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Au menu de la 49e édition des Rencontres Photographiques d'Arles

15 mai 2018 par Thierry Philippon


Rendez-vous du sud hexagonal depuis 49 éditions (!), les Rencontres photographiques d’Arles investissent une nouvelle fois l'ancienne capitale de la Rome antique. Les Rencontres, comme les initiés les appellent, sont une aventure dans laquelle professionnels de la profession et public éclairé trouvent leur compte à parts égales.
 
Résultat : un premier record de fréquentation en 2016 avec 104.000 visiteurs, et un second en 2017 avec 125.000 spectateurs. Il faut dire qu’on vient de l’Europe entière découvrir cette exposition créée en 1970 par le photographe arlésien Lucien Clergue, l'écrivain Michel Tournier et l'historien Jean-Maurice Rouquette. Et pour l'anecdote, l'actuelle Ministre de la Culture, la discrète Françoise Nyssen, est présidente du directoire de la maison d'édition Actes Sud fondée par son père Hubert Nyssen, basée... à Arles ! Ca n'explique pas le succès des Rencontres mais cela ne saurait nuire à la manifestation culturelle.

 
Cette belle réussite, on la doit entre autres au nouveau Directeur des Rencontres d'Arles depuis 4 ans, Sam Stourdzé, qui a l’art de programmer un judicieux mélange entre des expositions hauts de gamme, parfois jugées hermétiques, et des thématiques plus grand-publics. Cette année, Sam Sourdzé nous convie à un « expérience spatio-temporelle » à travers les époques car la photographie, mieux que nul autre art, est le témoin vivant de notre monde si évolutif. 
 
Les Rencontres Photographiques édition 2018 présentent 30 expositions (un peu moins qu’en 2018) dans les 25 lieux les plus variés et majestueux de la cité : anciens Ateliers de la SNCF, Abbaye, Eglise des frères Pêcheurs, Palais, Chapelle, Maison des peintres, Musée, Hôtel des Arts…
 
 
MUNICH, LE 15 JUILLET 2015.
AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE , DE GALERIE C ET DE MAPS.
 
1968 et l’humanité augmentée sont deux des thèmes principaux que cette 49e édition abordera. Se faisant écho à 50 ans d'intervalle, d'un côté, on (re)découvrira la plus grande grève générale de notre temps avec des Archives de la Préfecture de Police, de Gamma‐Rapho‐Keystone, de Paris Match...
 
De l'autre, Arles nous dérange avec l'humanité augmentée, un thème fascinant et effrayant à la fois. Matthieu Gafsou, aborde ainsi le transhumanisme, un mouvement qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.  
 
Changement de cap. Avec le thème America, great again !, Arles nous emmène vers une expo portant sur le travail de Raymond Depardon. Durant l'été 1981, le célèbre photographe / cinéaste envoie de New York, pendant un mois, une photo et une légende par jour au journal Libération. Cette Correspondance new-yorkaise marquera, avec ses images hors‐champ et ses légendes décalées, un vrai tournant dans son parcours photographique.
 
 
ROBERT FRANK
BUS-STOP, DETROIT, 1955.
DON DE L'ARTISTE. COLLECTION FOTOSTIFTUNG SCHWEIZ, WINTERTHUR
 
Dans la même veine, on retrouve l'immense Robert Franck. Une expo met l’accent sur des photographies quasi inconnues de l'auteur, réalisées dans les années 1950 alors que Robert Frank voyageait à travers les États‐Unis pour son célèbre projet Les Américains.
 
Dans la très belle Abbaye DE MONTMAJOUR, vous aurez rendez-vous avec GODARD & PICASSO dont les oeuvres peuvent être comparées de façon inattendue. L’exposition se propose d’illustrer et de réfléchir à la place historique et symbolique occupée par les deux artistes au sein de leur propre discipline et au rôle d’un écrivain – Aragon – ébloui par les deux.
 
Autre expo plus intimiste qui promet par son intimisme poignant, LES FRAGMENTS DU COEUR BRISÉ DE MON GRAND-PÈRE raconte l’histoire du photographe Ali Mobasser qui tombe sur une boîte de négatifs à la mort de son grand-père. La planche-contact révèle des photos des années 1958 à 1973. Le photographe à l’origine de cette planche-contact était le grand-père d’Ali, un général du Shah d’Iran dont la joie de vivre s’exprimait à travers l’amour de la photographie et de son Rolleiflex. Ali nous fait découvrir ces moments heureux partagés par sa famille encore ignorante de la douleur qui allait succéder à la révolution de 1979. 
 
Mais vous préférerez peut-être les photos de Feng Li dont l’appareil photo a saisi des scènes fortement improbables tirées du quotidien de la ville de Chengdu, en Chine. Feng Li n’a d’oeil que pour le quotidien et c’est sans effort qu’il décèle les scènes les plus insolites du grand spectacle de la vie de tous les jours.
 
 
FENG LI
NUIT BLANCHE , CHENGDU, 2015.
AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE.
 
Les techniciens vidéo ne manqueront pas la seconde édition des VR Arles Festival. Créé par BNP Paribas, les Rencontres d’Arles et le magazine Fisheye, l’événement a accueilli plus de 35 000 visiteurs lors de l’édition 2017. Cetté année, c’est l’oeuvre VR de Julien Creuzet qui est présentée à Arles en traitant de la culture et de la circulation du maïs. Enfanté par les dieux méso-américains, cultivé depuis dix mille ans au Mexique, le maïs migre en Europe et se vend sur les marchés précaires de Barbès à Paris. Un chant constitue la voix ambiante de l’exposition tandis qu se combinent des images des paysages mexicains, objets précolombiens et vues des champs européens.
 
 
Parmi les autres annonces d’expositions qui ont retenu notre attention :
 
-Cap vers la Chine où YINGGUANG GUO s’intéresse aux mariages arrangés en Chine. Une exposition mêlant photographie documentaire, vidéo et installation pour nous montrer une réalité sociale encore bien ancrée en 2017.
 
-On retiendra également le travail de l’américain MICHAEL CHRISTOPHER BROWN qui a photographié les Cubains massés le long de l’autoroute pour voir passer le convoi militaire chargé d’acheminer les cendres de Fidel Castro, de La Havane à Santiago.
 
-Prometteur, le projet documentaire Grozny, neuf villes dévoile la réalité de la vie complexe de la capitale tchétchène. Grozny, ville complexe, où les musulmanes longilignes investissent les instituts de beauté et les hommes vrombissent au volant de leur 4x4 de sport, alors que ce même endroit était anéanti par les assauts de l’artillerie et de l’aviation russes il y a moins de 10 ans.
 
-A voir aussi le travail du du célèbre penseur Matthieu Ricard qui expose… ses photographies ! Une composition de quarante oeuvres exclusives, en noir et blanc et en grand format, imprimées sur du papier japonais Awagami, dont la technique de production remonte à 1400 ans. Témoignage de cinquante ans d’une vie de la spiritualité et notamment passée dans l’Himalaya, ces images sont présentées à Arles dans un écrin exceptionnel spécialement conçu pour l’occasion : un pavillon en bambous.
 
-Le NOUVEAU PRIX DÉCOUVERTE révèle aussi souvent des artistes particulièrement talenteux et étonnants. On retiendra l’installation interactive de Monica Alacazr-Duarte qui nous donne à réfléchir sur l’exploitation des richesses du cosmos en nous présentant des images des chercheurs et des centres de recherche scientifique à travers l’Europe.
 
-Arthur Jafa, réalisateur et artiste visuel acclamé par la critique, présente son film APEX (2013) pour la première fois en France. Ce film de 8 minutes, rythmé par une musique envoûtante, offre un scénario où différentes histoires inspirées de la culture afro-américaine prennent une dimension universelle.
 
-Enfin, WILLIAM WEGMAN nous plonge dans l'univers de l’impression grand format Polaroid de la fin des années 70  offrant une « instantanéité » tournant autour de ses célèbres braques de Weimar. Mais le thème de son xposition "Être humain" semble indiquer le contraire : ces modèles, ce sont nous ; et nous sommes eux  !
 
Bon Festival !
 
 
INFOS PRATIQUES
EXPOSITIONS DU 2 JUILLET AU 23 SEPTEMBRE INCLUS
(certains lieux d’exposition du centre-ville ferment le 26 Août)
TOUS LES JOURS DE 10H À 19H30 (dernière entrée 30 minutes avant la fermeture des portes)
Les Rencontres d’Arles sont entièrement bilingues (français/anglais)
Billetterie en ligne : rencontres-arles.com
 
Forfait Toutes expositions
Juillet/août : 35€ en ligne (42 € sur place en billetterie)
Septembre : 29€ en ligne (36 € sur place en billetterie)
Forfait Journée
Juillet/août : 28€ en ligne (35 € sur place en billetterie)
Septembre : 26€ en ligne (33 € sur place en billetterie)
Entrées lieux à l’unité : 6€
Gratuité : jeunes de moins de 18 ans, personnes à mobilité réduite, bénéficiaires de l’AAH, RSA, ASS ou ASP
 
ATELIER JEUNE PUBLIC / 7-11 ANS
PROFITEZ DU FESTIVAL EN FAMILLE !
Du mercredi 11 juillet au mercredi 29 août inclus – Du lundi au vendredi
De 14h30 à 16h30 au Bureau du festival – 34 rue du docteur Fanton
Tarif : 13 € par atelier / 20 % de remise à partir de 5 séances d’ateliers réservées simultanément (soit 10,40 € par atelier)
Nombre de places limité à 12 enfants âgés de 7 à 11 ans
Renseignements et réservation en billetterie ou sur rencontres‐arles.com.
 
2 - 7 JUILLET
STAGES DE PHOTOGRAPHIE
Des stages courts de un . deux jours se d.érouleront à la Maison des Ar.nes. Seront notamment pr.éents :
Sylvie Hugues, J.r.me Bonnet, Vee Speers, .ric Bouvet, Ambroise T.zenas, Olivier Metzger… Ces stages sont
accessibles sur inscription.
Programme complet des stages sur le sit edes Rencontres d’Arles
 
SOIRÉES DES STAGES PHOTO
Bureau du festival, Cour Fanton
LES NUITS DU MERCREDI
Dans le cadre des stages de photographie, les Rencontres d’Arles organisent les mercredis des soirées de projections-rencontres.
Ces soirées en plein air rassemblent les photographes qui dirigent les différents stages organisés chaque semaine.
Ces moments privilégiés permettent de découvrir leurs travaux photographiques sous forme de diaporama.

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