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DVD : Les Triplettes de Belleville

Un fabuleux film d'animation à (s') offrir

28 janvier 2004 par Sylvain Chomet - Mis à jour le 28 janvier 2004

 

triplettes de belleville

Dans les années cinquante, un enfant nommé Champion nourrit une passion pour le vélo, aussi sa mère entreprend-elle de lui faire suivre un entraînement acharné... Mais de drôles d'aventures vont survenir, imaginées par le réalisateur Sylvain Chomet.

Réalisation et Scénario : Sylvain Chomet
Musique : Ben Charest
Editeur : France Télévisions
Date de parution : 14/01/2003
Format écran : Cinémascope
Format :Cinémascope -1.66:1
Full Screen (Standard) - 1.33:1
Langues et formats sonores : Français (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0 Stereo)

Durée (film) : 1H20.


Bonus :
• Une Edition 2 DVD:
DVD 1:
• Le film (1h20). Le clip vidéo de M. La bande-annonce.
DVD 2:
Le Making Of (15 min). • L'entretien avec Sylvain Chomet et Evgeny Tomov, le chef décorateur (30 min). "Leçon" d'animation de Sylvain Chomet. Le Making Of du clip de M. Le commentaire audio de 3 séquences par Sylvain Chomet. Format plein écran et cinémascope.
Prix du coffret : 16,98 euros Délai : 24 heures.




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Les triplettes de Belleville

 


Les Triplettes ont réellement existé. Dans les années 20, elles furent des musiciennes qui utilisaient des "instruments domestiques", des objets de tous les jours dont elles parvenaient à sortir des sons... Par exemple... un aspirateur ! L'un des bonus du DVD nous apprend par ailleurs que le Belleville du film est aussi une ville que traverse le réalisateur lorsqu'il voyage... entre Montréal et Toronto ! En réalité, une vingtaine de Belleville semblent exister en Amérique du Nord...

 


Ce film est la conjugaison de deux équipes, l'une d'Amérique du Nord, l'autre française. Cette fructueuse collaboration a pour origine que le réalisateur Sylvain Chomet partage sa vie entre Paris et le Québec. Un réalisateur déjà comblé par un 1er court-métrage d'animation très remarqué, "la Vieille dame et les Pigeons" qui a obtenu des prix aux Festivals d’Angers, Londres, et Pasadena.

 


Comme le mentionne "M", interprête-décorateur sonore des Triplettes, la première partie du film dégage quelque chose d'humain, d'émouvant, à fleur de peau, "pas putassier" (c'est son expression), où on prend le temps dans des périodes où tout va vite et où l'espace-temps n'a plus de sens. A droite, on distingue en arrière-plan le chien "Bruno", qui aboie à chaque passage d'un train devant sa maison. Une demeure qui s'est inclinée à tout jamais car elle a dû résister tant bien que mal à l'industrialisation des villes...

 


Dans le bonus du DVD, Michel Ocelot évoque des détails bien intéressats : les Triplettes est un film d'animation dans lequel aucun personnage ne s'exprime (hormis Bruno le chien !). Cette histoire sans paroles confère ainsi un style au film qui lui est propre, et le scénario, ainsi débarrassé de toute parole, renforce l'attention du spectateur. Enfin, la démarche est assez maligne car l'équipe de production n'a plus la barrière de la langue !

 


On vous recommande vivement une section du DVD intitulée "Le futur antérieur de l'animation". On y apprend une foultitude de petits détails croustillants sur l'univers des dessinateurs et plus particulièrement sur la technique très particulière qui a servi ce film. Saviez-vous que lorsqu'un animateur dessine, il utilise ses deux mains ? Que le vélo de "Champion" est en 3D mais que Champion lui-même a été redessiné en 2D à partir de l'impression papier du vélo 3D ? Et ce, pour chacune des 24 images que compose une seconde, évidemment... Les anecdotes s'enchaînen, servies par une belle réflexion sur l'univers du dessin animé.


Ci-dessus, Bruno rêve fréquemment (ici à gauche, à bord d'un train passant devant sa maison) et à droite, incrusté surdes images vidéo. Ca vaut le détour)


 


Le film se déroule sur fond de Tour de France : "Champion", le héros malgré lui, est kidnappé par deux hommes en noir qui n'ont d'autre but que d'exploiter les coureurs les plus épuisés du Tour de France pour les traiter comme des bêtes dans une ville imaginaire d'Amérique. La vision noire de Sylvain Chomet serait-elle aussi métaphorique... ?

 


Mme Souza (ici assise à droite) pédalera sur son pédalo derrière un paquebot : c'est ainsi qu'elle rejoindra New-York ! Et se retrouvera au milieu des obèses d'une ville à peine imaginaire... On notera l'opposition entre cet univers de fin du monde où règne le Dieu Hamburger et les 3 triplettes, "grandes vieilles filles françaises" élancées et rachitiques... qui mangent des grenouilles à toutes les sauces...

 


Toutes les danses ont fait l'objet d'un certain "acting" de la part des dessinateurs pour coller au plus près de l'expression corporelle. La part de visuel reste prépondérante dans le film, compte tenu de l'éviction de tout dialogue.

 


Une des sections très intéressante du DVD est l'interview de Sylvain Chomet. Elle met en lumière le manque de dessin animé pour adultes. Le réalisateur rappelle pourtant que les premières émotions cinématographiques de l'enfant que nous avons été, sont justement celles du dessin animé.

 


Parmi les bonus du DVD, "les Triplettes vues par" font témoigner Antoine de Caunes. Il dépeint le film avec beaucoup de justesse, notamment lorsqu'il évoque l'angoisse qu'il a ressentie face à la vision de l'abominable Mafia... Preuve s'il en était du réalisme troublant de ce dessin animé décidément pas comme les autres...

 


Le Belleville imaginaire de la seconde partie du film ressemble à une ville comme Montréal qui aurait adopté une physionomie new-yorkaise. Résultat : une alchimie de décor détonante et fantasmagorique réalisée sur 2 logiciels presque banals : Photoshop et Painter... !

 



(DVD : Les Triplettes de Belleville)

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