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Des châteaux en images

à propos du film "LES CHATEAUX DE CELIA EN BEAUJOLAIS"

22 février 2017 par entretien Thierry Philippon - Mis à jour le 08 mars 2017

 

hélico


Mi documentaire, mi docu-fiction, "LES CHATEAUX DE CELIA EN BEAUJOLAIS" sont une visite en vidéo originale et variée de 15 châteaux du Beaujolais (traversant 25 communes) situés dans cette région viticole bien connue.


Structuré par une petite fille de 6 ans, Célia, qui guide le spectateur d'un château à l'autre, le film emprunte des moyens de locomotion originaux à bord desquels prend place la petite Célia, et qui relie les monuments entre eux. Ces liens, le réalisateur les appelle "les inter-châteaux".


De nombreux travellings égayent ainsi le film en train, montgolfière, carriole à cheval, vieille moto, hélicoptère, deux-chevaux, ou encore en marchant. Réalisé par Michel Perrin, informaticien à la retraite, ce film qui sera diffusé pour le moment dans des salles de cinéma locales (cinémas associatifs du Beaujolais : Villefranche sur Saône, Belleville, Tarare, Sain-Bel), a mis en oeuvre des moyens techniques et humains très importants sous l’égide d’une association de cinéma - Acibel (*) - créée pour l’occasion.


Les bureaux de magazinevideo jouxtant le Beaujolais, j'ai rencontré à cette occasion l'initiateur et le réalisateur de ce projet, qui m'a fait découvrir son film avant qu'il ne soit diffusé.


(*) Association CInématographique en pays Beaujolais et Lyonnais


 


Vous pouvez découvrir un extrait d'un peu plus de 3 minutes ci-dessus.


Photos et Captures d'écran : © Acibel


celia beaujolais

La première aura lieu le 8 Juin 2017 à 18H à Belleville dans le département du Rhône.


Les séances de projection suivantes en public :


- 14 juin 2017 à 20h à Sain Bel


- 20 septembre 2017 à 20h à Tarare



> LIRE LA SUITE : Portrait

Portrait

perrin


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LA GENÈSE DU FILM


L’idée de réaliser un film sur les châteaux les plus magnifiques ou les plus intéressants du Beaujolais est venue du constat que les habitants d’une région donnée ne connaissent pas toujours les beautés qui les entourent, un peu comme ces franciliens qui n'ont jamais visité la Tour Eiffel ou qui n’en connaissent pas la richesse historique, alors qu’ils la voient tous les jours.


La genèse du film est aussi née d’un désir filmique motivé par ces grandes manifestations telles que le Tour de France ou ces émissions télévisées comme la série "Des Racines et des Ailes". Ces programmes à forte audience s'installent dans un lieu mais ils passent (trop) rapidement sur les beautés de la région traversée. Parfois même, ils sollicitent des acteurs locaux qui s'investissent mais ces derniers s'aperçoivent à la diffusion qu'ils ont été coupés au montage !


Par ailleurs, l'activité dominante d'une région prend souvent le dessus. Ainsi dans le Beaujolais, les vignobles sont incontournables (y compris au cinéma, avec récemment le film Saint-Amour, tourné à l'extrême Nord du Beaujolais), mais les richesses culturelles ou patrimoniales annexes restent souvent méconnues !


grue

L'ÉQUIPEMENT & LA RÉALISATION


Pour tourner ce film, le réalisateur n’a pas lésiné sur l’équipement ni sur les ambitions ! Les images ont été tournées intégralement en UHD avec plusieurs boîtiers à moyen capteur ou grand capteur, parmi lesquels on trouve :


  • -un Sony A7R II (capteur 42 Mpx / Plein format) : + un Alpha 6300 (hybride APS-C), avec optiques 50mm + 28.135mm PZ pro + (spécifique A6300) 18-200mm.
  • -un Lumix GH4 (micro 4/3) + un Lumix G7 (micro 4/3) avec optiques 45.200mm ; 14.140mm ; 25mm ; 45.175mm ; Leica 100.400mm ; Olympus 12.40mm pro ; Samyang 12mm.

A la marge, les images d’une Red One ont été empruntées pour un unique plan aérien mais n’étant pas en UHD, elles ont été gonflées ("upscalées"). Un reflex Nikon a aussi été mis à contribution pour insérer quelques vues fixes dans le film.


Côté accessoires, l'association a disposé de plusieurs trépieds Manfrotto, un rail de travelling (entrée de gamme, il s’est cassé rapidement), une tête automatique rotative (donnant plutôt de bons résultats), une mini-grue, un chariot sur ressorts fabriqué spécialement pour le tournage (on en voit une scène dans l'extrait vidéo à 1'07''), et un Osmo (le 1er modèle de la série, voir test). L’Osmo a été très utilisé, souvent dans des configurations inattendues, y compris à l’extrémité d’une mini-grue. L'Osmo a parfois été employé sans écran, à cause des petits problèmes de liaison Wi-Fi qui empêchent (parfois) d’être réactif dans l‘instant.


Côté son, le réalisateur a eu recours à un micro cravate Rode en HF avec mixette Tascam. Le micro cravate se voit plus ou moins selon le cadre choisi mais sa vue ne gêne jamais vraiment, le spectateur étant habitué à voir à la télé un micro accroché à un interlocuteur qui s’exprime.


Michel Perrin ne souhaitait pas que son film soit une simple succession de vues de châteaux. Alors il a imaginé 10 "inter-châteaux" (comme il les appelle) qui donnent une dynamique au film et permettent de découvrir des moyens de locomotion originaux. Mais pour filmer toutes ces scènes, il a fallu monopoliser entre 2 et 5 personnes bénévoles pendant plusieurs mois (1 ou 2 personnes pour inter-châteaux), entre mai et novembre 2016. Hormis l'expérience acquise par Michel Perrin qui a tourné nombre de films en entreprise ou en voyage, aucun bénévole n'avait de formation en cadrage, mais le résultat est assez réussi...


Après un premier repérage préalable, l’équipe a filmé chaque château 2 fois x 2 heures, un timing relativement serré pour filmer un château entier ! D’où l’avantage d’être plusieurs pour pouvoir filmer plus efficacement.


comtesse

LES RELATIONS AVEC LES PROPRIÉTAIRES DES CHÂTEAUX


Le réalisateur a cherché tout au long de son film à impliquer les acteurs locaux. Les propriétaires des châteaux en font partie, et les relations ont été dans l'ensemble plutôt bonnes, voire excellentes.


Bien que le projet de film était sérieux et structuré, Michel Perrin pense avoir renforcé sa crédibilité en créant son association Acibel qui s'est avérée être un meilleur passeport d'entrée que de se présenter en tant que simple individuel.


Cependant la difficulté était de prendre en compte les deux "natures" de propriétaires : ceux qui avaient l'habitude de recevoir du public, voyaient nécessairement dans ce tournage un moyen de se faire connaître un peu mieux des visiteurs potentiels. Mais ceux qui n'étaient pas dans ce cas de figure, pouvaient être plus réticents, ou craindre des cambriolages. C'est la raison pour laquelle l'équipe a parfois dû se cantonner aux seuls extérieurs du château. Le drone prenait la relève, mais ce dernier pouvait à son tour donner quelques sueurs froides aux châtelains, redoutant qu'il ne heurte l'édifice ! :) Par précaution, le réalisateur avait souscrit une assurance (MAIF pour association).


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L’APPORT DU DRONE


Le drone apporte des vues réellement magnifiques des châteaux comme en avait déjà attesté les vues de Philippe Croom, un autre amateur ayant également expérimenté avec succès les prises de vues aériennes de châteaux (voir entretien).


Le tournage ayant commencé en mars 2016, après une phase préalable de préparation, Michel Perrin a utilisé un Phantom 3 pro (le Phantom 4 n'était pas encore sorti) et envisage l’achat prochain d’un Phantom 4 pro. Grâce à quelques vues déjà réalisées sur un film précédent, il a pu être être opérationnel assez rapidement. Il conseille, pour éviter le vent, principal ennemi du drone, de filmer le plus tôt possible le matin, plutôt avant 9 heures. Naturellement, ce conseil vaut surtout pour les mois où le soleil se lève tôt, de mai à octobre.


Le drone a chuté une fois. Mais le réalisateur avait pris soin de lui apporter quelques protections. Une autre fois, faute de batterie, l'engin est retourné automatiquement à sa base mais a failli « se payer « au passage le toit de son habitation.


Pour les visites de châteaux, 2 batteries ont suffi.


premiere

LE MONTAGE


Pour le montage, notre vidéaste utilise Premiere Pro CC dans sa toute dernière version. Un logiciel qu’il maîtrise depuis la fin des années 90. Michel a particulièrement apprécié le stabilisateur intégré d'origine à Premiere qu’il trouve très efficace pour corriger les vues d'hélicoptère, en laissant l'automatisme diriger les opérations.


Au total, le montage s’est déroulé sur environ 3 à 4 mois tous les jours. Les trois principales difficultés - mais c’est aussi ce qui constitue la force du film - ont été d’extraire et de faire correspondre les propos des propriétaires des châteaux avec des séquences d'illustration filmées parallèlement.


La 2e grosse difficulté est d’avoir tourné à plusieurs caméras, les multiples sources ont généré un dérushage beaucoup plus long et des combinatoires multiples à gérer. Au total, Michel Perrin estime avoir ainsi cumulé plus de 900 Go de rushes (!) représentant environ 30 heures effectives de rushes. Le film finalisé faisant environ 1H30, l’écrémage est donc d’un facteur x20 !


Enfin, la dernière difficulté a été de trouver des extraits musicaux adéquats et de se fixer une limite (1H30) à ne pas dépasser. Avec 15 châteaux, le pari n’était pas évident… Le film s'attarde au maximum 8 minutes sur les deux châteaux les plus "riches" en informations culturelles et historiques, la visite des autres châteaux étant d'une durée inférieure : 8 châteaux à 5 minutes de moyenne, et 5 châteaux à 1 minute de moyenne.


celia
montgolfière

FAIRE JOUER UNE ENFANT


Pour Célia, 6 ans, c’était le premier tournage ou presque, hormis quelques vues vidéo prises par les parents au smartphone. Alors comment fait-on en pratique pour tourner avec une petite fille de 6 ans ? Célia était-elle toujours partante ?


Repérée pour son caractère dégourdi et sa sympathique frimousse, Célia a été plutôt conciliante et très sage, prête à rejouer les scènes quand il le fallait. Et même quand l’équipe de tournage, affairée par la technique, ne s'occupait pas totalement de le mini-starlette, elle restait à attendre la scène suivante... Bref, une vraie actrice ! Sa mère était parfois à ses côtés, mais pas systématiquement, faisant confiance en l'équipe. Quand on choisit une jeune enfant, il faut aussi vérifier que la confiance s'est installée avec les parents pour que le tournage se passe au mieux...


tournag son

LE COMMENTAIRE EN VOIX OFF ET LA MUSIQUE


Le commentaire met en scène à la fois une voix off adulte et une voix enfant, censée être celle de Célia, la petite fille de 6 ans. Mais un commentaire off étant trop difficile à faire réciter par une enfant encore si petite, l’astuce a été de faire commenter sa soeur, âgée de 10 ans. Et l’illusion est quasi parfaite, excepté quand on le sait et qu’on prête une oreille attentive à la texture de la voix, plus mûre à 10 ans qu'à 6 ans.


Moins de difficultés en revanche pour la voix adulte. Le commentaire a été lu par la femme d'un ami qui pratique habituellement le théâtre en amateur. Pas de studio d'enregistrement, mais la pièce de travail du réalisateur a suffi avec le système Tascam déjà utilisé en tournage + un micro XLR à fil. Les casques de contrôle ont fait le reste. Et le son est très bon !


Côté bande-son musicale, quoique grandiloquente à certains moments, la musique colle bien avec l'univers des châteaux et impressionne le spectateur...


Michel Perrin a obtenu les droits musicaux, en achetant des licences musicales Shutterstock, à raison de 39 euros le morceau musical. Les droits sont calculés en fonction d'un seul pays de diffusion et sont donc moins chers que si le film était distribué mondialement. Le film comprend 11 morceaux musicaux.


tracteur

LE FINANCEMENT


Pour le moment, le film s’est auto-financé, aucune aide financière n’a été apportée. Michel Perrin a évalué les frais de tournage à environ 18000 euros en équivalent location et plus de 5000 euros de montage, soit plus de 20.000 euros au total. Et cette somme ne comprend pas plusieurs frais annexes comme la location de l'hélicoptère (1/4 d’heure), la montgolfière, ou les 6000 kms parcourus pour tous les déplacements assurés pour les tournages !


En vue de réinvestir, Michel Perrin revend une partie du matériel acheté pour ce tournage mais la décote est forte, de l'ordre de 50% le plus souvent. L'investissement personnel reste donc important. Mais quand on aime... :)


perrin
L’association Acibel de Michel Perrin recherche des bénévoles passionnés de la région du Beaujolais ou du Lyonnais, pour participer à des tournages. N’hésitez pas à lui écrire à : association_acibel@orange.fr
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(Des châteaux en images)

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