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Enregistreur et moniteur Ninja Assassin

22 janvier 2016 par Thierry Philippon


Shogun, vous connaissez ? Lancé en 2014 par Atomos, une société australienne, Shogun est un lecteur-enregistreur doublé d’un moniteur grand écran 7,1’’ avec plus de 320 pixels par pouce. Atomos récidive depuis quelques mois avec le Ninja Assassin. Même si le nom guerrier relève du degré zéro du marketing, le produit semble (très) intéressant et moins cher (1300 euros) que le Shogun (qu’on trouve à plus de 2300 euros). 
 
Le Ninja Assassin partage avec le Shogun la même ambition initiale : moins compresser l’image en sortie de certaines caméras et boîtiers photo 4K limités au H.264 en 4:2:0 8 bits, ou au MPEG. Ninja Assassin se présente en effet comme un enregistreur qui délivre du 10 bits 4:2: 2 10 bits ou du Pro Res, ou encore de l’AVID DNxHR. Le Ninja Assassin convient aux DSLR existants, appareils sans miroir (tels les GH3 / GH4, GH4R), et les caméras de cinéma.
 
Pour enregistrer le signal, le Ninja Assassin fait appel à un disque SSD non fourni, ce qui vous laisse le choix de la contenance. On trouve par exemple des disques de 480 Go Sandisk pour environ 150 euros. Cela reste raisonnable. Vous pouvez diviser la note par deux avec un disque de 240 Go. 
 
Par rapport au Shogun, le Ninja Assassin possède la même taille d’écran, la même résolution d'écran, la même capacité d'enregistrement de pointe mais il renonce à la connectivité 12G / 6G / 3G-SDI, la fonctionnalité d'enregistrement RAW, la conversion, le Genlock et les connexions audio XLR symétriques (grimace...). Le Ninja Assassin utilise avant tout les connexions HDMI. Il dispose aussi d’une prise casque 3,5 mm et d’une prise télécommande.
 
 
Du coup, le poids se trouve réduit à 430 grammes (nu), pour des dimensions de 196 x 110 x 7,7 mm, ce qui convient bien par exemple aux Sony A7S et a7RII, Canon XC-10 et Panasonic GH4, des « petits boîtiers » comparés à ce qui se fait de plus gros. Le poids avec batterie (type NP-F750 L-Series de 5200mAh), s’élève néanmoins à plus de 700 grammes. L’autonomie obtenue serait en moyenne de l’ordre de 2 heures réelles environ, selon utilisation. Une deuxième batterie est vivement conseillée.
 
Le Ninja offre à ces boîtiers - outre la qualité de compression - la levée de la limite de temps de 30 minutes. En effet, l’enregistrement externe à un appareil met fin à la barrière de 30 minutes.
 
Le Ninja résout aussi l’inconvénient du monitoring des camescopes ou des DSLR sur un petit écran 3 pouces, par l’adoption d’un grand écran tactile 7,1’’ de 1920x1080, revendiquant une densité de 325 PPI (pixels par pouce). La nécessité d’une telle taille d’écran et d’une bonne résolution se justifient pour le 4K, pour faciliter la mise au point. Un Focus peaking vient en complément d’aide à la MAP. 
 
 
Passons aux regrets :
 
Le Ninja est fourni sans pare-soleil ni batterie, le premier peut être bricolé, pas la seconde. A 1295 euros, Atomos aurait pu inclure cet accessoire indispensable qui implique un surcoût de 100 euros, voire 200 euros pour un lot de 2 batteries. Rappel : le disque SSD n’est pas non plus fourni. Autre reproche : sans connexion XLR (dont dispose le modèle Shogun), la mini-jack risque d’être limite. Notez aussi que le C4K propre à certains appareils (comme le GH4) n’est pas pris en compte.
 
Dernier reproche d’ordre esthétique, le « pare-chocs » rouge vif du Ninja Assassin, aussi agressif que son nom, n’est pas très malin car c’est la garantie de se faire remarquer à tous les coups sur un tournage. Certains opérateurs préfèrent travailler discrètement.
 
 
Le Ninja Assassin dispose aussi :
  • d’un Peaking Assist, 1: 1 et 2:1 
  • d’un Zoom de l'image lisse et balayage, 
  • d’une gestion des formats anamorphiques et étirement, le compagnon idéal pour GH4 de Panasonic et lentilles anamorphiques / adaptateurs abordables.
  • de fausses couleurs (tons de la peau), Zebra et Waveform / Vecteurscope
  • d’un Retour avec Pre-Roll, jusqu'à 8 secondes de HD ou 4K 
  • d’un Time-lapse avec un maximum de 10 séquences différentes, avec réglage vitesse, heures de début et de fin de plus de 24 heures.
  • d’un LUT 3D
  • de la lecture instantanée et l'édition à la volée avec un choix de 10 tags en mode d'enregistrement et la lecture.
 
 
Prix : 1295 euros avec étui souple en silicone, valise et adaptateur secteur.
 
 

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Enregistreur et moniteur Ninja Assassin : les commentaires

avatar DanielF Premium

07 Février 2016 à 10:22 - ( Répondre à DanielF ) - Signaler un abus

Bonjour, je possède une Sony PXW-X70 avec MàJ 4K, je suppose que c'est compatible (?), mais surtout je me demande naïvement si l'Assassin enregistre le son de la caméra via ses entrées XLR ? Car vous semblez regretter l'absence d'entrées XLR comme sur la Shogun, d'où mon doute… Merci ! DF
avatar Thierry Philippon Premium

07 Février 2016 à 14:56 - ( Répondre ) - Signaler un abus

L'Assassin ne dispose pas d'entrée XLR, mais il enregistre évidemment le son de la caméra, d'après ce que nous avons compris, par la HDMI.
avatar saby Premium

24 Janvier 2016 à 10:18 - ( Répondre à saby ) - Signaler un abus

Pas de batterie, pas de SSD inclus. Pour aller au bout du concept ils auraient dû aussi supprimer l'écran tactile du package et laisser que le châssis, la connectique et le caoutchouc anti-chocs !!!
avatar Thierry Philippon Premium

24 Janvier 2016 à 13:21 - ( Répondre ) - Signaler un abus

Oui pour la batterie, c'est difficile à admettre. Pour citer ce seul exemple, une simple torche IDV Aurora bicolore à 300 euros TTC est fournie avec 2 batteries de caméscope Sony série L. En revanche, vu sur le Web actuellement, j'ai trouvé une promo avec 2 batterie fournies, les revendeurs restant libres d'en proposer. Pour le SSD, ça peut se comprendre en revanche. Atomos a dû partir du principe que les pros avant souvent déjà un SSD de terrain. Ca permet en plus d'avoir une capacité en phase réelle avec ses besoins, sans payer un SSD de faible contenance dont on ne se serait peut-être pas servi. En tout cas, je pense (sans le défendre) que c'est le raisonnement d'Atomos.