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Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020)

Quelle est la meilleure solution pour archiver ?

 

03 janvier 2017 par Antoine Desir / Thierry Philippon / Prelude - Mis à jour le 27 mars 2020

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Prix fabricant : 110 Euros Prix fabricant : 300 Euros
 

On traite des volumes de vidéo personnelle ou professionnelle de plus en plus importants et précieux en cette époque d'instantanéité. On s'interroge légitimement sur le stockage de ses images quand la place vient à manquer ou quand on souhaite "sécuriser" des souvenirs importants. La réflexion s'accélère depuis que les débits et les résolutions augmentent, avec un point d'orgue atteint par le 4K / UHD. Même les photographes sont concernés car l'augmentation des pixels couplé à l'usage des fichiers Raw, ou à l'utilisation fréquente du mode Rafale, rend cruciale la question de l'archivage de ses données.
sauvegarde

La production d'images personnelles se banalisant, sous forme d'échange par email ou réseaux sociaux, on prend assez peu soin de conserver ses images jusqu'au jour où 3 types d'accidents peuvent survenir : un crash, un cambriolage / incendie ou une erreur de manipulation. A la décharge des oublieux : la procédure d’archivage est assez ingrate et peu créative ! C'est tellement plus fun de se filmer sur les pentes neigeuses ou de s'envoyer un selfie sans se soucier de ce que deviendront ces images...


Nombreux sont ceux autour de moi qui ont tout perdu ou presque, souvent un profil de gens insouciants, "no stress", ou avec un tempérament "no future", mais pas toujours. Ma compagne raconte encore avec émotion l'histoire de ce chercheur du CNRS qu'elle a vu pleurer à chaudes larmes dans le TGV : on lui avait volé son ordinateur sur lequel il avait 2 ans de travail sans aucune sauvegarde... Je me souviens aussi de ce voisin anonyme, débarquant un soir à 23 heures, les cernes sous les yeux, en m'avouant qu'il avait effacé par mégarde tout un mémoire sur lequel il travaillait depuis des semaines. Il avait cru comprendre que je travaillais souvent avec des ordinateurs et espérait une réparation miracle de ma part qui relevait pourtant plus d'une apparition à Lourdes que d'une réalité informatique... :)


Mais déjà, entendons-nous bien sur la différence entre sauvegarde et archivage. Les termes Sauvegarde et Archivage sont souvent confondus car la sauvegarde passe forcément par une procédure d'enregistrement des données, mais pas nécessairement par de l'Archivage. De quoi parle-t-on ?


La sauvegarde consiste à recopier les données pour les retrouver en cas de problème, que ce soit une erreur, une panne, une attaque. La sauvegarde doit être régulière et souvent automatique pour bien remplir son rôle. Plus elle est fréquente, plus elle diminue les dégâts en cas de problème. Tous les systèmes d’exploitation récents ont un système de sauvegarde intégré, comme la Sauvegarde Windows, efficace depuis Windows 7 ou le célèbre Time Machine qui protège efficacement les Mac depuis des années (s’il est mis en place par l’utilisateur, bien sur). Une sauvegarde doit aussi assurer une restauration des données simple et fiable.


La sauvegarde n’a pour but que de remettre les choses en ordre en cas de souci. La plupart du temps, elle intègre une petite partie d’archivage pour pouvoir revenir à une situation antérieure. Mais avec cette fonction, nous ne sommes déjà plus dans la sauvegarde « pure ».


En matière de sauvegarde, on pourra trouver un excellent Post doublé d'une astuce sur le Forum de magazinevideo.


L’archivage (back-up) a pour but de garder des données sur le long terme, même après qu’elle aient été effacées par choix, par accident ou par erreur. Si la perte d’un support de sauvegarde n’est pas un gros souci (il suffit de le remplacer, pas de donnée perdue), la perte d’un support d’archivage est bien plus grave. On peut dire qu’un support d’archivage doit être sauvegardé... pas un support de sauvegarde !


L’archivage est dans certaines structures une obligation légale. Dans ce cas elle doit être automatique, mais ce n’est pas toujours la cas pour les vidéastes, qui archivent souvent « de temps en temps », plutôt manuellement. C'est à eux que s'adresse cet article.


archiver n numérique

Nous allons aborder successivement :


  • La règle du 3-2-1 en matière de sauvegarde ou d'archivage,
  • Les deux grands outils d'archivage : le disque et le nuage, avec toutes les questions concrètes et pratiques qu'on est en droit de se poser sur ces deux "supports". En prime, nous avons effectué des tests de vitesse sur 2 hébergeurs de nuage : Dropbox, et Google Drive. Et ils sont plutôt instructifs.
  • Nous abordons aussi le support du Blu-ray et même de la carte mémoire !
  • Nous terminons par l'indispensable réflexion sur les méthodes de tri pour l'archivage, avec les avantages / inconvénients de chaque méthode. En avant... !

> LIRE LA SUITE : la règle du 3-2-1

la règle du 3-2-1

Pour simplifier la compréhension des règles de sauvegarde, une bonne pratique a été formalisée comme la règle 3-2-1 :


- 3 : les fichiers importants doivent être enregistrés trois fois : d'une part le fichier de travail qui réside en général dans l’ordinateur ou le disque « de travail », d'autre part une première sauvegarde , enfin une seconde sauvegarde.


- 2 : ces mêmes fichiers doivent être enregistrés sur des supports différents : un disque magnétique et un disque optique (Blu-ray...) ou un disque magnétique et une bande magnétique ou toute combinaison, ou un disque et « en ligne ».


- 1 : une de ces sauvegardes doit se trouver « hors site », c’est à dire hors des locaux ou se trouvent les deux autres sauvegardes. C’est typiquement un disque externe emmené à l’extérieur ou bien une sauvegarde en ligne. Attention pour les immeubles : hors site veut dire dans une section incendie différente, pas l’appartement ou le bureau d’à côté !


archivage

Certains cas simples respectent ces règles :


- une sauvegarde locale sur disque dur externe, une sauvegarde locale sur disque optique qui sera emmenée à l’extérieur.
- une sauvegarde locale sur disque dur externe, une sauvegarde en ligne.
- une sauvegarde locale sur disque optique stocké sur place, une sauvegarde en ligne.


Cette règle 3-2-1 concernent les sauvegardes, les archives, elles, doivent être stockées « hors ligne », c’est à dire non connectées en permanence. Pour les archives, deux exemplaires, un sur le site et un hors site semblent suffisants, ils sont déjà contraignants à respecter.


Avertissement pour les naïfs :


-il est illusoire de croire (vu et entendu !) qu'en recopiant ses fichiers sur un autre emplacement du disque dur, voire une autre partition, on sécurise ses données. Car quand un disque tombe en carafe, c'est presque toujours l'ensemble du disque qui est atteint.


-il est tout aussi bêta de penser qu'en archivant sur un seul autre support et en conservant les originaux sur carte mémoire, puis en continuant d'utiliser cette dernière comme si de rien n'était, les vidéos sont doublées. Evidemment, non car le jour où vous formaterez votre carte ou effacerez certains fichiers présents sur la carte, ou perdrez cette carte, vous n'aurez plus qu'une seule copie à la merci du premier crash.


-il est moins bêta mais néanmoins tout aussi faux de penser qu'en bénéficiant d'un second disque relié à l'ordinateur, on prend toutes ses précautions. La foudre, le cambriolage ou une surtension auront raison de votre soi-disante précaution, fusse-t-elle doublée.



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

Archiver sur disque dur / SSD

Vieille de plus d'un demi-siècle (!), la technologie du disque dur résiste à l'ère du temps et aux modes. Mais comme la capacité de stockage ne cesse de croître, les problèmes mécaniques qui vont avec aussi. Les SSD (disque flash) commencent aussi à se démocratiser doucement, constituant un début d'alternative. Voici ce qu'on peut dire de l'archivage sur ces deux supports 100% physiques les plus connus.
Disques durs

Ci-dessus, prix des disques durs et SSD en 2020. Recherche Google. Exemple d'annonces sponsorisées.


Le prix d’un disque est assez variable, selon son format (2,5 ou 3,5), sa vitesse, son interface (SATA ou SAS) et sa gamme d’utilisation (station ou serveur). En 2020, le prix est toujours très élastique, de 2,2 centimes à 1,5 euros par Go. Les SSD ont quasiment éclipsé les disques les plus chers qui étaient des 2,5" SAS à 15000 tr/min destinés aux serveurs. Pour la vidéo, on utilise encore des disques 3,5" pour leur capacité même s'ils ne sont pas forcément les plus rapides : les 7200 tr/min sont légion, même si on trouve encore, à plus bas prix, des 5400 tr/min. Dans ce cadre, le prix varie de 2,2 à 8 centimes le Go.


Il existe deux grandes catégories de disques pour le grand public : les disques « standards » qui privilégient la capacité et le prix, et les disques « fiables » qui privilégient la capacité et la fiabilité.


seagate

Comment reconnaître le bon disque dur ?


Tout dépend de l’usage et de l’importance accordée aux données. Si l’on reste dans la sauvegarde et l’archivage de vidéos, la capacité est primordiale, la vitesse ne l’est pas. Si l’on souhaite diminuer autant que possible la probabilité de panne, il faut privilégier les gammes « fiables ». Si on accepte plus facilement le remplacement des disques avec la restauration des données, on peut se contenter des gammes « standards ». Par défaut, les fabricants et les marchands mettent en avant les gammes standards auprès du grand public. Si vous souhaitez jouer la sécurité - surtout pour l’archivage sur disque - soyez vigilant lors de l’achat et éliminez tous les « premiers prix ». Une garantie de 5 ans est un bon indice sur ce que pense le fabricant de son produit. Une garantie de deux ans montre que le fabricant ne veut pas assumer une fiabilité incertaine…


stockage

Quelle contenance ?


Pour les sauvegardes et l’archivage, le disque roi en 2020, et ce depuis 5 ans, semble toujours le 3,5" de 6 To : multiplication des références, prix en baisse... J'ai déniché un Seagate à 134 euros, soit environ 2,23 centimes le Go seulement ! Il y a 18 mois, le Go était à 3 centimes, preuve de la baisse des prix... Petite parenthèse pour les photographes : des disques durs de 6 To ne sont pas indispensables puisque déjà avec un disque de 1 To, on peut recopier entre 23000 et 43000 photos en Raw, ou environ 104.000 JPEG (!). De quoi voir venir...


Combien d'heures peut-on stocker ? Avec le débit de 60 Mbps de certaines caméras et boîtiers photo-vidéo, on peut engranger plus de 200 heures de vidéo sur un disque 6 To. C'est beaucoup, certes. Mais avec du 100 Mbps propre à l'UHD / 4K, couramment rencontré à présent, on dépasse à peine les 130 heures de vidéo sur ce même disque de 6 To. Ne parlons même pas des débits allant de 150 à 400 Mbps en pro, car on diminue d'autant le potentiel de stockage.


A l'inverse, le débit de l'AVCHD, format toujours en vigueur et disponible sur de très nombreux appareils, propose plus de 500 heures sur un disque de 6 To.


samsung T5

Du côté des SSD, le choix devient cornélien. Sur le papier, ils sont beaucoup plus sûrs que les disques durs classiques et beaucoup plus rapides en termes de recopie puisque leur débit théorique de 480 Mbps est à comparer avec un maximum de débit de 150 à 200 Mbps pour les disques durs classiques. Mais leur tarif est élevé, leur usage plutôt destiné à la mobilité (ils sont très petits), et leur capacité est encore très inférieure à celle des disques durs classiques.


Cependant, les SSD évoluent, année après année. A titre indicatif, en 2020, un SSD portable Samsung T5 de 1 To est proposé entre 162 et 195 euros, un T5 de 2 To entre 377 et 427 euros. Il y a 12 mois, le T5 2 To était à plus de 500 euros. Si une capacité de 1 ou 2 To n'est pas suffisante, la solution éventuelle est d'en acquérir plusieurs pour multiplier la capacité globale. C'est un investissement bien sûr.


En interne cette fois (avec les réserves d'usage décrites ci-après), vous disposez d'un SSD signé Crucial (MX300) de 1 To qu'on décroche pour 200 à 300 euros. Au-dessus de 2 To, il est difficile de trouver des SSD et les prix sont encore très élevés.


Moralité : en 2020, malgré ses défauts, le disque dur classique reste encore la meilleure solution en ce qui concerne le stockage physique.


Disque dur ou SSD, pour les sauvegardes « qui font un peu d’archivage », l’usage est de disposer en sauvegarde du double de la capacité du volume à sauvegarder. Pour l’archivage simple, la capacité de toutes les données à archiver doit être calculée. Si le disque doit ensuite enregistrer des nouvelles archives, il faut prévoir le plus large possible. Or la capacité des disques durs a peu progressé ces dernières années, la technique de l’enregistrement magnétique arrivant à une limite de densité. Alors que l’arrivée du 4K et de l’UHD a multiplié par 4 les besoins de stockage !


Si un seul disque ne suffit pas à contenir toutes les vidéos, il faut recourir aux baies de disques, dites « RAID » (Redundant Array of Inexpensive Disks). Dans son mode le plus simple (RAID 0), les capacités et les débits des disques s’additionnent, ainsi que les risques de pannes. Dans son mode sécurisé (RAID 1), les capacités et les débits sont ceux d’un seul disque, mais le risque de panne matérielle et divisé par deux car toutes les données sont recopiées. Dans ce cas, et pour une usage de sauvegarde, il vaut mieux investir dans une seul disque « fiable ».


Pour augmenter la capacité sans augmenter les risques de panne, il faut passer au RAID 5 qui repartit les données sur plusieurs disques (à partir de 3, mais plutôt 4 en pratique). Le système, assez coûteux, supporte la panne d’un ou plusieurs disques, selon la configuration précise (RAID 5 ou 6).


thunderbolt

Comment relier son disque à son ordinateur ?


Tout dépend si le disque est à l’intérieur ou à l’extérieur. Pour les portables et les Mac, qui constituent une énorme part de marché désormais (environ 24 millions d'ordinateurs portables en France + Mac !), c’est à l’extérieur. Certaines stations PC ont de la place à l’intérieur. Mais il faut bien admettre que l’intérieur d’un boitier n’est pas la bonne place pour un disque de sauvegarde qui gagne à rester indépendant de l’ordinateur à sauvegarder.


En 2020, il existe une hiérarchie assez simple dans les interfaces « locales » : USB 2 / 3.1 (en attendant l'USB 4) ou encore Thunderbolt 2 ou 3. L'USB-C, interface réversible, gagne toujours plus de terrain. il devrait remplacer à terme tous les connecteurs USB actuels ou anciens mais cela prendra encore quelques années.


dual dock dual dock

Que ce soit pour la sauvegarde ou l’archivage, il est assez pratique d'utiliser une station d'accueil (Dock ou Dual Dock), compatible Windows / Mac, ayant une Interface Interne de type SATA 6Gb/s (par exemple) pour connecter 2 disques durs 2,5'' (jusqu'à 9 mm d'épaisseur généralement) et 3,5'' ((jusqu'à 26 mm d'épaisseur généralement), et qu'on relie à l'ordinateur par liaison USB 3.0 (par exemple) ou Thunderbolt. Ce type de station d'accueil ne vaut pas très cher (environ 50€) et s'avère bien pratique pour avoir un disque amovible immédiatement connectable, sans avoir à ouvrir sa tour (sur PC).


Il est d’usage également de sauvegarder sur le réseau dans des boîtiers dits NAS (Network Attached Storage), surtout si plusieurs ordinateurs sont reliés au réseau. Si pour les sauvegardes bureautiques, passer en réseau sans fil (WiFi) est convenable, cette interface est trop lente pour déplacer plusieurs dizaines de Go, quantité courante en vidéo. L’interface Ethernet Gigabit est le minimum pour cet usage. Les interfaces plus rapides existent, mais sont très coûteuses actuellement.


disque 2,5 pouces

Quelle est la longévité d’un disque dur ? Qu’est-ce qui le fait vieillir plus vite ? Quels signaux d’alerte ?


Un disque dur, surtout les petits (2,5 ") et les gammes « standards » sont des supports mécaniques qui sont fragiles. J’ai vu des disques durs ne durer que quelques minutes d’utilisation avant de tomber en panne irrémédiable. D’autres sont encore en fonctionnement après plus de 10 ans d’utilisation continue (disques serveurs). A partir des données de fabrication, les fabricants indiquent un nombre d’heure MTBF (Mean Time Between Failure, temps moyen entre pannes). Plus cette durée est longue, plus la probabilité de durée de vie est grande. Mais cela reste une probabilité, pas une garantie.


L’expérience montre que les boîtiers portables 2,5 " peu chers sont fréquemment sujets aux pannes. Entre les efforts sur la connectique, les pannes électroniques dues à une fabrication économique et les chocs de transport, ils ont trop souvent des problèmes. A part ces facteurs externes, il y a peu de motif de vieillissement accéléré d’un disque dur bien né.


Il faut s’alerter dès que le bruit change, même s’il est souvent trop tard lorsque ce bruit douteux se fait entendre. Lorsque c’est possible, il faut surveiller les compteurs SMART (Self-Monitoring, Analysis, and Reporting Technology, technique de surveillance et d’analyse des disques) qui peuvent prévenir des premiers symptômes avant que le disque ne tombe en panne complète.


Au bout de 4 à 5 ans d'utilisation, si le disque a tenu jusque-là, il faut commencer à se préoccuper d'un éventuel remplacement, au moins en termes budgétaires, en prévoyant cette dépense. Et voir venir... Faire tourner un disque dur me semble important, autant pour "dégripper" la mécanique du disque, que pour se rassurer sur le fait que le disque tourne toujours.


franquin

© Franquin / éditeur Dargaud


 


Que préconiser pour retrouver un document vidéo « noyé » au milieu de beaucoup d’autres ?


A moins d’être un professionnel gérant un gros stock d’image, il suffit de classer les archives par événement, en donnant un nom explicite au dossier contenant chaque groupe de rushs. On peut aussi utiliser une date (au format AAAAMMJJ pour simplifier le tri) comme tout ou partie du nom du dossier, mais cela nécessitera de se souvenir de la date de chaque tournage. Les techniques de bases de données de vidéo, avec la gestion éventuelle des metadata, seront réservés aux professionnels qui se tourneront vers les outils de « Digital Asset Management ».



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

Archiver sur disque Blu-ray / DVD

graveur

La sauvegarde sur disque optique, plus connue sous le nom de sauvegarde sur DVD / Blu-ray., est une alternative ou un complément possible au disque dur ou au nuage. C'est une alternative un peu plus chère que le disque dur, ce dernier étant imbattable en termes de tarif. Beaucoup annoncent son déclin total chaque année en raison de l'hégémonie du streaming et de sa popularité. Le Blu-ray est en chute libre, c'est vrai, d'ailleurs le poids lourd du secteur, Samsung (37% de parts de marché) s'est même retiré de la course en 2019 en termes de fabrication de lecteurs Blu-ray.


LG

Mais d'autres fabricants (comme Sony ou LG) n'ont pas lâché ce segment et les lecteurs (voire enregistreurs) Blu-ray sont encore achetables un peu partout (à Mars 2020, 17 références de lecteurs ou enregistreurs Bu-ray chez Boulanger par exemple). La lecture de disques Blu-ray, toujours assurée par nombre d'appareils, y compris les consoles de jeux Playstation. Par ailleurs, le support vierge est toujours fabriqué et commercialisé, le plus souvent il est vrai via la vente en ligne, car plus guère présent en rayon.


Le support sur DVD simple (4,7 Go) ou double couche (8,5 Go) est envisageable mais sa capacité est si restreinte qu'elle en limite drastiquement l'usage. L'archivage sur Blu-ray (BD-R) et sa déclinaison double couche (les BD-R DL) est la solution la plus adaptée pour conserver ses souvenirs ou ses travaux dans le temps sur ce type de support.


Rappelons tout de suite l'idée générale : sauvegarder sur disque Blu-Ray n'est pas antagoniste d'une sauvegarde sur disque dur ou dans le Nuage. Par exemple tous les masters de vos vidéos peuvent être sauvegardés sur BD-R en complément d'une autre sauvegarde sur disque dur ou dans le Nuage, selon la logique qu'il faut toujours conserver au moins 2 sauvegardes d'un même fichier (au cas où l'une d'elles défaillirait).


Côté plus, la technologie du BD-R présente l'avantage d'être non-réinscriptible (si vous choisissez des disques BD-R et non BD-RW) une fois le disque "gravé", ce qui, l'ai de rien, évite tout effacement accidentel et sécurise vos données ! Autre avantage, contrairement au disque dur, le BD-R est dissocié du lecteur qui lit les données. Autrement dit, si le lecteur tombe définitivement en panne, il suffit de changer de lecteur pour continuer à lire son disque BD-R. Ouf !


blu-ray

Le BD-R comporte aussi son volet pratique : il permet de scinder des dizaines d'heures d'archivage (voire +) en autant de disques BD-R que nécessaires, de pouvoir les identifier en les imprimant (Blu-ray imprimables) ou avec une étiquette physique, ce qui facilite l'identification plusieurs années plus tard. Les disques BD-R revendiquent aussi une longévité théorique plus longue que les disques durs, ces derniers étant soumis à une "obsolescence" de moins de 10 ans, parfois plus proche de 5-6 ans. On manque encore de recul à l'échelle de plusieurs décennies, mais la certitude est que le disque dur est réputé fragile même bien conservé, alors que, s'ils sont bien entretenus, les Blu-ray tiennent le coup. Bien sûr, vous trouverez toujours des cas contraires, et l'usure du disque est un facteur important.


Côté conservation, les BD-R, comme les DVD classiques, doivent être entreposés à l'abri de la lumière (pas comme sur la photo ci-dessus donc !), dans des boîtiers non-transparents de préférence.


BR-DL BDXL
mediarange blu-ray

Question contenance et tarifs, les BD-R peuvent stocker au minimum 25 Go, les DL (double couche) peuvent stocker jusqu'à 50 Go de données par disque (un peu moins en réalité, comptez plutôt entre 46 et 47 Go) et les disques BDXL jusqu'à 100 Go. Ces derniers sont toutefois à utiliser avec précaution puisqu'ils ne sont pas relus par tous les lecteurs blu-Ray et nécessitent un logiciel de gravure / graveur adapté.


Les BD-R 25 et 50 Go ont vu leur prix beaucoup baisser quand on les achète en moyennes et grandes quantités. On trouve (début 2020) :


-5 BD-R 25 Go Verbatim de vitesse 2x pour 12 euros,


;


 


-10 BD-R 50 Go Verbatim de vitesse 6x en spindle pour 45 euros,



 


-25 Mediarange 50 Go de vitesse 6x en spindle pour 46 euros.


 


-50 Verbatim BD-R DL 50 Go (soit un peu plus de 2,2 To réels) de vitesse x1 à x4 pour 114 euros.


 


Attention aux frais de livraison pas toujours gratuits sachant que les enseignes physiques n'ont plus un seul BD-R dans leur rayons, mais uniquement sur leur site ou sur commande.


Enfin sachez que l’archivage sur disque optique reste aussi d’actualité dans le monde professionnel, plus enclin à payer pour de la conservation à moyen terme sur différents supports.


S’il faut accélérer en vitesse et capacité, il existe des solutions professionnelles, bien plus chères, rapides et fiable, comme le système Sony Optical Disc Archive. Le lecteur de cartouche USB 3 coûte 5000 € HT, et les cartouches de 1500 Go environ 160 € HT, ce qui donne un prix de 11 centimes le Go. La conservation à long terme (50 ans) est promise par Sony.


toast

Passons maintenant aux inconvénients des BD-R qui existent aussi. En voici 5 :


1) Graver un disque est une solution un peu laborieuse qui prend un certain temps, surtout si on veut assurer sa gravure en choisissant une vitesse de gravure pas trop élevée. Quand on a des centaines de Go à recopier, il faut avoir des plages de temps importantes, voire gigantesques. Il faut en effet, pour chaque disque, rassembler les fichiers, graver le disque, le vérifier, le ranger, en insérer un autre, etc.


L'archivage sur blu-ray ne peut donc se concevoir à mon avis que pour des archives en relatives petites quantités (par exemple seulement des masters de montage).


2) Une contenance de 50 Go, cela paraît beaucoup mais c'est peu pour conserver toute une bibliothèque de rushes 4K d'un seul voyage par exemple. Une seule carte de 64 Go remplie à ras bord et à recopier, et ça dépasse...


3) On exploite rarement toute la contenance du disque en raison de la difficulté de tomber juste. On perd donc souvent plusieurs centaines de Mo, voire quelques Go sur chaque disque, ce qui fait légèrement grimper le prix du disque BD-R au Go par rapport à un disque dur de grande contenance par exemple.


4) La contenance étant limitée à 50 Go, la recopie éventuelle sur un autre support (physique ou virtuel) à partir de chaque disques blu-Ray engendre de fortes contraintes en termes de manipulations. Alors qu'entre deux disques durs par exemple ou depuis le nuage, c'est souvent plus simple.


5) Les disques blu-ray posent la question du lecteur pour les relire. Des lecteurs blu-ray seront-ils toujours commercialisés dans 5, 10 ou 15 ans à la même norme ? Personne ne peut l'affirmer, d'autant que certaines grandes firmes, et non des moindres (Apple), ont snobé le support physique du blu-ray depuis des années ou l'abandonnent (Samsung). Les disques de 100 Go posent aussi question car ils ne sont pas relus partout. Il y a donc presque urgence à acheter un lecteur blu-Ray dès maintenant tant qu'ils sont encore en vente.


Même les graveurs ne sont plus aussi fréquents. En interne il se font même plutôt très rares. Il faut alors se tourner vers une solution externe chez Asus, Buffalo, LG, ou Samsung.


LNE

-Enfin, quid de la conservation des données dans le temps ? Pour y répondre, il existe un document très intéressant et libre d'accès - sans équivalent à notre connaissance - des Archives de France.


L'étude date de 2011 mais elle est probablement toujours valable aujourd'hui. Lire notamment "Recommandations et conclusion" (page 20). L'étude est d'autant plus intéressante qu'elle se "mouille" en conseillant même les BD-R HTL (couche sensible de type inorganique) de marque Panasonic et Sony qui auraient "une tenue en température et humidité au moins aussi bonne que celle des meilleurs DVD±R". Les autres fabricants (Verbatim en tête qui fait beaucoup de LTH) ont dû avaler leur cravate en découvrant ça...


Les HTL (Hi to Low) seraient reconnaissables sur les LTH (Low to High) à leur surface à graver plus claire. On peut citer chez Panasonic la référence 4R2SL9769C30R inscrite sur l'anneau central. Bonne chance pour la retrouver ! Chez Sony, ce serait plus simple, puisque la marque semble ne commercialiser que des HTL.


 


sandisk extreme Kingston

Archiver sur carte n’est pas une hérésie totale avec l'augmentation de la mémoire proposée (256 Go, 512 Go...), pour un prix de plus en plus attractif (autour de 60 euros la carte SDXC Sandisk Extreme de 256 Go par exemple). Mais la démarche n’a pas trop de sens. En outre, les données pourraient s’effacer avec le temps lorsque la carte n’est pas alimentée pendant longtemps. Une carte mémoire n’est pas une bande magnétique ni un disque optique. Le risque d’égarement est en plus réel pour des objets si petits, surtout avec les micro-SDXC en vigueur sur toutes les caméras de type GoPro ou Sony Actioncam.


Nous parlons bien de sauvegarde de données qui sont enregistrées par ailleurs, pas de garder sur une carte le dernier tournage sans avoir recopier les données. Même si certains insouciants (et nous en connaissons !) le font.



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

Archiver dans le nuage

dropbox

De mon point de vue, l'archivage en ligne est UNE des solutions futures, non pas (comme c’est parfois mal compris) pour en faire une solution exclusive, mais pour se constituer une archive complémentaire (le fameux 2 de la règle du 3-2-1), en sus d’une archive disque chez soi par exemple. Histoire de contrer un crash de disque dur, un cambriolage ou une inondation. Ou simplement pour se rassurer. Et pouvoir télécharger un fichier depuis n'importe quel lieu.


Il existe des solutions gratuites (éventuellement cumulables si vous tenez mordicus à la gratuité) ou payantes en un seul Nuage, une solution qui convient mieux aux grands besoins capacitaires.


amazon drive

Il existe plusieurs solutions connues telles que Google Drive, DropBox, (feu) Hubic, OneDrive (Microsoft), ainsi que deux services plus récents, Amazon Drive et iCloud Drive, ce dernier étant réservé aux aficionados de la marque Apple. Nous avons aussi introduit l'offre Joomeo, spécifiquement dédiée aux fichiers photos et vidéos. Et nous avons évoqué les serveurs de Vimeo et le service de sauvegarde et synchronisation proposé par Backblaze.


L'objectif de cet article n'est pas de dresser un bilan comparatif détaillé de ces services d'autant que les sociétés, concurrence oblige, font parfois évoluer leurs offres en termes capacitaires, ergonomiques ou tarifaires. Certaines arrêtent aussi tout développement (cas de Hubic ou de Wuala). Nous avons toutefois comparé les vitesses et fonctionnalités de 2 offres (voir chapitre suivant).


Google drive

Comment se présente l’interface Cloud ?


Il s’agit généralement d’une interface web simplifiée et dépouillée avec néanmoins un grand nombre de possibilités, à commencer bien sûr - mobilité oblige - par celle du « nuage » qui vous permet d’aller chercher vos documents, photos ou vidéos, voire carnet d’adresse, quel que soit le terminal (ordinateur, smartphone, tablette...) que vous utilisez.


L’interface permet généralement de copier / déplacer / renommer / publier / supprimer vos fichiers et de les classer par dossiers (photos, vidéos, pdf, documents…). L’ajout de fichiers est parfois possible depuis le navigateur mais le plus souvent, depuis une application locale PC / Mac ou mobile qu'il suffit de télécharger. Dans sa formule la plus simple, celle-ci vous permet de déposer des fichiers/dossiers (sans les synchroniser) mais aussi de visualiser le contenu en ligne. C’est le cas de Swift Explorer. L’application peut être plus évoluée, autorisant une synchronisation qui peut alors être à même de gérer un NAS (serveur de stockage en réseau). Par exemple, chez NAS Synology l’application Synology Disk Station Manager 5.2 effectue cette tâche. On peut généralement limiter si besoin la synchronisation à une portion du dossier. C’est évidemment très pratique.


Un Cloud comme Google Drive permet d'avoir un aperçu du fichier en le lisant. Tous n'offrent pas cette fonctionnalité.


Stocker c'est bien, partager c'est mieux. Fort de ce concept, le partage est l'autre force du Cloud qui envoie le lien vers votre document par email, sur compte FB, Twitter ou Google +. La durée de publication peut varier.


Avec quelles plateformes les hébergeurs de Cloud sont-ils disponibles ?


Cloud oblige, les hébergeurs se doivent de proposer une compatibilité depuis toutes les plateformes Windows, Mac OS X, Android, iOS, Windows Phone 8, voire Linux. Dans la réalité, il y a parfois des restrictions ou des difficultés de synchronisation depuis les mobiles.


Suis-je limité en taille de fichiers ?


La bande passante d’un Cloud peut s’avérer limitée, par exemple à 10 Mbit/s en montant et descendant.


Google one

Quelles contenances, pour quels prix ? (mise à jour au 05/01/2019)


En gratuit, Hubic (émanation d'OVH) était celui qui offrait le stockage gratuit le plus généreux (25 Go !). Google Drive (GDrive) ne propose pas autant (15 Go), tandis que OneDrive Basic (Microsoft) se limite à 5 Go en gratuit tout comme Amazon Drive (5 Go également ou jusqu'à 1 000 fichiers) proposé à tous (auparavant l'offre était réservée aux membres Prime); enfin on trouve Dropbox (Basic) en lanterne rouge avec un stockage gratuit de 2 Go seulement.


Les cartes sont redistribuées depuis qu'en mai 2018 Hubic a cessé toute création de nouveau compte et abandonné le terrain grand-public. Seules les "anciens" comptes (nous avons vérifié) sont toujours exploitables, y compris en upload ou en téléchargement à concurrence des 25 Go. Mais bon, sans aucun suivi technique, autant dire que le service est terminé... Désormais c'est donc GDrive qui offre la plus grande contenance.


En payant, Google One, nouvelle entité de la formule de Google Drive, est sans doute l'un des plus intéressants car il offre 2 formules "entrée de gamme" à 100 et 200 Go pour respectivement 1,99 € /mois et 2,99€ / mois, soit 23,88 et 35,88 € / an. C'est raisonnable, voire attractif. Et cela peut suffire pour stocker des masters vidéo. Mais Google One propose aussi 4 formules pros bien plus musclées entre 1 To et 30 To pour 9,99€ / mois jusqu'à 299,99€ / mois.


Dropbox Plus joue cette même carte de la forte contenance avec 1 To pour 99€ / an… moyennant 2 mois gratuits inclus si l'on prend la formule annuelle. Si l'on prend la formule mois par mois, pas de mois gratuit et la formule revient à 9,99€/mois. Des réductions s'appliquent avec le pré-paiement. Notez que Dropbox propose des fichiers de taille illimitée depuis l’application.


Microsoft avec OneDrive propose une formule "petits besoins" à 50 Go pour 2€/mois. Probablement trop peu pour des vidéastes. Mais tant que la formule Basic de Hubic à 25 Go est gratuite, l'offre de OneDrive semble d'un moindre intérêt. OneDrive propose aussi une formule 1 To à 69€/an (Office 365 Personnel), moins chère que Google Drive et et Dropbox.


amazon drive

Le vrai "nouveau" venu en payant s'appelle Amazon. Il a laissé tomber son offre à 70€ illimitée qui avait été expérimentée aux USA. Le nombre de formules payantes est très progressif, commençant à 100 Go puis 1To pour aller jusqu'à 30 To (comme Google One) par palier de 1 To entre 1 et 10 To. Toutefois la formule à 100 Go, si elle vous suffit, s'avère moins chère que celle de Google One (19,99€/an contre 1,99/mois). Par contre le tarif des formules pros s’envole jusqu'à 3000 euros/an...


Amazon Drive est disponible pour iOS, Android, Windows et Mac. Il y a donc peu de restrictions (hormis Linux).


AES-256

Les données sont-elles protégées ?


D'abord posez-vous la question de toutes ces informations personnelles que vous uploadez si facilement sur certains réseaux sociaux et sites de partage vidéo ou photo. Et qui ne sont absolument pas protégées d'autant que vous les rendez publiques !


Ensuite il faut distinguer plusieurs choses qui sont souvent amalgamées :


-Le risque de perte accidentelle des données : on peut s’en prémunir en vérifiant que le service de Cloud dispose d'une redondance des stockages, c’est à dire que l’hébergeur a enregistré vos données dans différents emplacements. Vous disposez ainsi d'une sauvegarde permettant de récupérer vos données au cas où une partie du système de stockage deviendrait déficiente. En général, c'est toujours le cas.


-Le transfert : il est théoriquement protégé (SSL) mais pas le stockage qui reste « en clair » sur le serveur. Il y a donc potentiellement risque de « vol » des données ou de "regard" sur celles-ci. C’est un argument qu'avancent souvent les sceptiques ou les craintifs du Nuage.


archivage

-Le piratage : pour le contourner, rien ne vous empêche de faire appel à un système de cryptage de données qui adopte le Chiffrement AES-256 comme Boxcryptor par exemple. Boxcryptor est gratuit pour utilisation privée ou essai pour entreprise pendant 30 jours (ensuite 36 euros/an ou 72 euros /an selon Utilisation personnelle ou business). Inconvénient de BoxCryptor : il fonctionne très bien sur PC ou sur Mac, mais ne propose pas de synchro possible avec un mobile. Boxcryptor travaillerait sur la question, sans pouvoir donner de date. Autre solution : duplicity (compatible Linux seulement).


-Autre problème, peut-être le principal : l’implantation géographique des serveurs : la plupart des hébergements parce qu'ils sont américains, tombe sous le coup de la loi antiterroriste Patriot Act qui autorise la NSA de fouiller dans les serveurs (et donc dans vos archives) s’ils sont situés sur le territoire des Etats-Unis ou dans des pays membres (sans compter les espionnages de la NSA). Et en plus, ils peuvent le faire sans vous prévenir. Une certaine Condoleezza Rice a même rejoint le conseil d’administration de Dropbox. Il ne manque plus que George W. Bush fils et Donald… :)


C’est pourquoi les initiatives françaises (serveurs dans l’hexagone) ont la cote, à l'image de Joomeo (voir ci-après).


gogle drive

Le risque de disparition de vos vidéos suite à une faillite de la société existe-t-il ?


D‘ici qu’une grosse société comme Google ou Amazon, fasse faillite, il y a plus de probabilité pour que les poules aient des dents… :) Mais elles peuvent stopper un service non-rentable. Cependant même la faillite d’une société n’empêcherait pas théoriquement l'utilisateur de récupérer ses données, avant qu’elle ne mette sa clé sous la porte. L'expérience montre en effet que toutes les sociétés préviennent avant l'heure dès qu'elles cessent leur service et continuent à faire fonctionner le service a minima (ce qui permet de rapatrier ses fichiers), tout en refusant la création de nouveaux comptes. C'est le cas de Hubic par exemple.


Sinon la meilleure solution pour se protéger de toute disparition de vos données est de doubler vos archives sur un autre nuage ou sur un autre support. C'est d'ailleurs le conseil qu'on vous donne tout au long de cet article !



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

Les solutions Backblaze, Joomeo, Vimeo

backblaze

Autre choix possible : Backblaze, un service de sauvegarde californien proposant un tarif alléchant : 50$ HT, soit 60$ TTC (= environ 53€ TTC) pour 1 an, et 95$ HT pour 2 ans, soit environ 114$ TTC (= environ 100€ TTC), ou encore 5$ HT/mois. L'investissement est donc limité à 50€ TTC/an si l'on opte pour la formule 2 ans. Une version d'essai de 15 jours est proposée avant achat (version d'essai éventuellement renouvelable mais il faut tout recommencer à chaque fois). L'interface est en français mais accepte des approximations de traduction.


Le service propose un stockage vraiment illimité et repose sur du stockage brut de la quasi-totalité du contenu "utile" de votre ordinateur (hors Système, téléchargements iTunes, et sauvegarde Time Machine) par synchronisation directe permanente. Un seul ordinateur peut être sauvegardé.


Notez qu'à la première connexion, vous devez télécharger un utilitaire de synchronisation qui analyse votre ordinateur et lance en arrière-plan le téléchargement mais vous pouvez mettre en pause celui-ci fort heureusement puis reprendre ultérieurement ou même, ne lancer la sauvegarde que si vous l'avez paramétré ainsi.


Des filtres d'exclusion permettent de délaisser le sections de votre disque que vous ne souhaitez pas sauvegarder. Une fois la logique bien comprise, Backblaze s'exécute sans se tromper.


backblaze

Backblaze en résumé, c'est du stockage brut. Stockage brut signifie qu'à la différence d'un Dropbox, d'un GDrive ou du service de stockage Joomeo par exemple, l'interface graphique (très "informatique") n'est pas faite à la base pour naviguer dans les éléments se trouvant sur le serveur ni pour déplacer des dossiers ou partager son dernier film avec Belle-maman.


Par ailleurs, à chaque demande de restauration, Backblaze "prépare" votre demande, ce qui prend quelques minutes.


restuaration backblaze

Backblaze fonctionne davantage comme une solution de sauvegarde plus proche d'une logique Time Machine, avec une logique de restauration quand vous en avez l'utilité. Comme sur Time Machine d'ailleurs, on peut restaurer tout dossier ou fichier précis. La comparaison s'arrête là...


Pour le partage, c'est plus compliqué. On peut le faire mais pas avec des fichiers dépassant 1024 Mo. J'ai donc été recalé avec un fichier de 1,5 Go que j'avais cherché à partager. Par contre j'ai pu bien sûr le télécharger en tant que fichier restauré.


Joomeo

Quittons Backblaze pour se pencher sur d'autres serveurs atypiques. Ainsi on recense Joomeo (voir article dédié) qui existe depuis presque 12 ans (2007), gage de longévité. Le stockage gratuit total n'est pas l'intérêt de ce service qui est limité à 2 Go, et surtout les fichiers (photo comme vidéo) ne doivent pas excéder 20 Mo ou 20 minutes maximum en gratuit. Non le vrai intérêt de Joomeo est qu'il s'agit d'un serveur spécifiquement destiné aux fichiers photo ou vidéo et qui propose en sus un service direct de labo photo en ligne de vos photos (avec tarif préférentiel).


joomeo acrhivage

Enfin, l'entreprise est française tout comme l'implantation des serveurs. Soyons clairs : la promesse d’un hébergement français, protège Joomeo de la loi antiterroriste Patriot Act américaine, mais ne prémunit aucunement des pirates ni des lois françaises, d'autant que celles-ci évoluent plutôt vers un durcissement (lire La loi sur le renseignement adoptée par l’Assemblée). Mais un serveur en France, c'est déjà moins hors de contrôle qu'aux Etats-Unis.


Par ailleurs, la structure "familiale" de l'entreprise (Airsens), basée à Grenoble, garantit par ailleurs en principe une plus grande réactivité avec le client.


Joomeo

La formule payante nommée Dynamic est la vraie formule intéressante proposée pour 5,41€/mois (64,90 € / an) si vous payez annuellement (8,9€/mois si vous payez mensuellement). Il existe également une formule 2 ans plus intéressante à 119,90€, soit l'équivalent de 5€/mois seulement. En effet, c’est la formule de loin la plus intéressante puisqu'elle offre l’illimité en stockage, aucune durée limite de fichier, et la possibilité d’uploader des fichiers vidéo jusqu’à 2 Go. En photo, le Raw et le Tiff sont acceptés ainsi que les pdf semble-t-il...


Côté photo, la taille maxi d’une photo est de 200 Mo, de quoi voir venir même avec une haute résolution en Raw !


ouverture

Enfin, ne négligeons pas totalement les sites de Partage qui sont une alternative au nuage labellisé comme tel. En effet les sites de partage sont aussi indirectement des sites... de stockage (à défaut d'être des sites de sauvegarde), parmi lesquels on trouve Vimeo. Pourquoi Vimeo ? Car ses formules payantes, relativement peu coûteuses (version Plus pour 60€/an) propose jusqu'à 250 Go / an de stockage lorsque vous uploadez vos vidéos. Pourquoi la version Plus ? Essentiellement parce que le fichier vidéo chargé par vos soins reste téléchargeable dans sa version originale, avant d'être converti. Cela n'est pas le cas si vous choisissez la version gratuite Vimeo Basic.


En soi, on peut aussi citer Youtube ou Dailymotion. Mais le problème des sites gratuits financés par la publicité, est que l'utilisateur n'aura guère de droits si pour une raison ou une autre, le service décide des mesures de restrictions, voire d'empêchement face à la restauration des fichiers. Le risque de perdre tout ou partie est loin d'être négligeable.



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

Archiver dans le nuage (tests de vitesse)

archive dans nuage

Nous avons testé (*) les formules gratuites de Google Drive, et DropBox parce que vous pouvez à votre tour essayer ces mêmes formules gratuites sans dépenser d’argent, et comparer vos résultats avec les nôtres.


Ces versions gratuites permettent déjà de se forger une bonne opinion puisque toutes proposent plusieurs Go de stockage. Google Drive propose 15 Go. Dropbox est à la traîne avec ses 2 petits Go...


(*) tests réalisés par Prelude, développeur des nouvelles fonctionnalités du site magazinevideo.com


fibre optqiue

Nos essais ont été effectués en upload, en download, par le Web, ou par l'application proposée. Bien que seules les versions gratuites aient été testées, nous avons pris 3 "gros" fichiers selon les cas : un fichier de 2 Go, un de 5 Go (principalement), et un de 13 Go.


Les tests ont été réalisés en Très haut débit, avec une liaison fibre optique à 50 Mbits/s en upload, 100 Mbits/s en download. Nous avons aussi testé le comportement de la Suppression de fichiers, un point parfois sensible.


importation google drive

En upload :


Le téléchargement par l’appli d'un fichier de 5 Go ne prend que 12 minutes avec Google Drive, un bon temps (l'ancien service d'OVH, Hubic, prenait 3 fois plus de temps). Dropbox étant limité à 2 Go, on ne peut pas exactement comparer mais il semble le plus rapide avec 2 minutes seulement par l'appli. En revanche, par le Web, c'est la catastrophe avec 38 minutes !


On a essayé de pousser à 13 Go, limite acceptée avec la version gratuite de Google Drive. Google Drive ne prend que 27 minutes par le Web et seulement 10 minutes par l'appli ! Compte tenu de sa limite à 2 Go, on n'a pas pu tester du 13 Go sur Dropbox.


Précisons à ce stade que certains navigateurs sont rétifs à l'upload depuis le Web.


En download :


Uploader un fichier c'est bien mais pouvoir le récupérer, ou l'adresser à une autre personne, c'est vital, non ?


Via Google Drive (Web) nos 13 Go ont mis 36 minutes. Bizarrement par l'appli Google Drive, le temps a explosé à 50 minutes. Quant à Dropbox, son fichier de 2 Go a pris 14 minutes par le Web et seulement 1'45'' par l'appli ! Même si on avait pu prendre le fichier initial de 5 Go, Dropbox serait probablement resté le plus rapide par l'appli.


Quant à la suppression de fichiers, elle est très différente d'un prestataire à l'autre. Elle est instantanée chez Google Drive et Dropbox. Chez Google Drive, le fichier part même dans une Corbeille, donc il est facile de le récupérer. Chez Dropbox, en théorie, également.


(Upload)


Hubic (5 Go)


(Web : 1,7 Mbits/s avec 13 Go mais erreur d'upload car impossible)


appli 2,3 Mbit/s


Google Drive (13 Go)


Web : 8,2 Mbit/s


appli 22,1 Mbit/s


DropBox (2 Go)


Web : 0,9 Mbit/s


appli : 17 Mbit/s


 


(Download)


Hubic (5 Go)


Web : 2,4 Mbit/s


Google Drive (13 Go)


Web : 6,1 Mbit/s
appli : 4,4 Mbit/s


DropBox (2 Go)


Web 2,4 Mbits/s
appli : 19,5 Mbits/s


Voici enfin nos données de débit obtenues qui vous permettront de calculer le temps d'upload et de download en fonction de votre propre débit. Si vous ne connaissez pas votre débit ascendant et descendant, vous pouvez le vérifier sur speedtest.net.


Equipement Internet en France :


  • fibre optique : 8 millions d'abonnés (en 2018)
  • haut débit : 21 millions d'abonnés (en 2018)
  • bas débit : négligeable
speedtest

Conclusion :


Dropbox :


Le meilleur pour l'archive de vidéos, d'autant que la taille des fichiers n'est pas limitée, mais le plus cher et pas vraiment d’offre commerciale intéressante au-delà de 100 Go. Version gratuite limitée à 2 Go.


Google Drive :


Solution intermédiaire qui reste la plus intéressante pour la vidéo, car assez rapide (en fibre optique, 13 Go en 10 minutes seulement par l'application) à préconiser si le Dieu Google et la NSA ne vous font pas peur ! :)



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

Réflexion sur les méthodes de tri pour archivage

image disque

Pour archiver, il existe au moins 3 méthodes. Il nous a semblé utile de rappeler les différents procédés possibles, avec leurs avantages et leurs inconvénients à chaque fois.


1) LA MÉTHODE BRUTE
La méthode brute vaut pour des rushes, et consiste à recopier l’intégralité de ses cartes mémoires, par exemple en créant une image disque de chaque carte sur deux disques différents (impérativement). L’un des collaborateurs de magazinevideo procède d’ailleurs ainsi !


Avantages :


-D’abord la certitude de ne pas se poser la sempiternelle question : je garde quoi / j’efface quoi. Elle rejoint la logique des anciennes cassettes mini-DV ou 8mm / Hi-8 qu’on conservait sans se poser de question.
-Ensuite la certitude de conserver les rushes dans leur qualité originelle, sans compression, autre que celle liée au codec de compression utilisé à la prise de vues.
-Notez le gain de temps certain puisqu’on effectue une simple copie qu’on peut effectuer en tâche de fond pendant qu’on vaque à une autre opération.
-Enfin une simplicité de manipulation, avec une opération au modus operandi toujours identique.


Inconvénients :


-La méthode vaut pour des utilisateurs qui filment peu. Car le cumul des Go recopiés finit par faire très lourd. Je suis rentré d’un voyage avec 4X64 Go. Si j’avais dû recopier 64X4X2, soit 512 Go de données, c’est une occupation d’espace certaine !
-Aucun tri n’est effectué, obligeant à prendre son casque de spéléo pour aller retrouver un plan. Vous avez intérêt à nommer vos fichiers de la façon la plus claire possible !
-La méthode est inapplicable pour des montages puisqu'on ne recopie que les plans sources.


H.264


 


2) LA MÉTHODE DE NE CONSERVER QUE LES EXPORTS DES MONTAGES
Dans cette méthode, on se débarrasse des rushes par souci de gain d’espace, au bout d’un certain temps. Si le montage est bien fait et suffisamment complet, les rushes deviennent en effet inutiles. Je vous conseille franchement de vous en débarrasser. Eviter le sentimentalisme de ce plan qui ne figure pas dans le montage et auquel vous tenez beaucoup ou de ce plan monté que vous avez raccourci et qui était si amusant dans toute son interminable longueur ! Si le remords vous taraude, extrayez le plan qui vous fait trop hésiter et archivez-le à part.
Pour les autres plans, il reste votre mémoire personnelle et c’est déjà bien. Notre centre de la mémoire est empli d’images que nous n’avons pas tournées, cela s’appelle des souvenirs. Et eux (en principe !) ne s’effacent pas.


Avantage :


-le gain de place : quelques centaines de Mo à quelques Go au lieu de plusieurs dizaines (voire centaines) de Go.
-la certitude de conserver les meilleurs plans, tout en les retrouvant rapidement.


Inconvénient :


La qualité de l’export est sujette à caution. On est tenté d’exporter dans le format de diffusion, c’est à dire celui dans lequel on diffuse ses images à sa communauté. Cette méthode est mauvaise, du moins en théorie, car le format de diffusion est souvent très compressé, pour faciliter l’upload et la diffusion.


Une méthode préférable en FullHD est d’exporter votre film dans la meilleure qualité possible, le H.264 est encore un bon choix en 2019. Le H.265 est aussi une alternative intéressante car pour une compression égale, il prend moins de place. Mieux : envisagez de l’exporter dans son format-source, c’est à dire le format dans lequel il a été enregistré sur votre piste de montage.


Une problématique nouvelle se pose toutefois avec le 4K. Le poids du fichier obtenu à l’export devient lourd si on souhaite le conserver dans sa résolution d’origine (en 4K).


Deux profils d’utilisateurs 4K se dégagent :
-Les sans-soucis : un export en Full HD suffira. Réfléchissez à l’attitude que vous avez eue face à vos anciens films (si vous en possédez) en les revoyant. Ils étaient probablement en SD. Les revoir aujourd’hui en SD sur une TV Full HD, voire UltraHD, vous gêne-t-il ? Si la réponse est « non », vous pouvez exporter aujourd’hui en Full HD.
-Les esthètes et les passionnés : ils voudront exporter en 4K, histoire de ne pas regretter d’avoir acquis une caméra 4K. Pas d’autre choix que d’accepter le poids d’un fichier 4K exporté dans ce cas. Pour l’exemple, à partir d’un tournage effectué en GH4 / 4K, j’ai conservé un montage 4K de 23 minutes - une durée raisonnable - qui totalise 44 Go à l’export. Quand on aime, on ne compte pas… :) Ramené en Full HD en H.264, dans une qualité très acceptable, le poids tombe à 4,5 Go.


originaux rushes

 


3) LA MÉTHODE DE CONSERVER LES MONTAGES ET LES RUSHES UTILES
Signalons une dernière méthode, celle de conserver le projet de son montage tout en stockant les seuls rushes utiles qui ont servi au montage. Cela permet de repartir de cette base de montage pour créer un montage différent ou plus long, faire des ajouts avec des images postérieures au premier montage. C’est une méthode qui doit être envisagée avec un objectif précis et (un peu) réfléchi. Se dire qu’on reprendra peut-être un montage ultérieurement aboutit 99 fois sur 100 à un voeu pieux jamais exaucé. La vie va trop vite…


Avantage :
-Pouvoir retravailler un montage antérieur


Inconvénient :
Un risque d’incompatibilité du projet de montage si on change de logiciel de montage ou si le logiciel de montage évolue trop radicalement des années plus tard. Cette méthode reste donc valable si on reprend son montage dans un laps de temps raisonnable (quelques mois ou années maxi).


Et au bout de 5 ans, 10 ans, que dois-je faire ?


C'est la question épineuse qu'on me pose souvent. C'est à la fois une vraie question et un faux problème. Je réponds toujours la même chose : après 5 ou 10 ans, recopiez vos archives sur le nouveau support du moment. Il a de grandes chances d'être plus performant et plus capacitaire. Par exemple l'archivage dans le nuage n'existait pas il y a 10 ans pour le grand-public sous la forme qu'on lui connaît aujourd'hui.



(Archiver vos vidéos et photos sur disque, nuage ou blu-ray (mis à jour 2020))

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