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L'art du travelling aérien avec Google Eearth

02 février 2012 par Thierry Philippon

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google earth

On connaît Google Earth pour ses capacités à aller pointer n'importe quel endroit de la planète en vue satellittaire depuis une plateforme Windows, Mac ou un mobile. Certains l'utilisent dans des buts informatifs, ludiques, d'échange de données topographiques, voire promotionnels (indiquer l'emplacement d'un lieu commercial). Google Earth s'est amélioré au fil des versions (version 6.0.3 au moment de ce test) même si l'empreinte forte de la version d'origine est toujours là.


Pour pimenter leurs films, les vidéastes voyageurs se servent surtout de Google Earth pour effectuer un zoom avant sur un point précis. C'est relativement facile. Mais Google Earth peut aussi s'avérer redoutablement efficace pour tracer un itinéraire réaliste (relief en 3D, avec la texture locale...) et très "cinématographique" façon ballon dirigeable ou drone. Les propriétés cinégéniques évidentes de cet effet sont enregistrables. Mais son bon usage requiert plusieurs réglages et précautions. Et une bonne compréhension des facultés du logiciel pour les adapter à votre vidéo.


Les motivations à enregistrer un itinéraire ou une partie d'itinéraire peuvent être multiples : on peut vouloir rythmer un film de voyage de cette façon en proposant des trajets reliant deux villes ou deux lieux à condition qu'ils soient faiblement distants. Ces trajets serviront de "chapitrage au film", une manière plus originale que de placer en incrustation le nom du nouveau lieu.


Enregistrer un itinéraire avec Google Earth peut aussi s'avérer utile comme séquence d'introduction, par exemple pour un film de mariage, en montrant le voyage des futurs époux depuis leur ville de résidence vers l'endroit où les festivités doivent avoir lieu.


Les motifs d'intérêt peuvent être aussi purement illustratifs et esthétiques, faire découvrir la topographie d'un lieu, le relief des montagnes...


Notez que Google Earth existe aussi en licence Google Earth pro (321 euros/an) avec impression en haute résolution, ensemble des données relatifs aux parcelles, au trafic et à la démographie. Période d'essai gratuite de 7 jours. La version gratuite devrait vous suffire.


Ce test a été réalisé sous Mac OS X 6.0.3 mais la version Windows est identique dans ses fonctionnalités, seuls quelques termes changent (Options à la place de Préférences, etc.).



> LIRE LA SUITE : Les préparatifs

Les préparatifs

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La fonctionnalité qui autorise ce voyage dans les airs est la recherche par "Itinéraires" qui est proposée depuis des années. Comme son nom l'indique, ce type de recherche dessine un itinéraire routier choisi entre deux points en annotant les changements de directions ou les embranchements. Il existe plusieurs modes d'affichages. Le plus intéressant pour le vidéaste parcourt l'itinéraire en travelling, c'est-à-dire en simulant la progression d'un ballon dirigeable ou d'un hélicoptère. Pour cela, on entre le lieu de départ - il n'est pas indispensable que ce soit une ville précise - ex : massif du Mont Blanc, et le lieu d'arrivée.


Les procédures diffèrent un peu sous Mac et Windows. Sous Mac, il suffit de valider (Enter) et de lancer la visite directement en cliquant sur le symbole Lancer la visite qui comme son nom l'indique, lance le tracé de l'itinéraire, c'est-à-dire que Google Earth se positionne de lui-même au début de l'itinéraire, à environ 700 mètres de hauteur (par défaut). Parallèlement, un curseur de lecture s'affiche en incrustation en bas à gauche de la fenêtre. Sous Windows, c'est un peu moins intuitif : il semble qu'il faille d'abord enregistrer le tracé dans le dossier "Lieux préférés" puis lancer l'itinéraire depuis la ligne "Route".


Tronc commun ensuite : Google Earth suit la route en travelling selon un angle d'inclinaison prédéterminé. Le logiciel "avance" donc sur la vue satellite à la manière d'une caméra virtuelle, en suivant les contours de la route. L'effet est enregistrable (avec un logiciel dédié) sous couvert de respecter quelques réglages.


Le tracé routier est peint en mauve par défaut (la couleur ne semble pas modifiable, seule possibilité : on peut empêcher le tracé de s'afficher). Bien sûr, l'itinéraire peut être raccourci à tout moment par le début ou la fin.



(L'art du travelling aérien avec Google Eearth)

Affiner les Options / Préférences

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Régler les Préférences (ou Options sous Windows) va vite s'imposer à vous car il est très improbable que les réglages par défaut conviennent. Les réglages sur lesquels il faut porter son attention se trouvent principalement dans l'onglet "Visite". Cet onglet s'est visuellement un peu complexifié au fil des versions mais vous n'avez que trois paramètres principaux à surveiller / corriger, les autres étant moins indispensables.


-Le premier dénommé "angle d'inclinaison de la caméra" est réglable au dixième de degré près entre 0 et 89°. Une vue à 89° procure une vision presque à l'horizontal. C'est un choix de perspective qui aplatit tout. A l'inverse, à 0°, vous êtes à la perpendiculaire du sol. Aussi, comprenez bien ce qui va se produire : à hauteur égale, à 0° d'angle, l'impression de vitesse va devenir nettement plus grande et la persistance rétinienne n'aura pas le temps d'emmagasiner les changements du terrain. Aussi ne prenez pas une vue trop inclinée (entre 30 et 70° par exemple) et jouez avec les deux paramètres que nous abordons ci-après pour affiner. Pour notre part, nous avons réglé l'angle sur environ 30° pour un film procurant une vision inclinée du terrain que j'ai trouvée plaisante, car peu déformée. Pour un second film se déroulant dans les Alpes, j'ai choisi un angle de 66°. Libre à vous de préférer une autre inclinaison.


-Le second paramétrage tient à la "Portée de la caméra", autrement dit la distance depuis le sol. De 10 mètres à 5000 mètres. Le réglage par défaut (environ 700 mètres) n'est pas mal du tout. Notez qu'il faudra souvent exclure une distance trop proche pour des raisons de manque de qualité de la vue satellite. Attention au piège des régions montagneuses ou très vallonnées. Il va de soi que si vous placez votre caméra à 1000 mètres de hauteur dans un massif des Alpes, vous risquez d'obtenir une vision peu agréable car soit, vous ne dominerez rien, étant la plupart du temps au-dessous des sommets, soit votre itinéraire "rebondira" littéralement sur les falaises (ou les escaladera brutalement), la hauteur de portée n'étant pas compatible avec le franchissement des obstacles naturels du terrain !


-Le troisième et dernier réglage des Préférences affecte la vitesse de défilement de la visite, allant de "Lent" (correspondant à très lent = 50) à "Rapide" (= très rapide, soit 1000). Excluez d'emblée les vitesses trop élevées si, selon la portée de la caméra choisie, vous constatez que le logiciel n'a pas le temps de réaliser la mise au point. D'autre part, l'enregistrement saccadera. Optez pour une vitesse lente, voire très lente.


Attention, un gros piège : vos réglages des Préférences n'ont pas toujours d'effet en temps réel. Pour constater les changements, il faut d'une part sélectionner "Appliquer" puis OK et non OK directement; d'autre part, il importe d'arrêter le lancement de visite en cours (touche Stop) et de relancer la lecture. Enfin et surtout, il faut souvent quitter l'application et relancer (parfois Google vous le dit, parfois, non). Pour notre part, il a fallu presque tout le temps quitter pour constater les changements effectués. Attention aussi, après chaque Stop, on revient au départ de l'itinéraire.



(L'art du travelling aérien avec Google Eearth)

Déjouer les obstacles

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Tout ce qui s'affiche sur Google Earth est bien sûr enregistrable mais tout n'est pas forcément esthétique ! Le premier (petit) obstacle à franchir est de choisir des zones du parcours où la vue satellite est de bonne qualité. Ce n'est pas toujours le cas. Par exemple, autour des très grandes agglomérations (pas trop polluées !), la vue est généralement détaillée et précise. Mais si on s'éloigne de la périphérie (à l'étranger dans des zones reculées), la vue peut devenir moins nette, rendant l'enregistrement impossible, à moins de prendre une sacrée hauteur. Notez que certains sites sensibles (zones militaires…) sont par ailleurs floutés.


La seconde difficulté est d'éviter les saccades à l'enregistrement de la vidéo : sous Windows 7 et un PC récent, j'ai obtenu de bons résultats avec des saccades très limitées. En revanche, avec un Mac visiblement pas assez puissant ou une carte graphique pas assez performante, les saccades sont inévitables. D'autres témoignages font également état de difficultés.


Attention, les saccades ou en tout cas, un certain manque de confort visuel, peuvent exister même sous Windows si vous ajustez mal la vitesse. Ainsi, pour une vue assez proche du sol (moins d'un kilomètre de haut), vous devrez choisir entre lente et très lente, inutile d'essayer une vitesse rapide. Votre vitesse étant lente, l'enregistrement en continu de longs trajets paraît exclu car cela prend un temps considérable. Mais si la distance est raisonnable, les plus patients pourront tenter l'expérience. L'intérêt est de pouvoir sélectionner ensuite les paysages les plus intéressants.


Les meilleurs résultats sont obtenus en plaine lorsque vous traversez quelques nuages résiduels. La sensation de lent travelling est meilleure avec les autoroutes et de manière générale, les routes toutes droites. A l'inverse, le moindre virage oriente plus ou moins brusquement la caméra, compliquant le travelling. Toutefois, vous pouvez jouer de certaines courbes (par exemple une sortie d'autoroute) qui donneront un résultat visuel intéressant. Evitez en revanche les enregistrements dans les villes car la caméra, bien qu'aérienne, tournicote à chaque changement de trajectoire sur le sol ! Or on ne peut évidemment pas supprimer un bout du trajet, on peut juste changer son nom ou enlever le repère écrit.



(L'art du travelling aérien avec Google Eearth)

Enregistrer le parcours

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Google Earth permet d'enregistrer une capture du Trajet à condition de détenir un simple logiciel de capture vidéo. Les logiciels de capture vidéo sont nombreux, surtout sous Windows, vous n'aurez que l'embarras du choix (voir notre liste). Prenez garde, la fluidité du parcours nécessite un ordinateur puissant et le cas échéant, un outil de défragmentation si votre PC tourne depuis longtemps sans opération de défragmentation. En effet, lors de l'enregistrement, vous sollicitez intensément le processeur qui doit gérer à la fois le travelling sous Google Earth et dans le même temps, la capture vidéo du mouvement à l'écran. Du coup, il importe de ne pas sélectionner une fenêtre d'écran trop grande. Un peu téméraire, j'ai tenté de pousser jusqu'à une résolution de 720p. Mais c'est limite.


On peut aussi tenter d'assombrir le contraste de l'écran car l'enregistrement a tendance à "délaver" un peu le rendu du parcours.


Une fois la vidéo enregistrée, au montage, vous pouvez tenter d'accélérer un peu la vidéo réalisée avec Google Earth, cela épargnera des saccades éventuelles. Enfin, si vous encodez en mpeg-2 pour créer un DVD, attention à l'aliasing et aux filtres de désentrelacement. Faites des essais avec et sans désentrelacement.



(L'art du travelling aérien avec Google Eearth)

Agrémenter le parcours

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On peut s'arrêter là, on obtient déjà quelque chose d'exploitable, voire de très bien ! Mais on peut aller aussi loin que votre imagination vous emportera...


Quelques suggestions :
-On veillera par exemple à supprimer - selon les cas - toutes les infos pratiques qu'offre Google telles que les frontières et légendes, "street views", et autres lieux d'intérêt, afin de ne pas encombrer visuellement le travelling.


-On peut éliminer le tracé de couleur de l'itinéraire. Il suffit de lancer la visite puis de décocher la case de l'itinéraire en cours de lecture.


-On peut aussi afficher le soleil ou pas. La possibilité est intéressante mais elle ne m'a pas complètement convaincu, restant difficile à doser (fort obscurcissement).


-On peut également activer l'atmosphère (ce qui fait apparaître le ciel) et la surface de l'eau. A voir selon vos goûts et vos besoins.


-Ne laissez peut-être pas le filigrane de "l'outil de navigation" (celui qui sert à zoomer / se déplacer / changer l'orientation). Désactivez-le grâce à l'option "Jamais" du menu "Affichage / Afficher l'outil de navigation".


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Soyez créatif. Pourquoi ne pas placer des photos évocatrices des lieux que vous traversez ? A chaque nouvelle séquence de route peut ainsi correspondre un changement de photos. Effet garanti !


(L'art du travelling aérien avec Google Eearth)

Logiciels de capture vidéo

camstudio

Voici une sélection de logiciels de capture vidéo :


Pour Windows :


Fraps (payant mais version d'essai gratuite)
ALLCapture (partagiciel)
CamStudio (Open Source)
Camtasia Studio (payant)
Screencorder 5 (payant)



Pour Mac :


Snapz Pro X (payant)
iShowU (payant)



Pour Linux :


Xvidcap (Libre, GPL)



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