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Le time-lapse, l'effet insupportable et merveilleux

analyse du timelapse

 

16 septembre 2016 par Thierry Philippon

 

timelpase

Il y a des effets "techniques" qui sont si populaires que leur consommation en devient irrépressible (pour les uns) ou insupportable (pour les autres). Promis, je vous épargnerai les affres du selfie qui répondrait assez bien à cette définition. J'ai préféré me pencher sur le phénomène bien plus émoustillant du time-lapse, pratique photo-vidéo dont les origines remontent au temps de Méliès mais qui sévit depuis la fin des années 2000 sous sa forme actuelle.


Le time-lapse est peu analysé en dehors de ses descriptifs techniques, alors que le recours à cette manière de filmer suscite l'enthousiasme le plus fou, ou la détestation la plus complète ! :) Cet antagonisme m'a paru suffisamment étonnant pour s'y attarder. Essayons de comprendre pourquoi...


Le timelapse, ce sont des photos prises à intervalles réguliers, qui, agrégées, produisent un film vidéo en accéléré. Le matériel nécessaire au time-lapse n’est pas excessivement conséquent (sauf ambitions pros), car une fonction Intervallomètre intégrée à un boîtier photo ou vidéo, peut suffire. Pour preuve cet exemple très modeste (générique du début) que j'ai réalisé avec un simple camescope Sony AX53. Les fabricants l’ont d’ailleurs bien compris et intègrent de plus en plus souvent la fonction Timelapse sur leur boîtier (de l'Actioncam à l’Osmo en passant par les reflex et smartphones).


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Le phénomène du time-lapse touche une assez large catégorie d'individus : les débutants s’amusent, les amateurs chevronnés agrémentent ainsi leurs vidéos, et les experts paradent avec cette technique de prises de vues, en choisissant des exemples toujours plus spectaculaires. Le time-lapse s’est même emparé d’un générique célèbre : celui de la série House of Cards avec Kevin Spacey, générique qui a d'ailleurs donné lieu à plusieurs parodies réussies (nous vous en présentons l'une d'elles).


Le timelapse reste pourtant un effet singulier dans l’univers de la prise de vues. D'abord il exige beaucoup de patience : un 25e d’image toutes les x (secondes ou minutes), ça prend du temps, voire beaucoup de temps ! Les exemples (extrêmes) de vidéos qui ont néecssité des mois de travail, ne se comptent plus, tellement ils sont nombreux. A l’heure de l’instantanéité du selfie, de la logique du "one push button" et du "je shoote et je regarde aussitôt le résultat sur l'écran", c'est assez méritoire.


La patience est d’autant plus remarquable qu’elle s’accompagne de contraintes environnementales fortes : hors hyperlapse (*), le matériel doit rester à l’abri du vent et de toute secousse pendant un moment plus ou moins long pour que la fluidité de la séquence soit parfaite. Et dans un lieu public, le matériel - très visible - doit rester à l’abri de tout enquiquinement éventuel. Bref, réussir son timelapse, c'est maîtriser vraiment la technique avec un grand T, d'un bout à l'autre de la chaîne. Mais quelle récompense à la fin ! On a ici un début d'explication de l'enthousiasme qui habitent ceux qui pratiquent cet effet.


Autre motif d'engouement, l'excitation à découvrir les images au montage. Le mystère du résultat crée tout l’intérêt du timelapse, un peu comme autrefois, un photographe amateur ne connaissait pas le rendu d’une photo avant de l’avoir développée dans la baignoire de sa salle de bains. Rares sont les effets qui procurent autant de suspense...


Ce préambule étant fait, penchons-nous à présent sur les thématiques propres au time-lapse. Elles expliquent, ells aussi, bien des choses...


(*) Le time-lapse est à différencier de l’hyperlapse, technique plus récente. Les deux procédés sont photographiques mais l’hyperlapse consiste à prendre des prises de vues photo en mouvement, sans utiliser de rail. Le cadreur se déplace à pied, appareil sur trépied, et prend des prises de vues jusqu'à un point fixe, ou autour d‘un objet, en général un monument (par exemple) pour lui donner une dimension spatiale. Puis au montage, il stabilise l’enchaînement de l’ensemble des vues pour donner la fluidité nécessaire. L’hyperlapse utilise souvent des prises de vues en 4K.



(Le time-lapse, l'effet insupportable et merveilleux)

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