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Monter ses films SD ou HD

Avantages et inconvénients de chaque format

 

19 juin 2008 par Antoine Désir

 

Le montage vidéo est l'un de ces usages de l'informatique où il faut encore soigner le choix de l'ordinateur. Plus exigeante que la photo ou que l'audio, la vidéo supporte rarement les configurations d'entrée de gamme. Mais avec quel ordinateur faire du montage ? Faut-il vraiment une bête de course ? En fait, tout dépend du format de vos sources et de la destination du montage.

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DV

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À tout seigneur, tout honneur, le format DV règne en maître sur la vidéo grand public. Il est caractérisé par l'utilisation de bandes et d'une compression assez faible de chaque image séparément. La conséquence est une très bonne aptitude au montage :



  • -faible perte en cas de travail de l'image (grâce à la faible compression de type JPEG),
  • -faible puissance de calcul nécessaire pour le traitement (toujours grâce à sa compression simple),
  • -travail à l'image près sans problème, car chaque image est encodée indépendamment des autres,

 


Par contre, il implique :



  • -de grosses capacités de disque: 13 Go par heure de vidéo brute (la rançon de la compression simple),
  • -un transfert aussi long que la durée de la vidéo à transférer (du au système de bande),
  • -une définition limitée à l'heure de la Haute Définition (HD), avec un maximum de 414 720 pixels (720 x 576).

 


Les professionnels lui reprocheront une fiabilité moyenne (à cause de la densité et la fragilité de la bande, partiellement résolue avec le DVCam) et un sous-échantillonnage trop fort (4:2:0 en PAL et 4:1:1 en NTSC).


Ce format est encore le plus répandu dans le grand public. On peut monter les vidéos issues des caméscopes DV avec des ordinateurs considérés comme modestes actuellement, ou d'anciens ordinateurs (plus de 5 ans). Ces ordinateurs devront quand même intégrer deux composants indispensables :un port FireWire, aussi appelé DV ou IEEE1394 par certains fabricants ou iLink par Sony. Sauf exception récente et non recommandée, la vidéo DV transite toujours par ce type de connexion.

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un disque dur conséquent (plusieurs dizaines, voire centaines de Go), assez rapide (7200 tr/min de préférence) pour assurer un flux régulier. Un disque dur externe dédié à la vidéo, relié en FireWire est conseillé.


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L'algorithme de compression étant assez simple (de type JPEG) et la compression étant propre à chaque image, la puissance du processeur est peu importante. On faisait du DV avec des Pentium 3 ou des PowerPC G3, même si les disques ne suivaient pas toujours. Bien sûr, les programmes actuels en demandent bien plus. Ce sont donc eux, avec leurs effets, filtres et transitions évolués, qui imposeront un minimum, pas la vidéo elle même. De même,la quantité de mémoire requise est assez faible, celle des anciens ordinateurs convenait (256 Mo suffisait bien). Actuellement, c'est le système d'exploitation et le programme de montage qui utiliseront cette mémoire. Certains sont même anormalement gourmands : prévoir 512 Mo à 1 Go selon le système et le logiciel de montage. Pour l'écran, l'idée est la même : un écran XGA (1024 x 768), par exemple avec un simple tube de 17 pouces, sera bien suffisant pour les logiciels de montage basiques. Les plus grands écrans seront mis à profit pour afficher la vidéo en pleine définition (768 x 576 à l'écran), avec les outils de montage en plus.


(Monter ses films SD ou HD)

MPEG-2 SD

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Arrivé avec le DVD (caméscopes à DVD, enregistreurs de DVD), puis la TNT (DVB-T), le format MPEG-2, maintenant mature, s'impose aussi sur les disques durs des caméscopes. Il participe à l'élimination de la bande magnétique dans la vidéo, mais reste un format de diffusion, pas forcément adapté au montage. Il est en effet basé sur une compression lourde par groupe d'images (GOP), souvent long (12 images par groupe),ce qui signifie que deux images consécutives ne sont plus indépendantes. Ce qui peut être au détriment de la qualité d'image.


Le MPEG-2 apporte :



  • -un encombrement assez faible, compris entre1 et 4 Go par heure de vidéo (grâce à la forte compression),
  • -un transfert rapide vers l'ordinateur (aussi vite que l'appareil peut transférer un fichier),
  • -un passage sur DVD facilité, puisque c'est le même format.

Mais, au montage, il implique :



  • -une puissance de calcul importante pour décoder les images (pour retrouver une image, il faut en fait en décoder plusieurs),
  • -une dégradation sensible lors du travail sur l'image (la compression est forte),
  • -une quantité de mémoire plus importante pour prendre en charge les groupes d'images (GOP).

 


Aucun équipement spécifique n'est nécessaire pour traiter du MPEG-2. Une prise USB-2 (présente sur tous les ordinateurs assez récents) suffit pour le transfert. On veillera par contre à ce que le processeur ne soit pas trop poussif et que la mémoire soit assez large : prévoir un Pentium 4 ou un Athlon assez rapide (plus de 2 GHz) pour les PC, un processeur G4 rapide (plus de 1 GHz), G5 ou Intel pour les Mac. On n'hésitera pas à atteindre et dépasser 1 Go de mémoire si on veut monter tranquillement.


Ce format n'est pas utilisé par les professionnels en captation et montage. Il ne faudrait pas exagérer non plus...

Tous les ordinateurs récents (année 2006, 2007) sont capables de traiter ce format, même les portables. Mais que faire si l'ordinateur existant est à la peine ? Transformer le MPEG-2 en DV à l'aide d'utilitaires comme MPEG Streamclip. Ce qui nous fait revenir au chapitre précédent (DV)...


Comme pour le DV, un écran XGA (1024 x 768) sera bien suffisant pour les logiciels de montage basiques. Les plus grands écrans seront mis à profit pour afficher la vidéo en pleine définition (768 x 576 à l'écran), avec les outils de montage en plus.

Passons maintenant à la haute définition !



(Monter ses films SD ou HD)

HDV

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Image SD dans une image HD, cette dernière contient cinq fois plus de points.
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Avec le HDV, on passe à la haute définition. Pas tout à fait complète, puisque le HDV 1080i, s'il contient bien 1080 lignes, se contente de 1440 points en largeur, contre 1920 pour la haute définition complète (Full HD). Le HDV utilise une compression MPEG-2 pour faire tenir la haute définition dans le débit qui était celui du DV (25 Mbits/s), permettant l'utilisation des mêmes bandes. On se retrouve donc avec les contraintes du DV, et les défauts du MPEG-2, ce qui en fait un format de transition.


 

Il apporte :



  • -une définition proche de la HD (1280 x 720 ou 1440 x 1080),
  • -une compatibilité avec le DV (même support, même débit),
  • -un stockage sur bande, ce qui permet d'archiver les vidéos sur le support de tournage, en tout cas les rushes.

 


Il implique :



  • -de grosses capacités de disque : 13 Go par heure de vidéo brute,
  • -un transfert aussi long que la durée de la vidéo à transférer,
  • -une puissance de calcul importante pour décoder les images,
  • -une lenteur lors de l'export sur bande s'il nécessite un réencodage,
  • -une dégradation de la qualité de l'image lors des modifications,
  • -une quantité de mémoire plus importante pour prendre en charge les groupes d'images (GOP).

 


Comme pour le DV, les professionnels lui reprocheront une fiabilité moyenne et un sous-échantillonnage trop fort (4:2:0).


Comme pour le DV, il faut que l'ordinateur soit équipé d'une prise FireWire et de disques assez importants, mais qui restent considérés comme modestes pour de la HD. Le processeur devra être capable de traiter en temps réel la compression et décompression des images HD encodées en MPEG-2. Cela implique des processeurs récents (Pentium 4 supérieur à 3 GHz ou Athlon équivalent, G4 bipro, G5 ou Intel pour les Mac). Dès que le travail s'intensifie, il faudra doubler le processeur. De même, la quantité de mémoire nécessaire s'envole (une image HDV contient  4 fois plus de points qu'une image SD). Pour bien travailler, 1 Go est un minimum, 2 Go semblent corrects et 4 Go seront confortables. C'est parfois la limite de l'ordinateur qui dictera la quantité de mémoire embarquée !

Les ordinateurs récents et bien équipés (processeur, mémoire, disque, connectique) traiteront ce format. Les portables devront être bien dotés ou récents (2006) pour absorber la charge. L'encodage en HDV, pour remettre la vidéo montée sur bande, peut être laborieux si le processeur n'est pas assez puissant.


Pour l'écran, l'idéal sera un écran HD. Un écran WSXGA (1600 x 1024) est acceptable, mais l'affichage du Full HD exige un écran WUXGA (1920 x 1200). Même si certains portables sont dotés d'écrans à haute résolution affichant en HD, le confort de travail implique des écrans de diagonale supérieure à 22". Comme ils traitent de la vidéo et que le respect des couleurs est exigé, l'écran sera une pièce coûteuse de l'ensemble !


(Monter ses films SD ou HD)

AVCHD

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Le AVCHD est un codec moderne et complexe. D'abord parce qu'il inclut de nombreuses définitions d'image, du 720 x 480 au 1920 x 1080, en passant par le 1280 x 720. Le tout en images entrelacées ou progressives... Ensuite car, bien qu'il fasse partie de la famille MPEG-4, il utilise des algorithmes complexes (H.264) pour compresser fortement l'image. On estime que la même qualité d'image est obtenue avec un débit deux fois moindre que pour le MPEG-2. Et justement, les débits du AVCHD ne sont pas figés. Ils peuvent varier autour de plusieurs valeurs, du très compressé à 5 Mbits/s au plus qualitatif à 24 Mbits/s, bien que les caméscopes actuels ne dépassent pas le 16 Mbits/s.


Il apporte :



  • -une définition allant jusqu'à la HD complète (1920 x 1080),
  • -une économie de bande passante et de stockage (débit moindre que le DV, alors que c'est de la HD),
  • -une quasi-indépendance par rapport au support de stockage, puisqu'il se décline actuellement sur carte mémoire, disque dur et DVD 8 cm.

 


Il implique :



  • -une puissance de calcul très importante pour décoder les images,
  • -une dégradation sensible lors du travail sur l'image,
  • -une quantité de mémoire plus importante pour prendre en charge les groupes d'images (GOP).

 


Comme pour les autres codecs grand publics, les professionnels lui reprocheront une fiabilité moyenne (sauf pour le support carte), un sous-échantillonnage trop fort (4:2:0) et une compression trop forte (dans les débits actuels).


Comme les débits sont faibles, la taille des fichiers contenant les vidéos est faible, le transfert vers l'ordinateur se fait donc assez rapidement via une prise USB, en attendant le transfert sans fil. Le processeur devra être capable de décompresser des images HD encodées en H.264. Cela implique des processeurs très récents, à plusieurs coeurs (Core Duo, Athlon X2, Core 2 Duo et supérieurs), un seul étant rarement capable d'assurer une vitesse de calcul suffisante. Si le travail sur l'image exige de la productivité, il faudra multiplier les processeurs pour gagner du temps. De même, la quantité de mémoire nécessaire s'envole (une image AVCHD peut contenir 5 fois plus de points qu'une image SD). Pour bien travailler, 1 Go est un minimum, 2 Go semblent corrects et 4 Go seront confortables. Si l'ordinateur n'est pas capable d'accueillir 4 Go de mémoire, il n'est peut-être pas indiqué pour traiter du AVCHD !

Les ordinateurs récents ET haut de gamme (processeur, bus,mémoire) traiteront ce format. Les portables devront être particulièrement bien dotés ou très récents (2007) pour absorber la charge, même s'ils resteront à la peine... Même puissants, les ordinateurs actuels peuvent avoir du mal à gérer le AVCHD "natif". Actuellement, il est donc fréquent de passer par des codecs intermédiaires (DVCPRO HD, Avid DNxHD, Canopus HQ, Apple ProRes 422, Cineform HD), moins compressés, mais plus aptes au montage en temps réel. Devoir recompresser des images en H.264 à chaque modification risque de mettre à mal la patience du monteur !


Chaque logiciel de montage prenant en charge le AVCHD propose son codec (souvent propre à l'éditeur du logiciel) pour résoudre ce souci. Une fois le AVCHD transcodé et la vidéo moins compressée, on se retrouve dans le cas de figure du DVCPRO HD, ou avec des débits plus importants encore. Les logiciels traitant le AVCHD de façon native sont encore rares et les ordinateurs capables de supporter le réencodage en temps réel n'existent pas encore...


montage WUXGA
Comme pour le HDV, l'écran idéal sera un écran HD. Un écran WSXGA (1600 x 1024) est acceptable, mais l'affichage du Full HD exige un écran WUXGA (1920 x 1200). Même si certains portables sont dotés d'écrans à haute résolution affichant en HD, le confort de travail implique des écrans de diagonale supérieure à 22". Comme ils traitent de la vidéo et que le respect des couleurs est exigé, l'écran sera une pièce coûteuse de l'ensemble ! On pourra tricher en affichant une image rétrécie sur un écran plus petit, mais certains défauts pourraient ne pas apparaître lors des contrôles.


(Monter ses films SD ou HD)

DVCPro HD

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Le DVCPRO HD est un codec HD préconisé et utilisé par Panasonic, en concurrence avec le HDCAM de Sony, mais bien plus abordable. Issu de la famille DVCPRO, il est orienté vers les professionnels. Pour garder une bonne qualité d'image et un échantillonnage pro (4:2:2), Panasonic a préféré augmenter le débit et ne pas avoir recours à la compression temporelle (pas de groupe d'images). Son débit est de 100 Mbits/s, soit quatre fois celui du DV.


Il apporte :



  • -une définition proche de la HD,
  • -une compatibilité avec le DVCPRO,
  • -un échantillonnage professionnel, donc une plus grande richesse des couleurs,
  • -une absence de compression temporelle (chaque image HD reste indépendante).

Il implique :



  • -une capacité de stockage importante,
  • -un débit supérieur des disques.

 


Les professionnels apprécient son échantillonnage (4:2:2), une compression raisonnable qui rend le montage aisé (pour de la HD).


Comme pour le DV, il faut que l'ordinateur soit équipé d'une prise FireWire. Les disques doivent être imposants et offrir un très bon débit : le FireWire 400 reste possible si les travaux sont modestes, on préférera les disques internes (ATA, SATA, SCSI), le FireWire 800 ou le eSATA pour assurer un confort de travail. La vitesse, la capacité et les débits des disque modernes, à des faibles prix, permettent de ne plus considérer ce besoin de stockage comme un obstacle.


Contrairement aux codecs très compressés, le DVCPRO HD, comme les codecs HD intermédiaires (Avid DNxHD, Canopus HQ, Apple ProRes, Cineform HD) n'est pas trop exigeant pour le processeur. Ce qui permet à des ordinateurs moins récents de traiter ce format sans souci (à condition de l'équiper en disques). Un Pentium 4, un Athlon, les G4 puissants, les G5 et plus récents peuvent aborder l'acquisition,le montage et l'export en DVCPRO HD sans trop de complexe. A condition toutefois de lui adjoindre une quantité de mémoire suffisante pour absorber le débit des images. Pour bien travailler, 1 Go est un minimum, 2 Go semblent corrects et 4 Go seront confortables.


Les ordinateurs moins récents (2003 pour les plus puissants, les années suivantes pour les autres) et bien équipés (mémoire, disque, connectique) traiteront ce format. Les portables sont presque exclus, du fait des besoins en disques : les internes sont insuffisants et les externes difficilement transportables ! Comme pour tout format HD, l'écran idéal sera un écran HD. Un grand écran, respectueux des couleurs sera profitable. L'idéal étant encore de disposer d'un moniteur de contrôle HD, bien que ceux-ci soient très coûteux !


 


(Monter ses films SD ou HD)

Récapitulatif (tableau)

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(Monter ses films SD ou HD)

Conclusion

La bonne configuration dépend d'abord du codec que l'on utilise en vidéo. Du modeste DV au prétentieux AVCHD, les besoins informatiques ne sont pas les mêmes. Après des années de stabilisation, l'arrivée de la haute définition a renouvelé l'exigence de puissance. L'industrie en a profité pour échanger des capacités de stockage contre des puissances de calcul, en améliorant les algorithmes de compression/décompression. Si vous voulez faire du montage en définition standard, ne vous faites pas de souci, tout ordinateur récent fera l'affaire (vérifiez la connectique). Si vous souhaitez monter en haute définition, préparez-vous à investir !


(Monter ses films SD ou HD)

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