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Photo to Movie 5

Le roi du Diaporama

01 mai 2006 par Thierry Philippon

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photo to movie

Photo to Movie est une application de LQgraphics pour générer des diaporamas de toute beauté sur Mac mais aussi sous Windows 7, Vista ou même XP. L'idée de base de Photo to Movie est de créer des vidéos à partir de photos en leur appliquant des effets de panoramiques ou de zooms très lents, voire de rotation, de manière à "animer" les images fixes. Le rendu est spectaculaire. Au fil des versions (le logiciel existe depuis de nombreuses années), Photo to Movie a autorisé l'ajout de titres, d'audio (on peut même enregistrer un commentaire) ou d'effets et a diversifié les choix d'exports.


L'intérêt de Photo to Movie n'est pas perçu immédiatement car sur un logiciel de montage, la pose de points clés permet d'animer des photos. Dans une moindre mesure, iPhoto sait aussi créer des diaporamas. Mais Photo to Movie simplifie énormément la réalisation de mouvements logiciels fluide comme le zoom ou le panoramique, et les algorithmes travaillent dur pour offrir un rendu optimisé. De plus, sur Mac, la pose de points-clés suppose l'acquisition de Final Cut Pro X, le petit iMovie ne sachant pas le faire.


La version 5, objet de ce test, n'est pas nouvelle puisqu'elle est sortie en juillet 2011 mais le test des versions précédentes restait valable dans ses grandes lignes.


Photo to Movie coûte 23,99 euros (30$) sur l'App Store, mais il s'agit du tarif de la mise à jour apparemment. L'application coûte sinon 49,95 $ (environ 40 euros). On la trouve sur le site de l'éditeur LQgraphics.


Toute l'interface est en français, traduite par Antoine Désir (collaborateur à magazinevideo, vous pouvez donc vous y fier !). Seule l'Aide en ligne conserve la langue de Shakespeare. Pas de panique, 90% des fonctions sont assez intuitives pour se dispenser de toute aide.


Testé sous version 5.0.7.4, compatible Snow Leopard et Lion. La compatibilité avec Tiger et Leopard est réservée à la version précédente (4.7). x



> LIRE LA SUITE : Interface principale

Interface principale

photo to movie

Glisser-déposer des photos sur l'interface principale est extrêmement simple puisqu'il suffit d'aller chercher les photos dans le Navigateur de photos et accéder ainsi aux bibliothèques où vous stockez habituellement vos photos. Photo to Movie ne rechignera ni à importer des vues depuis iPhoto ni depuis LightRoom ou Aperture pour ne citer qu'eux. Rien n'interdit non plus aux pressés d'ajouter d'un seul jet un dossier quelconque de 400 photos via la fonction Importer (Fichier / Importer). Une photo en vrac sur le bureau ? Pas de souci non plus. Photo to Movie accepte aussi un glisser-déposer depuis le bureau.


Les photos se placent directement sur la ligne de temps, à l'endroit voulu de celle-ci ou se jettent dans la grande fenêtre centrale, ce qui les place en dernier sur la ligne de temps.


La taille des vues fixes n'a pas de limitation ainsi que leur format de compression (du moment qu’il est compatible QuickTime) ou leur rapport de taille.


une fonction « zoom timeline », permet de visualiser ses vues avec l'échelle désirée : zoom réduit si on veut englober l'ensemble de son diaporama, ou au contraire zoom grossi si on souhaite apposer des images-clés ou pour toute autre raison.


A droite, un Inspecteur est disponible pour régler les mouvements avec notamment un curseur pour le zoom, un autre, plus détaillé pour les images-clés. Je vous fais grâce des autres éléments que vous découvrirez très intuitivement. L'idée sympathique à retenir est qu'on peut obtenir une interface très dépouillée, l'affichage des différentes sections de l'interface étant facultative. Par exemple, exit la bibliothèque si elle ne vous sert plus !


photo to movie

Deux autres points qui ne sautent pas aux yeux immédiatement : l'aspect du diaporama et la taille d'image que pouvez agrandir ou réduire via la commande Information sur le document. Vous pouvez même modifier la fréquence d'image.


Importante aussi : la couleur de fond qui va s'afficher sur le diaporama en sortie si la photo ne recouvre pas l'intégralité du cadre. Or ce cas de figure se produit par exemple pour remplir l'espace inoccupé par une vue verticale ou par tout débord. Ce réglage est distinct de celui de l'export mais il s'est diversifié avec la version 5. Pour être tranquille, choisissez la couleur noire, très passe-partout.


A noter : l'affichage de la durée totale est en minutes, secondes et centièmes et non en images. Mais ce n'est pas vraiment gênant.



(Photo to Movie 5)

Mouvements, images clefs, transitions

Les mouvements sous Photo to Movie doivent être bien compris. Photo to Movie peut utiliser un mouvement de panoramique seul, de zoom seul, ou les deux combinés d'ailleurs proposé par défaut (il s'agit du fameux effet Ken Burns d'iMovie/iPhoto) . Par expérience, ce dernier fonctionne le mieux. On peut aussi paramétrer une rotation mais ce n'est pas du meilleur goût. Bien entendu, il est aussi possible de laisser l'oeil du spectateur se reposer en n'insufflant aucun mouvement à la photo. Et les adeptes des surprises peuvent même laisser le logiciel choisir à leur place !


Bichonnez plutôt le zoom-panoramique, d'autant que le mouvement n'est jamais le même. Il se règle photo par photo car le développeur est parti du principe assez juste que chaque photo requiert "son" mouvement, en fonction de son contenu propre.


Depuis l'onglet Mouvement de l'Inspecteur, on peut choisir la durée du mouvement, par défaut sur 5’’ et opter au choix pour une pause de x secondes avant ou après chaque vue, et/ou un démarrage x secondes après le début et/ou un arrêt x secondes avant la fin. L'animation accélère et finit doucement pour ne pas perturber le regard. Parfait par exemple pour suivre un itinéraire sur une carte.


photo to movie

Le nec plus ultra - qui renvoie iPhoto au rang d'une antiquité presque poussiéreuse - est d’utiliser des images clés, principales ou même intermédiaires. Ces images-clés permettent de tracer le mouvement précis de balayage et/ou de zoom sur une photo, offrant une souplesse totale de positionnement. Et c’est très simple, c'est même le coeur du fonctionnement de l'application  ! Il suffit de saisir les poignées de deux cadres vert et rouge qui s’affichent. Le premier cadre (vert) indique la position de départ, le deuxième cadre (rouge), la position d'arrivée. Ces cadres sont manipulables, déplaçables, et réductibles / agrandissables à volonté. C'est ainsi que vous définissez le zoom et la trajectoire du mouvement panoramique.


photo to movie

On peut aussi mettre à profit l'Inspecteur (à droite) en jouant sur le curseur Zoom ou en modifiant l’angle de vue qui peut être ici profondément modifié. Enfin, on peut entrer des valeurs (coordonnées X et Y, largeur et hauteur de la fenêtre) pour une plus grande précision ou pour être assuré d'une homogénéité de placement entre les vues de départ et d'arrivée. On peut également s'aider d'une fenêtre des images-clés, utile si on dispose de nombreuses images intermédiaires.


Tout changement est si simple qu'on passe plus de temps que prévu à affiner le réglage ! A noter l’apparition dans l’Inspecteur d’un texte rouge si les images-clés n’atteignent pas un minimum de résolution, cas qui se produit si le zoom est trop marqué par exemple.


photo to movie

Passons aux transitions qui se sont grandement améliorées. De nombreux types de transitions sont disponibles avec leurs réglages propres. Le fondu-enchaîné ou le recouvrement doux, restent nos transitions préférées. Mais la version 5 a ajouté bien des transitions (on en dénombre désormais plus de 20 au total) auxquelles vous pourrez vous essayer.


Le calage des transitions est aussi un régal de souplesse et de rapidité puisqu'il suffit, sur la ligne de temps, de rapprocher ou d'éloigner une vue de sa voisine pour diminuer ou augmenter la durée de l'effet. Un "détail" : bravo d'avoir corrigé une aberration des anciennes versions : désormais l'accès aux transitions ne s'effectue plus seulement en cliquant sur le petit triangle qui sépare deux photos (qui était invisible selon la grosseur de la ligne de temps !) mais indirectement depuis l'Inspecteur.


Seul petit regret : l'impossibilité apparente de modifier les paramètres d'un effet de transition pour l'appliquer à toutes les vues.

Attention, Photo to Movie est gourmand en ressources. Conséquence, la prévisualisation en Lecture en temps réel peut se manifester par des saccades selon la puissance du processeur. Réduisez la taille de la fenêtre, fermez les autres applications et n’ajoutez pas d’audio ou de titrage avant d’avoir terminé l’éditing des vues fixes. A noter la disponibilité de la lecture plein écran (F6), offrant un confort de vision extraordinaire si votre configuration suit.>


photo to movie
La version 5 accueille aussi une palette d'effets qu'on peut appliquer aux photos, une par une. On apprécie la Gigue qui permet de rétablir l'horizontalité d'une photo penchée ou encore le Flou, le Contraste, la Luminosité, etc. Des marqueurs peuvent être aussi ajoutés aux photos ou aux pistes audio.


(Photo to Movie 5)

Audio et titrages

photo to movie

Trois solutions sont possibles pour agrémenter son diaporama sur un plan sonore :


  • glisser un ou plusieurs fichiers audio sur la ligne de temps, ce qui ajoute une nouvelle piste à la ligne de temps.
  • utiliser le Navigateur de fichiers pour importer des fichiers provenant de la bibliothèque iTunes.
  • enregistrer sa voix pour placer un commentaire et l'enregistrer sous différents codecs de compression. Prévoyez un micro correct ou utiliser le micro de votre caméscope.

Chaque segment audio dispose de son propre niveau réglable. De plus, on peut ajouter autant de pistes que souhaitées, ce qui est un net progrès. On peut même demander à caler l'audio sur les photos, de telle sorte que la durée totale des images va coïncider avec la durée de l'audio. Pas mal.


Il n'existe pas à proprement parler de modulation possible du son, mais on dispose de fondus réglables "à la main" (ou en cochant deux cases) en début et fin de morceau. Pour un travail optimal, bien sûr, on pourra toujours retravailler son diaporama au sein d'une application tierce telle que GarageBand.


photo to movie
Côté titrage, celui-ci reste basique mais utile en dépannage. Le positionnement du titre est libre et un minimum de « décoration" s’avère possible : choix de la typo parmi celles d’OSX, ombrage, couleurs… On peut même afficher les zones de sécurité de titres qu'on retrouve en pro sous Final Cut Pro ou Livetype pour que le titre ne soit pas masqué par le cache de certains anciens téléviseurs. Cependant, à moins de vouloir envoyer son diaporama directement par email ou sur le Web, nous vous recommandons d'ajouter vos titres au montage car une fois le diaporama exporté depuis Photo to Movie, le moindre petit changement de titraille implique de tout réexporter.
photo to movie

Notez qu'en cliquant sur le bouton de titrage, on ajoute à chaque fois une piste à la timeline, ce qui permet de manoeuvrer la durée et le positionnement des titres (si l'on veut placer le titre sur une autre image que celle prévue à l'origine) de façon beaucoup plus souple que sur une seule ligne. Notez aussi la faculté d'incruster des titres avec fondu entrée/sortie.



(Photo to Movie 5)

Export

L'export s'effectue via l'onglet "Créer la vidéo". Et il est de qualité ! C'est l'un des points faibles majeurs d'iPhoto dont profite Photo to Movie. Ici, on peut exporter directement vers QuickTime, iDVD ou Youtube (avec une étrange limitation à 15 minutes). L'export en 1080p a été ajouté dans la version 5 et le rendu est particulièrement fluide. Le contrôle du rapport hauteur / largeur a par ailleurs été amélioré. Pour chaque application destinataire, à chaque fois, plusieurs options sont offertes. Attention, les réglages sont parfois en NTSC par défaut, mais il suffit de régler sur Pal.


photo to movie export
Au visionnage sur TV, les mouvements sont plus "lissés" qu'avec un export sous iPhoto ou même FCPX. A l’origine de cet « exploit », un algorithme très performant. Revers de la médaille, l'encodage du film est très lent, il faudra vous montrer patient ! En effet, Photo to Movie réalise lui-même un encodage fin d'une qualité supérieure (définition, entrelacement sans trop de scintillement ni perte de résolution, fluidité).


(Photo to Movie 5)

Conclusion

Cette application Mac et Windows, qui allie puissance et souplesse, permet de réaliser des diaporamas vidéos aux images lissées, même avec des mouvements complexes de panoramiques et de zooms ou de rotations. Il surclasse les facultés d’iPhoto et son fameux effet Ken Burns. Les points faibles (sélection des transitions, titrage basique), que l'on peut contourner, ne font pas le poids face aux qualités de cette application.


Une version 6, compatible Mountain Lion, va probablement pointer son nez avant fin 2012. Nous compléterons ce test si de nouvelles fonctionnalités voient le jour.



(Photo to Movie 5)

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