|
|
|
L'histoire
du
film
commence
en
été
98.
A
Chicago
là
où
habite
ma
grand-mère.
Après
plusieurs
jours,
la
langue
française
commence
à
me
manquer.
Je
me
lance
dans
l'écriture
d'une
nouvelle
-
"Les
Fleurs"
-
que
je
transforme
assez
vite
en
scénario.
Il
trouvera
vite
sa
place...
dans
un
fond
de
tiroir.
En
2002,
je
tourne
mon
premier
film,
"Paternel".
L'équipe,
rodée,
se
sent
pousser
des
ailes,
aussi
je
ressors
le
scénario
des
"Fleurs"
qu'on
retravaille
avec
mon
cousin
en
réduisant
le
texte
de
moitié,
ou
presque. Le
tournage
s'est
déroulé
fin
janvier
2004,
le
montage
en
avril.
Photo ci-dessus : Perché
sur
un
escabeau
instable,
le
réalisateur,
Yann
Cielat,
dans
la
chambre
du
crime.
En
fait,
"sa
maison"
!
photos
:
©
Yann
Cielat |
|
|
 |
|
Le
tournage
s'est
déroulé
sur
deux
jours.
Le
samedi,
prises
de
vues
des
plans
dans
la
cuisine
et
l'ascenseur,
chez
Seb,
un
ami.
Journée
délicate
d'un
point
de
vue
technique
:
le
micro
nous
lâche
au
bout
de
quelques
minutes.
Après
quelques
coups
de
fil,
on
en
récupère
un,
mais
on
a
perdu
presque
une
heure.
De
plus,
ce
jour-là,
le
chef
op'
ne
peut
pas
être
là,
occupé
sur
un
autre
tournage.
Sur
ses
indications,
j'essaie
de
bricoler
l'éclairage,
mais
ce
n'est
pas
mon
fort
et
on
y
passe
le
principal
de
notre
temps.
Enfin,
on
a
perdu
encore
quelques
minutes
suite
à
une
petite
phrase
prononcée
timidement
par
ma
soeur
qui
m'assistait
à
la
réa
:
"Euh...
quelqu'un
a
pensé
à
acheter
des
fleurs?"
(NDLR
:
une
scripte
sert
entre
autres
à
ça
!).
|
|

|
|
Il
a
fallu
demander
l'autorisation
de
tourner
dans
le
métro
:
refusée
(le
responsable
marketing
de
la
compagnie
de
transport
refusant
d
être
le
complice
d'un...
meurtre...?)
Le
dimanche,
on
commence
à
8
heures
du
matin,
pour
tourner
les
plans
extérieurs
et
celui
du
métro.
Puisqu'on
n'a
pas
eu
l'autorisation,
on
tente
le
coup
en
se
disant
qu'à
cette
heure
l'endroit
serait
désert.
A
9h30,
Marie
commence
à
maquiller
Franck,
juste
le
profil
droit.
Elle
termine
deux
heures
après
et
s'attaque
à
Ingrid,
la
victime.
On
peut
enfin
tourner
la
séquence
de
l'escalier
et
de
l'agression,
chez
moi.
Avec
la
fatigue
et
l'attente,
le
tournage
est
un
peu
plus
tendu
que
la veille.
J'ai
aussi
la
particularité
d'avoir
sur
les
tournages
une
nervosité
communicative.
Ca
se
traduira
par
exemple
sur
le
plan
où
Franck
entre
dans
l'appartement,
qui
nécessitera
presque
trente
prises.
De
plus,
on
est
pressé
par
le
temps,
à
cause
d'un
détail
négligé
:
le
maquillage
de
Franck
sèche,
et
commence
à
se
fendre.
Le
plan
le
plus
difficile
fut
sans
doute
celui
des
fleurs
sur
lesquelles
le
sang
gicle.
On
avait
fait
du
faux
sang
avec
de
la
maïzena,
du
café
et
du
colorant
alimentaire,
mais
la
consistance
n'était
pas
satisfaisante.
On
a
fini
par
utiliser
le
sang
des
coeurs
de
porc,
qu'on
a
lancé
sur
les
fleurs
avec
des
brosses
à
dent...
Efficace
!
|
 |
|
Seb
a
parcouru
les
boucheries
afin
de
trouver
une
dizaine
de
coeurs
de
porc.
J'aurais
bien
aimé
voir
la
réaction
des
bouchers
qu'il
a
rencontrés.
On
retiendra
de
la
1re
journée
que
les
congélateurs
qui
accueillent
les
coeurs
de
porc
sanguinolents
sont
difficiles
à
nettoyer.
Leçon
de
la
deuxième
journée
:
nettoyer
un
congélateur
plein
de
sang
de
porc
est
plus
facile
que
de
nettoyer
le
même
sang
de
porc
sur
du
papier
peint
blanc...
Le
dernier
plan
tourné
est
celui
où
l'on
découvre
le
visage
de
Franck
mais
j
ai
certainement
fait
une
erreur
en
voulant
tourner
les
plans
de
cette
journée
chronologiquement,
le
maquillage
commençait
franchement
à
perdre
de
sa
fraîcheur!
|
|
|
|
La
préparation
du
tournage
a
été
un
vrai
parcours
du
combattant.
Enfin
surtout
pour
Seb.
Il
passe
une
tonne
de
coups
de
fil
dans
les
écoles
pour
trouver
une
maquilleuse
qui
accepte
de
travailler
avec
nous.
Finalement
on
jette
notre
dévolu
sur
Marie
qui
semble
la
seule
vraiment
motivée
et
de
surcroît
la
plus
sympa.
Ici,
le
maquillage
à
10
heures
le
matin.
Café
à
la
main,
on
assiste
à
la
transformation
de
Franck,
qui
ne
pourra
plus
boire
aucun
café
avant
le
démaquillage...
!
|
|

|
|
Yann
vérifie
ce
que
rend
le
maquillage
de
Franck
à
l'écran
réglé
en
Noir
&
Blanc,
tonalité
finale
du
film. |
|
Le
matériel
a
été
essentiellement
emprunté.
On
a
tourné
avec
3
mandarines,
des
filtres
et
des
réflecteurs
pour
l'éclairage,
le
son
a
été
saisi
en
DAT,
et
j'ai
filmé
avec
une
Sony
DCR-VX1000.
Le
film
n'a
quasiment
rien
coûté
si
ce
n'est
les
K7,
l'alimentation
et
évidemment
le
bouquet
de
fleurs.
On
a
enregistré
quelques
jours
après
le
tournage
la
voix-off,
la
chanson...
Le
montage
était
long,
il
a
fallu
synchroniser
le
son
pris
en
DAT,
la
voix-off
(le
texte
a
été
diminué
d'un
bon
quart
au
montage),
faire
les
morphings
pour
le
générique
de
fin...
On
savait
que
le
cynisme
et
la
noirceur
du
film
nous
fermerait
les
portes
de
pas
mal
de
festivals,
mais
toute
l'équipe
en
est
fière,
et
ça
vaut
toutes
les
récompenses.
|
|
|