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Quand le vent nous emportera, intérêt du making of

01 août 2018 par Thierry P.


Je suis en train de savourer un film du grand réalisateur iranien Abbas Kiarostami, décédé en 2016. Le film que je visionne s’appelle « quand le Vent nous emportera » (une co-production franco-iranienne). Si je vous en parle, ce n’est pas pour faire une chronique cinéma ni par rapport à une actualité spécifique (quoique, on parle beaucoup de l'IIran en ce moment !) mais parce ce film concentre plusieurs centres d’intérêt.
 
Le thème : un réalisateur de reportages part ans un village reculé du kurdistan iranien, pour aller filmer une cérémonie funéraire traidtionnelle. Mais la personne n'est pas encore morte et ne veut plus décéder ! Sous des allures tragiques, le film s’avère en réalité drôle et absurde et n’aurait pas été renié par Alfred Jarry, façon J’attends Godot.
 
 

UN INTERET... POUR LES TECHNOLOGIES ET LE MAKING OF

 
Le film présente un double intérêt, même pour ceux qui ne connaissent rien au cinéma iranien. 
 
D’abord il est très en prise avec les nouvelles technologies. Nous sommes en 1999. Dans le film, le réalisateur est en contact fréquent avec sa productrice et pour lui parler, il utilise pour la première fois un téléphone portable qui nous semble énorme aujourd’hui. L'Iran s’ouvrait aux premiers téléphones portables qui n’étaient pas encore des smartphones. Le gag - et la parabole - est que pour converser avec sa productrice à chaque fois qu’elle appelle pour connaître l’état d’avancement du reportage, le reporter est obligé de prendre sa voiture et de grimper précipitamment sur une colline pour capter le signal ! Ce genre de film nous apprend beaucoup sur les acrobaties qu'il fallait endurer pour pouvoir téléphoner il n'y a pas si longtemps.
 
Le second intêrêt est qu’une seconde équipe indépendante a filmé l’intégralité des scènes, jour après jour, en making of. Et on apprend énormément en regardant ce making of savoureux : les petits tracas quotidiens d’une équipe de cinéma, le temps infini qu'un réalisateur et ses assistants prennent pour dégager un tronc d’arbre ou faire rouler une simple bille selon un chemin précis. On y découvre aussi les petits moments d’agacement (jamais méchants) du réalisateur, et ses nombreuses trouvailles scénaristiques qui en font un des réalisateurs du cinéma iranien parmi les plus attachants.
 
Un film à voir ou à revoir absolument.
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