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Grass Valley Edius 6.5 :les évolutions par rapport à la 6.0x

24 octobre 2012 par Gérard Galès

 

Au premier coup d'oeil, petite déception : 6.5 ne supporte plus les versions de programmes fournis en bundle gratuit avec la 6 (proDaD Mercalli, Vitascene ainsi que le pack d'effets NewBlueVideo Essentials). Seuls les plugins VST audio Izotope peuvent être réinstallés sans problème sur la 6.5 (*). Il semblerait que cette incompatibilité résulte d'une réécriture partielle de son noyau informatique, ce dont finalement on ne peut que se réjouir car cela devrait contribuer à booster ses performances. Toutefois, ceux qui voudraient continuer à exploiter ces programmes additionnels peuvent télécharger sur les sites des éditeurs divers niveaux d'upgrades compatibles (payants).


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En y regardant de plus près, on s'aperçoit que cette 6.5 offre de multiples améliorations fonctionnelles, notamment en terme de manipulation et de précision des principaux outils, ainsi qu'un élargissement de sa compatibilité, en particulier vers de nombreux formats pros. On peut donc espérer une réelle optimisation globale du travail de montage. S'y ajoute deux nouveautés principales : l'implémentation de fonctions de montage en 3D stéréoscopique, ainsi qu'un stabilisateur intégré qui vient prendre le relais du plugin ProDaD Mercalli. Attention, il faut impérativement désinstaller la version 6 (6.08) avant d'installer la 6.5. Pour ma part, je n'ai pas eu besoin de le faire, ma version 6 se trouvant sur un Windows XP à part. A en croire les forums d'utilisateurs, il est possible de ré-installer la version 6 (6.08) avec ses plugins après avoir installé la 6.5. Les deux versions pourraient alors cohabiter sans problème. A noter la suppression du dongle (clé électronique USB) qui caractérisait l'usage des précédentes versions. L'activation du logiciel se fait désormais en ligne via le serveur de Grass Valley.


(*) uniquement pour la version 6.51 car l'application de la maj 6.52 supprime l'accès aux plugins Izotope dans la palette Effets.



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Les + en import / export

Bon nombre de ces améliorations étaient réclamées par les monteurs pros. Pour les plus essentielles, ce sont : précision de 10 bits en importation QT avec codec Grass Valley HQX et en exportation avec de l'AVI(v210) non compressé. Création de fichiers QT avec le codec HQ/HQX, lisibles en conséquence sur Mac. Enrichissement intéressant également : le canal alpha qui peut désormais être conservé en exportation lorsqu'on exploite les codecs Grass Valley HQ, HQX et (RGBA) Avi non compressé. Au niveau audio, le plus remarquable est la prise en charge du 32 bits en exportation avec les principaux codecs.


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Cette mouture apporte aussi son lot de nouveaux formats compatibles. Y figurent en importation les sources au format RED (R3D), Canon EOS, RAW et fichiers d'image fixe compatibles avec le codec WIC. Grass Valley a aussi complété sa liste de formats d'exportation en y intégrant le format MXF encodé en HQ ou HQX, l'AVI (V210) et l'AVI (RGBA) en non compressé, le MOV (QuickTime) encodé en HQ ou HQX et bien sûr les formats 3D tels que 3DP2 et Panasonic 3DA1. Bonne nouvelle aussi pour ceux qui veulent exporter en vue d'une diffusion sur le Web : Grass Valley se décide (enfin) à rajouter la gestion en import/export du format Flash (f4v). Mais on peut se demander pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour l'intégrer, d'autant que ce format est plutôt en perte de vitesse actuellement. Enfin, petit bonus aussi du côté de Disc Burner (création de DVD/BD) qui bénéficie de l'export en 50p et 60p et autorise désormais la création de BD au codec MPEG-2.


(Grass Valley Edius 6.5 :les évolutions par rapport à la 6.0x)

Le montage vidéo en relief

Grass Valley se devait, afin de s'aligner sur la concurrence (FCPX, Premiere Pro et même en produits grand public : Pinnacle Studio 16, Magix Video Deluxe 2013 et Cyberlink PowerDirector), de rajouter à Edius cette fonction d'édition à vocation plutôt pro (à l'heure où encore très peu d'amateurs produisent en relief). Les fichiers 3DA1 (Panasonic), 3D P2, MVC (Sony, Panasonic, JVC) et les clips 3D enregistrés par une lentille de conversion sont exploitables en montage dans Edius. Bien entendu, il est également possible de capturer directement une source stéréoscopique ainsi que d'exporter tout montage 3D (y compris en AVCHD 3D) vers un fichier, une bande ou un disque. Attention, pour pouvoir monter en relief 3D dans Edius, il ne faut pas oublier au préalable de régler Edition stéréoscopique sur Activé dans les paramètres du projet.


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Un nouvel outil est en conséquence disponible dans la Palette Effets/Filtres vidéo sous le nom d'Ajusteur stéréoscopique. Sa disposition, désormais traditionnelle dans Edius, comporte en haut à gauche des curseurs de réglages de base (glissement horizontal, masquage gauche ou droit, rognage). Dans l'en-tête de mini timeline, on retrouve ces mêmes outils mais plus précis, oeuvrant simultanément sur les deux vues gauche et droite ou bien séparément, et disposant des très ergonomiques boutons rotatifs. Bien entendu, tout comme dans Présentation et avec la plupart des effets, les modifications appliquées peuvent être modulées à l'aide de points-clés posés sur la mini timeline.
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(Grass Valley Edius 6.5 :les évolutions par rapport à la 6.0x)

La stabilisation intégrée

Les essais que j'ai réalisés avec le nouveau stabilisateur intégré sont assez bluffants : simplicité et rapidité d'exécution (les petits bugs d'affichage sont résolus avec la maj 6.52), résultat impeccable y compris lorsqu'il y a un mouvement de caméra dans le plan. Dès que l'on pose l'effet sur le clip dans la timeline, l'analyse se déclenche sans que l'on ait besoin de lancer la lecture et s'arrête ensuite automatiquement. Le panneau de paramétrages est certes assez basique mais pour un utilisateur lambda (et pressé), c'est plutôt un avantage par rapport à Mercalli qui comporte de multiples options pas toujours évidentes à choisir.


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Et même si l'absence de paramétrages pointus peut limiter son efficacité pour rattraper des prise de vues très "sportives", ce stabilisateur m'a paru tout à fait convaincant et surtout bien moins gourmand en temps de calcul que Mercalli. J'ai par exemple apprécié le fait de pouvoir faire varier le niveau d'échelle de zooming sans que cela oblige à chaque fois à une nouvelle analyse du plan. Idem lorsqu'on retaille sur la timeline un plan déjà analysé, pas de nouveau calcul demandé. Ce gain de temps est appréciable en production pro.


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L'édition en pré-enroulement

Autre fonction nouvelle et utile, bien connue des studios : l'édition de pré-enroulement (pré-roll /post-roll), en mode aperçu ou en mode enregistrement. Celle-ci peut se coupler à une autre nouvelle fonction, le Groupage, qui permet la synchronisation du curseur ou des points in/out du lecteur source avec ceux du lecteur timeline. Grâce à ces outils combinés, j'ai pu simuler une insertion dans la timeline depuis le lecteur source et en visualiser instantanément le résultat sur l'écran, avec le confort visuel d'une lecture en pré-roll et post-roll (durées variables, définies dans Paramètres). Et donc en modifier aisément et rapidement les paramètres (curseur, in/out) jusqu’à ce que je sois satisfait du résultat. Il me suffit ensuite de refaire l'opération à l'identique, mais en cliquant cette fois sur l'icône du mode pré-roll (Enregistrement). Mon insertion s'effectue dans ce cas réellement et de manière automatique. Attention, les deux icônes d'édition en pré-roll (Aperçu) et pré-roll (Enregistrement) ne sont actives que lorsque le mode Ecrasement (triangle orange) est sélectionné sur la timeline. A noter que si l'on utilise avec cette fonction une méthode de montage en 4 points (longueurs différentes sur le lecteur et sur la timeline), la simulation d'insertion permet alors de vérifier aisément le niveau d'accélération ou de ralentissement (selon le cas) qui en découle.
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(Grass Valley Edius 6.5 :les évolutions par rapport à la 6.0x)

Les fonctions améliorées

Bonne nouvelle pour les monteurs-truquistes : la correction colorimétrique profite désormais d'une profondeur de 10 bits. De nombreux effets peuvent aussi être traités en 10 bits, comme Masque, Cache par approche, Flou, Netteté, Transition, Mélangeur de titres, etc. Ceux qui ne sont pas compatibles 10 bits sont signalés par une icône " !". Quant à la principale boîte à outils d'Edius Présentation, elle se perfectionne discrètement mais en de multiples points. Elle s'enrichit par exemple du ré-échantillonnage paramétrable, du réglage du déplacement horizontal de l'ancre, de l'ajout d'image ou d'ombre portée après rognage, etc. Certains réglages stéréoscopiques (Décollement de lentille, Parallaxe nulle) y sont également intégrés. Mais attention à la confusion : cliquer sur le bouton "3D" dans cet outil de présentation ne donne pas accès aux fonctions stéréoscopiques mais à celles de la manipulation d'image en 3 dimensions X/Y/Z (rotation, perspective, etc.). Les fonctions stéréoscopiques, elles, sont directement accessibles dans les paramètres à droite ou à gauche dans l'en-tête de la mini timeline. Le panneau Présentation intègre aussi maintenant la fonction PiP (Image dans l'Image), jusqu'alors placée dans l'onglet Effets.


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A noter que le contrôle des niveaux audio se voit désormais doté d'un nouvel outil de mesure plus précis que les habituels vu-mètres : le Sonomètre. Celui-ci analyse le signal audio et l'affiche sous forme de courbe calibrée selon les normes ITU ou EBU. Ce sonomètre dispose d'un panneau de paramétrages sophistiqué qui ravira assurément les ingénieurs du son. Enfin, deux autres petits enrichissements fonctionnels : l'affichage des vignettes en mode "film" sur la timeline et l'activation de l'aperçu vidéo avec le canal alpha en nuances de gris.
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Conclusion

Hormis l'édition en relief 3D qui intéressera surtout les monteurs professionnels, c'est la foultitude de petites mais judicieuses améliorations qui devrait séduire le plus grand nombre. Par exemple la nouvelle fonction de stabilisation, le nouvel outil de sonomètre, le mode pré/post roll ou bien le réaménagement du panneau de Présentation, de plus en plus convivial et efficace. Les pros apprécieront aussi la précision de profondeur à 10 bits, le canal alpha préservé en export, l'audio 32 bits pris en charge, la possibilité de lire sur Mac du QT avec codec HQ/HQX et l'import/export enrichi de nouveaux formats, dont le RED et le Flash.


Edius s'affirme donc de plus en plus comme un programme de montage haut de gamme que Grass Valley cherche à imposer dans les studios de production vidéo broadcast et même de cinéma (James Cameron dirait, paraît-il, le plus grand bien de ce logiciel et serait même prêt à l'exploiter pour ses prochains montages en 3D). Les amateurs, eux, regretteront probablement l'absence totale de plugin d'effets spéciaux (hormis audio VST) sur cette nouvelle mouture payante. Une solution alternative cependant : faire cohabiter les deux versions 6.0x et 6.5 et revenir sur la 6.0x pour traiter les effets spéciaux issus de ces plugins. Une gymnastique pas très commode qui risque d'inciter certains utilisateurs à attendre plutôt la sortie d'une version 7.0, en espérant qu'elle soit enrichie d'un nouveau bundle d'effets spéciaux.


 



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