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iPhoto et Picasa

Analyse comparée de deux célèbres logiciels photos

17 décembre 2007 par Antoine Désir

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Maintenant que l'APN se banalise, le photographe doit remplacer son classement manuel par des outils plus adaptés à la prise en charge des nombreuses prises de vues. C'est l'objectif des catalogueurs photo, dont les deux présentés ici sont parmi les plus accessibles.


Ces deux catalogueurs d'images grand public sont célèbres et ressemblants. En effet, ouvrir Picasa sur un PC sous Windows fera immédiatement penser à iPhoto sur Mac. Mais si l'inspiration est évidente, pour le plus grand plaisir de ses utilisateurs, les deux produits ne sont pas du tout identiques et encore moins concurrents.



> LIRE LA SUITE : iPhoto, que c'est beau !

iPhoto, que c'est beau !

Picasa, depuis qu'il a été racheté par Google, est devenu gratuit. Donc moins cher que iPhoto, qui fait parti de la suite iLife coûtant 80 euros et comprenant quatre autres logiciels créatifs, agréables et novateurs. Payant, iPhoto ? Pas pour tout le monde car il est livré d'office avec tous les Mac. Et donc tous les utilisateurs de Mac récents possèdent une version de iPhoto dans leur dossier Applications. Mais la mise à jour vers la dernière version est payante (nous en étudions ici la version 6.0.1).


Comme pour d'autres logiciels Mac OS, ce qui frappe au premier abord est la qualité de l'interface. Du bien dessiné, bien placé, bien dimensionné. L'utilisateur est devenu aussi exigeant que les designers, surtout quand il est photographe !


iPhoto
 

Comme la plupart des catalogueurs d'image performants, iPhoto repose sur un fichier centralisé contenant les vignettes et les données sur les images (souvent appelé la base de données ou le catalogue). Mais iPhoto, par défaut, enregistre même les photos importées dans sa propre bibliothèque (le dossier iPhoto Library dans votre dossier Images).


Reconnu comme lent dans ses premières versions, iPhoto a bien progressé avec les deux dernières versions (5 puis 6). On peut maintenant se satisfaire de ses performances et l'annoncer comme un catalogueur rapide.


Mais plus que la rapidité brute de l'application, c'est la vitesse à laquelle un utilisateur épisodique va comprendre puis utiliser les fonctions qui est importante. Et la facilité d'utilisation est réelle, avec un phase d'apprentissage qui passe presque inaperçue lors des premiers pas.


Et puis, bénéficier de fonctions avancées comme les listes intelligentes (comme celles de iTunes) dans un logiciel basique est vraiment appréciable.


  iPhoto
 

Pour en profiter, commençons par importer. Soit par le menu Fichier pour importer les photos existantes d'un dossier, soit directement d'un APN. Si les photos sont dans un dossier, le "rouleau" portera simplement le nom du dossier. Attention, par défaut, iPhoto RECOPIE les photos dans sa photothèque pour s'affranchir d'une éventuelle disparition de la source (CD, carte mémoire, lecteur externe ou réseau). Un petit tour dans les préférences s'impose si vous avez déjà organisé vos photos dans des dossiers.


  iPhoto
 

Si votre APN est directement reconnu (le contraire devient rare), vous verrez sa carte mémoire apparaître dans la liste de gauche.


 

iPhoto


  Il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton importer. Difficile de faire plus simple !
  Lorsque les photos sont dans la photothèque, il est possible de les retoucher :
  iPhoto
 

Rien de bien extraordinaire (ne pas confondre iPhoto et Photoshop), mais l'essentiel y est (et plus avec le pinceau qui permet de dissimuler un visage), avec quelques effets et surtout une palette d'ajustements assez fournie, incluant un histogramme couleur !


  iPhotoiPhoto

Et les fonctions de retouche ont des petits secrets : comparaison avec la version initiale en laissant la touche Contrôle appuyée et définition automatique d'un "point blanc" par la combinaison d'un clic et de la touche Pomme. Pour cette dernière fonction bien cachée, un bouton aurait été le bienvenu.


 

Et quand on voit que l'on peut retoucher les photos en plein écran, avec plusieurs images simultanément (très utile pour les adeptes du bracketing), on se demande comment on pouvait faire sans cette table lumineuse (grand écran conseillé) :


  iPhoto
 

Après avoir importé puis retouché les images pour obtenir ce que l'on veut, reste à les classer. Ici encore, iPhoto n'est pas en reste, même s'il ne peut être comparé à des outils professionnels (du type iViewMedia Pro). Classement sur 6 niveaux (de 0 à 5 étoiles), commentaire sur chaque photo, mots-clés sur une ou plusieurs photos, les méthodes de classement sont suffisantes pour l'amateur. Et si vous avez la chance de bénéficier de Spotlight (le moteur de recherche de Tiger), vous pourrez retrouver les photos annotées instantanément. Pour classer les photos par événement, il reste à créer des albums, intelligents ou non. Elles seront ainsi facilement identifiables, sans recherche.


  iPhoto
Mais si vous voulez chercher, vous n'aurez que l'embarras du choix : le calendrier (pour une recherche selon l'année, le mois, la semaine ou le jour de la prise de vue)
  les mots-clés (très rapide si vous avez pris la peine de les cocher) iPhoto
 
la recherche textuelle (qui cherche dans les noms des fichiers et des dossiers, les commentaires et les mots-clés)
 

, et enfin les albums intelligents ! Comme les listes de iTunes ou les recherches enregistrées de Spotlight, les albums intelligents sont dynamiques : les photos contenues dans ces albums sont celles qui répondent à des critères que vous choisissez parmi les nombreux disponibles. Du classique mot-clef, date ou classement, les critères s'étendent à certaines données techniques :


  iPhoto
 

En effet, comme vous pouvez le constater, nous avons accès à quelques données de prise de vue dans les albums intelligents, alors que la recherche simple selon ces informations EXIF n'est pas encore possible. Comme un album intelligent peut combiner de nombreuses conditions et même être un sous-ensemble d'un album standard, c'est une puissante fonction de classement qui est proposée par iPhoto.


Et pour regarder tout ça, quelles sont les possibilités ? Bien sûr, le diaporama !


  iPhoto
 

Plein de réglages et d'effets dans ce module. Il y a vraiment moyen de faire quelque chose d'élégant (nombreuses transitions de haut niveau, fond sonore, effet Ken Burns). De nombreux utilisateurs tentent d'utiliser iPhoto pour faire des petits montages photos à insérer dans iMovie. Malheureusement, ce passage est bien géré pour la vidéo NTSC (définition du diaporama de 720 x 480 pixels, à 30 images par secondes), mais pas encore pour la vidéo PAL. Dommage !


Passons (mais vous êtes invités à parcourir les nombreuses possibilités des ces modules) sur la conception puis la commande de cartes, calendriers, livres et tirages plus standards. Assez coûteuses, les prestations de l'imprimeur choisi par Apple ont bonne réputation. Mais vous n'avez pas le choix du labo.


Vous pourrez aussi directement envoyer des photos par mail, iPhoto se chargeant de les redimensionner pour qu'elles ne soient pas trop lourdes. En un seul clic, une photo dépouillée fera un fond d'écran personnalisé (attention, il n'y a pas de confirmation pour changer le fond d'écran).


Un effort d'Apple serait nécessaire dans l'impression des photos sur nos imprimantes personnelles. Presque tout est possible, mais exige d'explorer les nombreuses combinaisons de papier, style, taille de photo, etc. La convivialité n'est pas au rendez-vous :


 

iPhoto


 

Ouf, la gravure sur CD est intégrée. Cette opération est tellement essentielle pour sauvegarder ! Archiver ou envoyer des photos est à l'image de la gravure de Mac OS : sélectionnez l'album ou les photos, cliquez sur Graver dans le menu Partage et n'oubliez pas d'insérer un CD vierge, cela fonctionnera mieux ! ;-)


Autant l'export d'un diaporama comme séquence vidéo pour iMovie n'est pas au point (pour la vidéo PAL), autant il est facile de passer directement dans iDVD, iPhoto créant le diaporama pour nous et l'insérant dans un projet iDVD tout neuf. Simple et efficace.



(iPhoto et Picasa)

Picasa, t'as vu ça ?

Puisque iPhoto est devenu une référence et qu'Apple ne le développe pas pour Windows, faut-il se contenter de ces tristes catalogueurs chers ou de ces logiciels gratuits aux fonctions limitées ? Grâce à Google en pleine expansion, il est possible de bénéficier gratuitement d'un outil agréable et rapide, et très bien intégré au Web.


Voici un exemple de catalogue photo public réalisé avec Picasa par un amateur.


Picasa

Comparé à iPhoto, l'esthétique et l'ergonomie sont un ton en-dessous. Certaines manipulations peuvent demander une petite recherche, mais l'utilisation reste agréable car l'interface est bien dessinée. C'est que les fonctions disponibles sont nombreuses, en particulier les liaisons avec les services internet (blog, site web, Gmail). D'autres manquent cruellement, comme la notation à plusieurs niveaux (seuls les favoris sont disponibles) ou la table lumineuse.


Picasa  
Tout d'abord, importons les photos d'un appareil numérique (qui doit être reconnu par Windows auparavant).
Les photos importées ou celles trouvées dans l'ordinateur peuvent être retouchées de façon simple et efficace avec de nombreux réglages.
  Picasa
Picasa

Quelques options évoluées éviteront le passage par un logiciel de retouche spécialisé.


Picasa   Et même des effets bien préparés pour les créatifs.
Pour regrouper les photos autrement, il faut créer des libellés. Le terme est mal choisi, il faut le connaître pour deviner sa fonction :
  Picasa
Picasa est aussi basé sur la chronologie, la méthode de classement la plus naturelle. L'outil de recherche très accessible permet de restreindre la plage des dates à parcourir et même d'isoler les photos favorites ou les vidéos :
Picasa
Picasa  
Comme dans tout logiciel, cette recherche ne sera efficace qui si vous renseignez correctement les mots clefs des photos :

Vous allez me dire : trop long, il faudrait décrire chaque photo ! Tout d'abord, regroupez les photos pour entrer les mots clés et choisissez vos termes pour ne pas les multiplier. Ensuite, à vous de choisir : préférez-vous passer du temps à entrer des mots clés ou à faire des recherches imprécises ?


Maintenant que les photos sont bien casées, bien annotées, si on les regardait ?
Le module d'impression est simple, les options essentielles s'y trouvent :


Picasa
Picasa  
Pour plus d'originalité, il est possible de créer un montage. Rien de complexe, rassurez-vous, mais c'est élégant :

Et comme Picasa est maintenant un produit Google, le lien avec Internet est particulièrement soigné


Picasa   Blog
Commande de tirages ou d'albums :   Picasa

Contrairement à iPhoto, Picasa laisse un grand choix dans le prestataire. La contrepartie, c'est que la commande n'est pas intégrée à Picasa, mais se fait sur le site du prestataire. Plus de concurrence, moins d'ergonomie.


Si vous préférez mettre les photos sur un site web plutôt qu'un blog Google, une fonction d'export web est présente, bien qu'assez frustre :


Picasa


Picasa  
Cet export web n'est en fait qu'une variante du module d'export plus général de Picasa.
A partir d'une série de photos, on peut même créer des vidéos : n'en attendez pas les services d'un logiciel de diaporama ou de montage vidéo. L'éventuelle gravure sur un DVD vidéo se fera ensuite avec un logiciel externe votre choix...
  Picasa
Picasa  
Les ordinateurs n'étant que des machines sujettes à panne, manipulées par des humains encore plus faillibles, il faut bien faire les sauvegardes. Un grand bravo à Picasa pour avoir inclus un module dédié. Vous n'aurez aucune excuse !

Mais il est des détails qui fâchent :
• Les dialogues sont soit en mode Windows (comme celui des nouveaux libellés), soit en mode "Picasa" - agréable à l'oeil - comme celui des mots clés. Un manque de finition certain mais qui ne porte pas à conséquence.
• Les libellés qui servent à créer des listes personnalisées ne peuvent pas contenir tous les caractères (pas de ? ou de : , par exemple).
• Ces mêmes libellés ne peuvent pas être construits selon des critères automatiques et sont encore moins dynamiques.
• L'importation se fait dans le dossier Mes images de Windows, par défaut. Il faut aller dans les options pour changer la destination.


Picasa  
• La chronologie en mode vidéo est difficilement lisible sur un écran d'ordinateur, dommage pour cette agréable interface. Elle semble destinée à être affichée sur une télé.
• La création d'une page web passe par le menu. Comme d'autres fonctions (retouche d'une image), on aurait souhaité un bouton, plus accessible.


(iPhoto et Picasa)

Conclusion

Les deux logiciels ne sont pas concurrents car ils ne peuvent fonctionner sur un même ordinateur. Et passer au Mac uniquement pour iPhoto n'a pas de sens, l'investissement dans une catalogueur plus haut de gamme levant les restrictions de Picasa. Dans sa deuxième version, ce logiciel est prometteur mais ne peut encore se mesurer à la sixième mouture de iPhoto dont la progression ne faiblit pas.



(iPhoto et Picasa)

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