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A propos du court-métrage : Je suis DRH

15 novembre 2015 par Yannick Pecherand-Molliex (auteur) / Thierry Philippon (entretien)


KOP

Yannick Pecherand-Molliex est un artisan de l'image assez emblématique d'une génération de réalisateurs à la croisée des chemins. Non-professionnel de l'image, il réalise pourtant des films dans des conditions matérielles et humaines qui s'en rapprochent. Aimant par dessus-tout écrire des petites histoires et les filmer, ses courts se font remarquer dans le milieu du court métrage. Ce fut le cas du film "Le Grand jeu", plusieurs fois primé, acheté à l’étranger, et vu plus de 2 millions de fois sur un seul site, un chiffre totalement hors norme pour un court métrage…

A l'occasion d'un nouveau court intitulé "Je suis DRH" que Yannick propose pour le concours du Festival Nikon 2015 (thème : Je suis un Geste"), il a bien voulu répondre à quelques-unes de mes questions. Mais je vous invite d'abord à découvrir son film sur le site du Festival Nikon. Et à voter si vous aimez...

DRH

 

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Magazinevideo: Comment l’idée du scénario de Je suis DRH est-elle née ? L’affaire d’Air France t’a-t-elle inspiré, ou encore la téléréalité très contestée de M6 « The Apprentice » diffusée cet été ?

Yannick Pecherand-Molliex : L'idée m'est venue spontanément en tombant par hasard sur l'appel à film du Festival Nikon. Il ne s’agissait pas pour moi de coller à l'actualité à proprement parler, bien que le sujet soit évidemment dans l’air du temps...

 

MV : Avec quel équipement as-tu tourné, côté caméra, prise de son et lumière ? Peux-tu nous en dire plus sur les outils et les réglages éventuels que tu as utilisés à l'étalonnage.

Y.P-M. : Le film a été tourné avec la Blackmagic Cinema Camera 2,5 K. Malgré son prix relativement abordable par rapport aux autres caméras du marché, je trouve son rendu autrement plus "cinégénique" que la plupart des photo-caméras que j'ai pu tester, y compris la très onéreuse Canon C300 avec laquelle j'ai tourné "Les Oranges" et "J'me Sens Poubelle". L'ergonomie n'est pas extraordinaire, mais largement suffisante pour un tournage au trépied + slider (Philip Bloom Kessler Pocket Dolly dans le cas présent). J'en profite pour saluer l'excellent travail réalisé par l'équipe image : Christophe Chatrenet (au cadre) et Thibault Arbre (Chef Op du film et par ailleurs talentueux réalisateur). Concernant la lumière, Thibault a parfaitement su profiter de l’éclairage ambiant de la salle pour limiter les contraintes techniques imposées par le court timing que nous avions… Du côté du son, Geoffrey (Mercier) a utilisé un enregistreur AETA 4MinX, un micro perche NEUMANN KMR81 et 3 HF : AUDIOLIMITED 2020, 2040 et SENNSHEISER G3.

Côté étalonnage, l'image source étant déjà très cinégénique, je n'ai eu qu'à ajuster les balances et niveaux sur Première Pro CC, pour coller au mieux à l’image (assez froide) que je souhaitais pour le film.

 

MV : Dans quels décors as-tu filmés ? Ceux de ton lieu de travail ?

Y.P-M. : Nous avons effectivement filmé dans les bureaux de l'entreprise pour laquelle je travaille. C'est d'ailleurs ce lieu qui a motivé pour partie, mon envie de tourner ce film.

 

MV : Tu travailles dans un secteur dont on imagine qu’il utilise parfois des jeux de rôles. T’es-tu inspiré de faits réels vus ou rapportés, qui t’on conduit à élaborer ce scénario en grossissant le trait ?

Y.P-M. : L'idée du jeu de rôle est effectivement inspiré des différentes formations commerciales ou managériales que j'ai pu réaliser dans le cadre de mon métier. Le trait est évidemment forcé ici, comédie oblige. Bien que les problématiques abordées soient le lot de tout manager, le quotidien d'un RH est heureusement bien différent...

 

MV : Tu réalises assez peu de fictions mais beaucoup ont marqué les esprits, notamment le court « Le grand jeu ». Tu participes de nouveau à une compétition. Ta motivation à faire des courts vient-elle d’un certain esprit de compétition ?

Y.P-M. : C'est le thème qui m'a inspiré et non la compétition... Je fais des films avant tout pour raconter des histoires, provoquer des émotions, et non pour gagner des prix. Les festivals sont l'occasion de faire vivre les films, d'aller à la rencontre du public et de boire quelques verres entre amis. Si les rencontres sont bien évidemment limitées dans le cadre du Festival Nikon (festival en ligne), l'exposition offerte est exceptionnelle, et la qualité du jury, hors norme.

 

MV : Tes courts sont pratiquement tous construits sur une chute (voire une double chute) inattendue. Travailles-tu ta chute avant le reste du scénario ?

Y.P-M. : Ca dépend des courts-métrages que j'ai réalisés. Certains ont été construits sur la chute (CAHUETES CHOCO, DEMI-PAIRE, DRH) d'autres non (LES ORANGES, LE GRAND JEU, J'ME SENS POUBELLE). J’avoue avoir du mal à concevoir des films aussi courts sans une chute forte.

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MV : Comment as-tu recruté les comédiens ? Et sont-ils amateurs ou professionnels ?

Y.P-M. : Tous sont professionnels ou presque.
C'est ma quatrième collaboration avec Yann (Sorton), qui joue le personnage central, comédien avec lequel j’avais déjà travaillé sur DEMI-PAIRE, LES ORANGES ou encore J’ME SENS POUBELLE. J'ai rencontré Céline (Groussard) après l'avoir découverte dans un excellent court-métrage qu'elle a elle-même réalisé : FRENCH KISS. Charly (Fournier) avait déjà travaillé avec Thibault (le Chef Op du film) sur les vidéos virales de LUDOVIK. Sur les 6 autres comédiens, je n'en connaissais que 2 (Hervé Terrisse et Frédéric Radepont) que j'avais découverts dans le film de Guillaume Levil, un ami réalisateur. Le reste des (excellents) comédiens a été recruté grâce à une annonce déposée sur cineaste.org... D'une efficacité redoutable !

 

MV : Les situations dans lesquelles tu places tes personnages sont parfois au « fil du rasoir » : la rupture terrible du Grand Jeu, le cadeau tumultueux de Cahuètes Choco, ou ici, la dénonciation des méthodes douteuses du managering. C'est de l'humour ?

Y.P-M. : Oui, c'est l'essence même de la comédie que de rire du "malheur" des autres, de l'interdit, de l’irrévérencieux ou du « non politiquement correct ».

 

MV : Ton film fait partie des 50 premiers sur 196 films en compétition (pour le moment) au concours Nikon 2015, condition préalable pour qu’il soit présenté au jury final. La compétition s’annonce rude car c’est un concours très stimulant et bien doté. Quelles sont tes chances ?

Y.P-M. : D’après le règlement, c’est le comité d’organisation du festival qui désigne les 50 films sélectionnés pour être présentés au Jury et non les internautes, ce qui paraît indispensable pour assurer un minimum de qualité à la sélection. Reste à savoir si cette comédie douce-amère ne paraîtra pas trop irrévérencieuse aux yeux des organisateurs… Un nouveau film est né et c’est bien là le principal.

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