de simulation de film, fidèles à la marque.


Fuji X-T3
Petite nouveauté, le X-T3, propose une nouvelle fonction de réglage monochrome, permettant de réchauffer ou de refroidir l’image en noir et blanc. Pourquoi pas, c’est une option créative de plus. C’est un résultat qu’on peut obtenir également en retouche photo.
Fuji X-T3
Fujifilm propose aussi l’effet Chrome, qui est censé mieux reproduire les dégradés des couleurs vives et saturées. Le changement est assez subtil, ça a tendance à assombrir légèrement les couleurs très saturées.
Fuji X-T3

Le X-T3 propose également une option pour contrôler un peu plus la dynamique, notamment lors de scènes contrastées, et ramener des informations dans les hautes lumières. L’appareil propose 4 modes, 100 %, 200 %, 400 % ou auto. Cette option augmente légèrement le nombre d’informations récupérées dans les hautes lumières.


Fujifilm propose aussi la fonction Priorité plage D, qui semble agir encore plus sur la plage dynamique. Le mode FORT est activable à partir de 640 ISO. La marque n’est pas plus explicite sur le fonctionnement concret de ce réglage.


Ce sont des fonctionnalités intéressantes pour les amateurs de JPEG, qui permettent de sortir tout de suite un fichier avec un contraste réduit. Mais le RAW sera toujours un peu plus efficace pour conserver des détails dans les basses et hautes lumières.


Enfin signalons que le X-T3 ne dispose pas de flash intégré. Cependant, il est équipé d’une griffe pour recevoir un flash externe. D’ailleurs, Fujifilm en fournit un dans le pack, le EF-X8, à fixer sur la griffe de la caméra. Il faudra malgré tout s'orienter vers d'autres modules si on cherche un flash plus puissant.



(Test Fuji X-T3)

Autofocus

L’autofocus est un élément important sur le XT-3. Le nouveau capteur intègre 2.16 millions de pixels à détection de phase, avec une couverture de 100 %.


Fujifilm a également étendu la sensibilité de son autofocus de -1 à -3IL, le rendant un peu plus réactif en basse lumière.


En photo, on a le choix entre 425 points d’autofocus, pour effectuer précisément une mise au point automatique à l’endroit souhaité.


Fuji X-T3

Comme beaucoup de boîtiers aujourd’hui, le X-T3 propose la détection du visage et de l'oeil. D’ailleurs, contrairement à l’A7III par exemple, la détection de l'oeil reste disponible en vidéo avec le mode AFC. Dans l’ensemble, la réactivité de l’autofocus du X-T3 est vraiment surprenante et quasiment similaire à l’autofocus de l’A7III. Cependant en photographie, le Sony semble avoir un peu plus de facilité que le X-T3 à conserver le point d'autofocus sur les yeux. 


Fuji X-T3

Fujifilm propose aussi plusieurs options afin de personnaliser l’autofocus. En photo avec le mode AFC, on a le choix entre 5 scénarios préconfigurés pour un type de scène, d’action en particulier.


réglage

En vidéo, également, le paramètre de sensibilité de suivi et la vitesse de l’AF sont paramétrables selon une échelle du plus lent au plus rapide. D’ailleurs Fujifilm illustre chaque vitesse d’autofocus avec une animation.


Cependant, c’est dommage, il lui manque un mode de suivi personnalisé, qu’on pourrait éventuellement déclencher avec le tactile, comme c’est souvent le cas sur les appareils Canon. Là, avec le Fujifilm X-T3, il faut essayer de conserver le sujet sur la zone d’autofocus quand elle est plus réduite, ou alors, en zone large, s’assurer qu’il y ait un seul sujet dans la cadre, sinon le boîtier privilégiera plutôt le sujet le plus proche de la caméra.


focus peaking

Côté vidéo, en mise au point manuelle, Fujifilm propose du focus peaking avec le choix entre 4 couleurs et 2 niveaux d’intensité.


On peut également choisir d’activer la loupe de mise au point, soit avec la molette arrière, soit en faisant simplement glisser la bague de mise au point. De plus, pour les vidéastes, quand un enregistrement vidéo est lancé, on peut toujours activer la loupe de mise au point afin de s’assurer que notre sujet est toujours bien net. Cela peut être pratique dans certain cas (conférence/interview), où l’on essaye de ne pas couper l’enregistrement pendant un discours, mais qu’on souhaite quand même vérifier le point, voire même l’ajuster si le sujet se déplace.


scenarios
De manière générale, même en vidéo, l’autofocus est très réactif, le visage est assez vite détecté, les yeux aussi, même si le boîtier semble avoir un peu plus de mal à suivre l’œil dans un mouvement.


(Test Fuji X-T3)

Modes Vidéo / audio

On ne peut parler du Fujifilm X-T3, sans parler des performances impressionnantes en vidéo.

D'abord, le boîtier propose en sortie HDMI de la 4K DCI 60i/s 10 bits en 4:2:2.


C’est également le premier boîtier hybride APS-C à proposer de la 4K 60i/s 4:2:0 10 bits directement en interne sur la carte mémoire. Les derniers boîtiers Sony ne le proposent pas, seul le GH5 de chez Panasonic égale ces capacités.


Au niveau des formats, le X-T3 propose de la 4K DCI, de la 4K UHD, du 2K et du Full HD. En 4K à 30i/s, le boîtier n’impose aucun crop, par contre il subit un recadrage d'1.18x à 60i/s.


Fuji X-T3

On a ensuite le choix du débit pouvant monter jusqu’à 400Mbits uniquement en H.265 pour la 4K DCI et 4K UHD en ALL-Intra ou Long GOP, avec les cadences de 23.98, 24.00, 25,00 ou 29.97i.s.


A 50.00 ou 59.94i/s, le débit max est de 200Mbits. Par contre à 50.00 ou 59.94i/s, le débit max est limité à 200Mbits.


Ensuite, le choix du codec est possible. Fujifilm propose un codec nouveau pour la marque, le H.265 (HEVC), qui, contrairement au H.264, permet au boîtier d’enregistrer sur 10 bits en interne, de monter en débit à 400 Mbits et de filmer à 60i/s en 4K DCI. A ce niveau, visuellement, il est difficile de noter une différence entre le H.264 et le H.265.


En revanche, il faut bien vérifier que vos périphériques soient compatibles avec la norme H.265 (HEVC) pour pouvoir lire vos fichiers.


Sur le X-T3, en H.265, on va également pouvoir choisir le taux de compressions de vidéo ; on a le choix entre le Long GOP et l’Intra-image.


Le long GOP est censé fournir une image bien équilibrée entre qualité et compression élevée. Les fichiers seront aussi un peu plus légers. Le Long GOP est disponible pour toutes les résolutions et cadences d’images proposées par le X-T3. En H.264, le débit max du Long GOP est de 200Mbits et n’est codé que sur 8 bits. L’H.265 permet d’élever le débit à 400Mbits en 4K et de coder sur 10 bits.


L’intra-image, lui, de son côté, a l'avantage que chaque image est compressée de manière séparée mais les fichiers sont un peu plus lourds. De plus, avec ce mode de compression, le 60i/s et le 50i/s 4k ne sont pas disponibles.


Dans la pratique, visuellement, entre ces deux modes de compression, il n’y a quasiment aucune différence et ce, même en zoomant dans l’image.


Le Full HD est aussi loin de démériter, comme on va pouvoir l’utiliser à un débit de 200 Mbits. Ce qui lui permet de fournir une Full HD plus définie que, par exemple, le Sony A7III.


Fuji X-T3

Ensuite, le X-T3 propose aussi un mode slow motion à 120 ou 100i/s, avec le choix de la cadence de lecture (24p, 25p ou 50p) ce qui permet de visionner le plan directement au ralenti. Ce mode implique cependant un crop d’1.29x à l’image. Le fichier est enregistré à 200Mbits, permettant d’obtenir une image d’assez bonne qualité pour du Full HD.


Notons toutefois, que le GH5, lui, propose du 180i/s.


Chaque résolution et cadence peuvent être enregistrées jusqu’à la limitation de 30min, sauf pour la 4k à 60/50i/s, la durée max descend à 20 minutes. Le Fuji n'est donc pas un "camescope".


Pour l’instant, les fichiers vidéo du X-T3 sont limités à 4GB. Mais Fujifilm a annoncé que dans le prochain firmware 2.0, la limitation sera levée, à condition d’utiliser une carte de plus de 32 Go.


La marque annonce également la sortie du HLG en 4K HDR, disponible dans le prochain firmware 2.0, prévu pour Décembre 2018, afin de capturer plus d’informations, notamment de scènes à fort contraste.


Pour exploiter toute la plage dynamique de l’appareil, le F-log est disponible en interne sur la carte, avec un minimum de 640ISO. Il nécessite évidemment une étape d’étalonnage. Fujifilm propose d’ailleurs des LUT disponibles sur leur site, pour pré- étalonner leur log.


On peut également utiliser en vidéo toutes les simulations de films disponibles en photo, avec par exemple le profil Eterna/CINEMA, qui permet d’avoir une image plus douce, avec des tons moins saturés que le profil standard.


Dans le menu, on peut paramétrer la sortie HMDI ; décider d’enregistrer en 4K à la fois sur la carte et en sortie HDMI ; uniquement la 4k sur la carte et du full HD en HDMI ou du FULL HD en interne et en sortie. Tout est possible. On peut aussi envoyer les affichages en sortie HDMI ; d’ailleurs, l’écran du boîtier ne s’éteint pas, ce qui n’est pas le cas, par exemple, de l’A7III.


Le boîtier propose le focus peaking, ainsi que les zebra, paramétrables sur une échelle de 50 % à 100 %.


On peut cependant regretter de ne pas avoir plus d’outils d’aide à l’exposition comme le vecteurscope et la waveform, qui sont présents sur le GH5.


Fuji X-T3

Le rolling shutter est présent sur ce modèle, mais il est plutôt bien maîtrisé dans l’ensemble, surtout en comparaison du Sony A6500 qui, lui, subit des distorsions assez marquées.


Fuji X-T3

Côté audio, comme sur la plupart des boîtiers, on peut enregistrer automatiquement avec les micros intégrés du boîtier. Quitte à utiliser le micro intégré du Fujifilm X-T3, autant l’exploiter en réglage manuel, et baisser le niveau, afin de limiter le souffle parasite.


La prise de son n’est pas extraordinaire et le bruit de fond est assez présent. Pour l’extérieur, Fujifilm propose un filtre anti-vent, mais la différence n’est franchement pas flagrante. Avec la prise mini-jack, on peut utiliser un micro canon sur la griffe de l’appareil, ou alors on peut utiliser un enregistreur audio externe.


Le X-T3 propose aussi un limiteur de niveau, un filtre passe-bas et on peut aussi régler le volume du casque.


Fujifilm ne propose pas de boitier XLR en option, comme le fait Panasonic pour son GH5. En revanche, il propose en accessoire, un microphone stéréo (MIC-ST1) à utiliser directement sur la griffe de la caméra. Le micro est a acheté séparément.



(Test Fuji X-T3)

Stabilisation

Mnu tabilisation Fuji X-T3


La plus grosse déception de ce boîtier, c’est le manque de stabilisation mécanique du capteur, qui est déjà un standard chez ses concurrents, comme le Gh5 ou encore le Sony A7III.


Fait aggravant, Fujifilm possède beaucoup d’optiques non stabilisées. En photographie, on peut paller ce problème en augmentant les ISO et la vitesse d’obturation, ce qui n’est qu’une solution temporaire, notamment en basse lumière. A main levée, cela va dépendre de la focale utilisée, mais avec une optique non stabilisée, les photos en dessous d’1/60s étaient légèrement floues la plupart du temps.


En vidéo, l'absence de stabilisation du capteur oblige à garder l’appareil sur pied ou sur un stabilisateur externe. Il existe aussi la solution de la stabilisation en post-production, mais elle peut être chronophage et ajouter parfois quelques distorsions indésirables.


Pour l’instant Fujifilm propose la stabilisation mécanique uniquement sur le X-H1.



(Test Fuji X-T3)

Montage

montage

Les fichiers vidéo du XT-3, dans la mesure où ils ne sont pas propriétaires, ne sont pas censés poser de problème particulier, d'autant que l’extension .MOV est très standardisée. Mais la teneur des fichiers en elle-même pourra poser des difficultés aux configurations informatiques peu puissantes puisqu'on dispose à la fois de débits en 200 Mbits/s et 400 Mbits/s. Si le processeur de votre ordinateur et sa mémoire vive s'avèrent insuffisantes, il en résultera des saccades intempestives allant même jusqu'au blocage de l'image. Vous pouvez tester votre compatibilité en téléchargeant nos fichiers-tests.


Il existe heureusement un solution fonctionnelle de plus en plus répandue, celle de convertir directement les lourds fichiers originaux en fichiers Proxy, au débit bien plus légers. Et de "conformer" au moment de l'export. C'est une solution un peu chronophage, le temps de convertir les fichiers, mais elle a le mréite d'exister et de très bien marcher. Pour FCPX spécifiquement, voir notre tuto à ce sujet (accès Premium).


Dans une moindre mesure, le recours au standard de compression H.265 peut aussi se solder par une incompatibilité avec certains systèmes d'exploitation non-récents. Ainsi sur Mac, et pour ne citer que cet exemple, le H265 est illisible sur Mac Sierra et systèmes antérieurs, il faut passer à High Sierra au minimum ou convertir avec un logiciel comme Handbrake.


Enfin, les fichiers bénéficiant d'un haut débit, pèsent lourd, des dizaines et des dizaines de Go pour quelques poignée de secondes. Il faut donc tenir compte d'espace suffisant sur le(s) disque(s) destinés à accueillir les rushes.


Chapitre Montage rédigé par Thierry P. Autres chapitres Benjamin Tantot.



(Test Fuji X-T3)

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FUJI X-T3 + XF 18-55MM NOIR

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