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PowerDirector 11

L'autre logiciel de montage

30 septembre 2012 par Thierry Philippon

Prix fabricant : 100 Euros
 

PowerDirector est peut-être le moins connu des logiciels de montage, du moins en Europe, un peu "coincé" entre les gratuits à la forte réputation (HD Writer chez Panasonic, Picture Motion Browser / PlayMemories chez Sony, iMovie sur Mac...) et les logiciels stars à moins de 100 euros (Pinnacle Studio, Magix Video Deluxe, VideoStudio, Premiere Elements). Une image (vraie) de grande simplicité a pu laisser croire que le soft était assez rudimentaire, voire limité. Il n'en est rien. Le potentiel de PowerDirector est même étonnant et sur certains points, il devance ses concurrents. Il faut dire que Cyberlink a un certain savoir-faire : c'est ce même éditeur qui produit le fameux lecteur à tout faire PowerDVD ainsi que d'autres logiciels multimédia (dont PhotoDirector).


On ne s'étonnera donc pas que la version 11 que nous présentons ici soit assez aboutie. En option, elle est complétée pour la première fois par ColorDirector et AudioDirector (129,99 euros chacun), deux autres logiciels qui professionnalisent la gamme (AudioDirector semble comparable à Adobe Audition), constituant ainsi un ensemble cohérent et extrêmement complet, pouvant s'acquérir séparément ou au sein de la suite PowerDirector 11 Ultimate suite.


Powerdirector 11

Les versions PowerDirector 11


PowerDirector 11 Deluxe : 69,99 €
PowerDirector 11 Ultra : 89,99 €
PowerDirector 11 Ultimate : 129,99 €
PowerDirector 11 Ultimate suite (*) : 249,99 €


Mise à niveau : 54,99€


(*) Inclus ColorDirector, AudioDirector + Extra Effets NewBlue & 3 Packs Créatifs.


 


Seule la version Deluxe à 69,99 € ne prend pas en charge le 64 bits, le 2K, le 4K ou la 3D. Toutes les versions intègrent différents effets (pack de Contenu Essential). Excepté la version Deluxe, toutes incluent également PowerDirector Mobile et Wave Editor 2 Express. Seules les versions Ultimate comprennent des effets spécifiques de mouvement et de peinture NewBlue FX en plus des effets NewBlue de base, intégrés à toutes les versions. Ce sont également pour les versions Ultimate que viennent s'ajouter des packs de menus et modèles supplémentaires.


On peut comparer les 4 versions ici.


H.264

Une version d'essai cantonnée à 30 jours est disponible, moyennant quelques restrictions peu contraignantes (nombre de modèles limités par exemple). Le H.264 nécessite l'activation d'un composant qui n'est pas inclus dans le version d'évaluation.


PowerDirector Ultimate Powerdirector

Dès la version Ultra, et encore plus Ultimate, on s'aperçoit que PowerDirector a beaucoup misé sur une large compatibilité de formats : aux côtés de l'AVCHD classique, on trouve le 50p/28 Mbits et même depuis la version 11, la gestion du 2K et du 4K ! Côté audio, le 5.1 est bien sûr de la partie. Le logiciel tire aussi pleinement de la puissance informatique de votre ordinateur : prise en charge 64 bits (il a été l'un des premiers à le faire) à travers son moteur TrueVelocity 3 , prise en charge OpenCL, smartrendering intelligent, accélération Multi GPGPU (1er à le faire) (*), optimisation Multi-Core CPU, optimisation Intel 3e génération, AMD Fusion. Du coup, le logiciel est peu restrictif et va vite, très vite, en termes de rendu ou d'export notamment.


L'édition 3D est aussi complètement gérée (y compris la diffusion de vidéo 3D sur YouTube 3D) tout comme la gravure de Disque BD, BDXL, AVCHD. Enfin, PowerDirector 11 offre - tout comme Premiere Elements 11 d'ailleurs - une édition Sensible au Contenu, c'est-à-dire qu'il analyse les séquences pour identifier automatiquement les scènes avec visages, mouvements, paysages panoramiques et zooms. Il corrige également les prises instables ou avec un éclairage déficient.


Parmi les autres atouts de PowerDirector 11, on dispose d'une Timeline pouvant accueillir 100 pistes et de la pose d'images-clés.


Tout cela est très bien sur la papier. Mais comment se comporte PowerDirector pour les opérations de base d'un montage ou même des fonctions plus élaborées mais assez connues comme le Compositing ? La simplicité du logiciel n'a-t-elle pas son revers ? A toutes ces questions, nous avons voulu apporter des réponses.


(*) L'accélération Multi GPGPU permet de tirer pleinement parti de la puissance de la carte graphique du PC. D'après Cyberlink, le gain pour PowerDirector 11 serait de 38% par rapport à PowerDirector 10.


PowerDirector 11

Mais tester sérieusement un logiciel de montage est devenu plus difficile aujourd'hui. La raison tient à la connaissance intime que requiert un logiciel pour être bien maîtrisé. Il faut des semaines, voire des mois pour connaître les subtilités d'un logiciel et c'est souvent lorsqu'on monte réellement des films qu'on connaît le mieux le soft. Les testeurs sont parfois des monteurs, auquel cas ils parviennent à très bien connaître 1 ou 2 logiciels mais face à un logiciel dont ils ont juste survolé les caractéristiques techniques, ils en savent moins qu'un utilisateur qui aura suivi toutes les évolutions depuis 5 ans ou plus et aura abondamment échangé sur les forums de discussion.


PowerDirector 11

Alors, les logiciels de montage n'offrent-ils aucun biais possible en matière de tests ? Si, heureusement ! Mais il faut abandonner l'idée d'un survol général qui n'apporte rien de bon. L'idée que nous avons eue est d'inspecter quelques fonctionnalités-tests (6 en tout) choisies un peu "arbitrairement" au sens où chaque testeur peut revendiquer ses propres fonctionnalités-tests. Il s'agit de paramètres qui nous semblent néanmoins importants pour un montage et un bon moyen de juger la performance du logiciel. PowerDirector va-t-il passer toutes les épreuves avec brio ? Certaines seulement ? Y a t-il des comportements spécifiques au logiciel ? Examinons ces fonctionnalités-tests...



> LIRE LA SUITE : Import AVCHD et import-export 1080/50p

Import AVCHD et import-export 1080/50p

powerdirector

Capture AVCHD


Les 9/10e des camescopes HD actuels étant à ce format, la capture AVCHD doit être simple et évidente à trouver. Pas de réglage à paramétrer, la détection est automatique. Il n'y a pas de conversion de fichier dans un codec intermédiaire, il faut donc un PC relativement puissant pour monter des rushes en AVCHD "natif".


On cherche un peu au début comment importer les plans depuis un camescope. En fait, l'utilisateur doit pointer directement les fichiers (ou le dossier) dans lequel se trouvent les rushes en cherchant l'endroit où ils se trouvent sur le PC. Le chemin d'import est facile (Fichier/Importer dossier Média ou Fichier/Importer fichiers Média), il y a même un raccourci depuis le Menu Editer. PowerDirector 11 affiche alors les plans dans la chambre Médias (la Bibliothèque si vous préférez) sans les recopier physiquement. Seule leur vignette s'affiche, puisque ce sont des alias. On applique la même procédure si on raccorde directement le camescope, à savoir on "importe" les fichiers directement depuis l'un des dossiers du camescope (BDMV ou Stream) dans lequel sont logés les clips.


Les conséquences sont faciles à imaginer : côté plus, PowerDirector va vite et allège votre disque dur puisqu'il ne recopie ni ne convertit aucun fichier. Côté moins, si on débranche / éteint le camescope pendant le montage, ou si on supprime un fichier / dossier du PC, on perd tout le montage ! Il est donc conseillé de recopier tous les fichiers du camescope sur le PC avant de monter avec PowerDirector. Du coup, il n'existe pas d'option pour sélectionner les plans à importer dans une liste de plans, sauf à les identifier visuellement avant. On aurait pu faire à la fois moins risqué pour le débutant et plus confortable pour l'expert, d'autant que les alias doivent se reconstituer à chaque fois que vous relancez PowerDirector.


Un (autre) piège : le débutant peut confondre l'import de fichiers AVCHD avec le Menu Capture (qui comporte notamment le dessin d'un camescope) qui ne vaut que pour la capture d'image depuis une bande DV/HDV.


Un bon point : tout fichier déplacé sur la ligne de temps se retrouve coché dans la bibliothèque sans que vous ne touchiez à rien. Ce qui permet de repérer instantanément les plans utilisés et ceux inutilisés ou qui restent à monter. Une aide excessivement pratique qu'on ne retrouve sous cette forme que sur quelques rares logiciels de montage.


PowerDirector 11

Import / Export 1080 / 50p


La capacité pour un logiciel de montage d'importer / exporter en 1080/50p devient importante. Les développeurs de logiciels sont bien obligés de s'adapter car le nombre de camescopes disposant du mode 1080/50p s'accroît de façon exponentielle. Rappelons que ce mode Progressif Full HD délivre une image plus en adéquation avec nos écrans, qu'ils soient informatiques ou de type écrans plats. Le 50p en Full HD permet par ailleurs une grande netteté dans les Ralentis ou même en avance image par image.


PowerDirector 11 La seule nécessité pour importer du 1080/50p à 28 Mbits/s est de paramétrer correctement le mode Format TV (Edition/Préférences/Général) sur Pal/50fps. A défaut, magnanime, le logiciel vous signalera l'inadéquation de fréquence d'images par un message d'avertissement... Il n'est donc pas conseillé de mélanger différentes fréquences d'images même si ce n'est pas impossible au prix d'une (légère) dégradation de l'image.


PowerDirector 11

L'export (via le Menu Produire) se joue également avec brio du 1080/50p. Un Profil (un préréglage) AVC 1920x1080/50p (28 Mbits/s) est d'ailleurs listé, ce qui évite la complexité de réglages comme ceux que l'on rencontre sous Premiere Elements par exemple. L'export est très rapide comme annoncée, en dépit d'une qualité tout à fait correcte. Notez qu'à l'export le temps écoulé, et le temps restant sont bien visibles. La progression est bien visible.


Curieusement, si on relit avec VLC par exemple une séquence exportée en 50p en AVC H.264, la fréquence obtenue (nombre de frames) affiche 100fps et non 50fps. Pourtant la séquence exportée semble bien être en 50 fps. Nous attendons une réponse de Cyberlink sur ce point ???



(PowerDirector 11)

Titrage, ralenti, fondu-enchaîné

PowerDirector 11

Nous avons composé 2 images dans le même écran (une grande + une moyenne) et intégré un titrage exécuté rapidement. C'est un effet de présentation simple mais percutant et que nous aimons bien ! PowerDirector est particulièrement adapté à cette présentation car les poignées qui permettent de raccourcir / grandir le clip s'affichent dès qu'on sélectionne le clip dans la time-line. Difficile de faire plus immédiat !


Le titrage est (presque) tout aussi rapide à exécuter même si les développeurs cherchent toujours à en mettre plein la vue, ce qui a pour conséquence qu'il est parfois difficile de se cantonner à des titrages de base. On finit par y arriver en "désossant" tout le superflu d'un modèle.


Le choix des titrages et des modèles restent larges, et souples. Le positionnement des titres est très simple, soit par glisser-déposer sur la piste, soit en sélectionnant le modèle de titrage désiré et en cliquant sur un raccourci qui positionne le titre au bon endroit.


powerdirector

Nous étions aussi curieux de voir comment on réalisait un effet tout simple mais esthétique (le fondu-enchaîné) et comment se comportait les deux scènes en fondu une fois exportées. En effet, à l'export, la transition peut se "geler" momentanément ou le plan peut légèrement décrocher.


La conception même du fondu-enchaîné passe par le Menu Transition qui est facile d'accès (Chambre Transitions) mais on note une certaine difficulté à dénicher le fondu-enchaîné de base car il est mélangé (c'est le cas de le dire !) avec une ribambelle d'autres fondus plus exotiques mais moins "passe-partout". Heureusement, une fois trouvé le fondu simple ("Fondu"), on peut enregistrer cet effet dans un dossier Favoris pour le retrouver plus rapidement.


transition superposée croisée

Au moins deux possibilités remarquables à noter. D'une part on peut appliquer un fondu à toutes les transitions simultanément. Ce n'est pas si fréquent sur les logiciels de montage, même pros. D'autre part, via les Préférences, il est possible d'appliquer par défaut la transition Croisée ou Superposée (cela change le degré de superposition). On peut aussi en changer en cours de route même si le paramétrage par défaut n'est pas le bon. Préférez une transition superposée si la Croisée se traduit par un gel 'image. Ou mieux : raccourcissez la fin du plan A afin de ne pas provoquer de gel d'image.


Pas de souci particulier du fondu à l'export (pas de gel d'image), sauf si la transition est croisée et que le plan A est trop court ! Une anomalie remarquée une seule fois, une transition bizarrement remplacée par une croix noire.


powerdirector

Enfin, nous nous sommes attardés sur l'effet de Ralenti de plus en plus utilisé par les vidéastes sportifs et tous ceux qui font des vidéos avec effets. Intuitivement, on trouve le réglage de cette effet dans une valise nommée "Outils puissants". Les facultés de réglages sont à la fois très fines et très faciles à modifier. Le curseur de vitesse va de x0,10 à x1 (et jusqu'à x1000 pour l'Accéléré). La seule impossibilité est de réaliser une accélération progressive comme certains logiciels le font.



(PowerDirector 11)

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